Adhésion du Maroc à la CEDEAO : Les réserves de Mamadou Koulibaly, ancien patron du Parlement ivoirien


A l’heure où ces lignes sont écrites, se tient à Abuja le 52e sommet de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui devait entériner l’adhésion du Maroc à ce regroupement sous-régional avant que l’approbation de cette décision ne soit renvoyée aux calendes grecques. Dakar Actu a choisi ce moment pour recueillir l’avis de l’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne sur le sujet.

« C’est une question relativement simple et difficile.  Simple parce que le Maroc est aujourd’hui le plus gros investisseur dans ces pays de la CEDAO. En regardant les banques qui sont devenues propriétés du Maroc dans ces différents pays, en regardant le phosphate et les investissements marocains, on se dit bon : le commerce avec le Maroc est tellement intense que c’est bien que le Maroc intègre la zone CEDEAO », a, à l’entame de son propos, fait constater M. Mamadou Koulibaky, qui a animé ce samedi une tribune à l’occasion de la Conférence internationale de Dakar contre la Servitude monétaire et pour la monnaie africaine.

Toutefois, analyse l’opposant ivoirien : « Le fait est que dans cette zone-là, on a déjà des problèmes entre le Nigéria, le Ghana et les pays CFA. La présence du Maroc entraine une contradiction supplémentaire. Est-ce les chefs d’Etat ont réfléchi à la question ? Est-ce que les implications politiques, géostratégiques ou économiques doivent être étudiées seulement comme ça ? Est-ce qu’on doit poser la question aux peuples ? Je crois qu’on doit poser la question aux peuples. Est-ce que nous avons l’habitude au niveau de la CEDEAO de poser la question aux peuples avant d’avancer en quoi que ce soit ? », s’interroge Koulibaly. Ce dernier croit savoir que l’industrie de la zone est déjà affectée par un manque de compétitivité induit par la suprématie des entreprises étrangères. « La présence du Maroc pourrait renforcer ce manque de compétitivité », avance l’économiste, un chouia pessimiste.

« Ce qui est urgent pour moi est beaucoup moins l’entrée du Maroc dans la CEDEAO que l’évolution rapide de la CEDEAO vers la monnaie unique…Les Etats vont se sentir bien, mais les peuples vont continuer à souffrir », avertit-il, pour finir.
Samedi 16 Décembre 2017




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