Affaire Habré : les révélations de l’Association des victimes des crimes du régime sur des rencontres secrètes entre autorités sénégalaises et la femme du Dictateur


L’Association des Victimes des Crimes du régime de Hissène Habré (AVCRHH), dans un communiqué, révèle que plusieurs de leurs sources ont révélé que la femme et les soutiens de Hissène Habré ont rencontré des responsables politiques et religieux sénégalais afin de leur demander qu’une grâce soit accordée à l’ancien président tchadien. 
L’association rejettent cette demande et exigent que, conformément au verdict historique prononcé par les Chambres Africaines Extraordinaires (CAE) et aux obligations internationales du Sénégal, M. Hissène Habré purge la peine de la réclusion à vie à laquelle il a été condamné. 
Les obligations internationales du Sénégal en outre, selon l’association toujours, interdisent le recours à la grâce. « En effet, le statut des CAE est clair sur la question. L’article 26.3 prévoit expressément que l’Etat de l’exécution des peines, ici le Sénégal, est lié par la durée de la peine prononcée par les Chambres. L’octroi d’une grâce présidentielle violerait ainsi les obligations découlant de l’accord signé avec l’Union Africaine. Ce principe a été souligné dans le jugement de la Chambre africaine extraordinaire d’appel du 27 avril 2017. Celle-ci a déclaré que le Sénégal « ne peut en aucun cas (…) altérer la nature de cette peine, afin de ne pas remettre en cause son caractère véritablement international ».  M. le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Malick Sall, a confirmé à juste titre que « Le Sénégal n’a pas le pouvoir de gracier Hissène Habré », lit-on dans leur document.
Si Habré est malade, il doit bien évidemment recevoir un traitement médical, a précisé le collectif, ce traitement pourrait lui être prodigué en prison. « Il ne peut cependant pas être gracié sans violer les obligations du Sénégal et les principes fondamentaux de la justice internationale », a ajouté Clément Abaifouta, président de l’association des Victimes des Crimes du régime de Hissène Habré (AVCRHH).
Le texte rappelle d’ailleurs que les Chambres ont ordonné à Habré de payer 82 milliards de francs CFA aux 7 396 victimes désignées. « À ce jour, il n’a toujours pas versé un seul centime aux victimes. Hissène Habré a caché, et cache toujours, l’argent qu’il a volé au peuple tchadien. Le Comité contre la torture, dans sa lettre du 23 décembre 2019, s’est également « déclaré à nouveau préoccupée par le fait que, jusqu'à présent, les victimes des crimes d'Hissène Habré n'ont pas été indemnisées ».
 
 
Mercredi 10 Février 2021
Dakar actu




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