Accidents de la circulation : 271 morts entre janvier et septembre

Les conducteurs sont désignés comme les principaux responsables des accidents de la circulation. Selon un rapport présenté en Conseil des ministres au mois d’octobre et rendu public hier par Thierno Alassane Sall, 92,8% des accidents routiers enregistrés sont dus aux comportements des chauffeurs. Depuis hier, il a mis en place l’Alliance générale globale contre l’insécurité routière (Agir) pour combattre ce fléau.


Les conducteurs sont fortement mis en cause dans la survenance des accidents de la circulation au Sénégal. Selon un rapport rendu public par Thierno Alassane Sall, ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, lors du lancement, hier, de l’Alliance globale contre l’insécurité routière (Agir), 92,8% des accidents enregistrés sont dus aux comportements humains et non à l’état des routes ou des véhicules comme le pensent la plupart des Sénégalais. Pour étayer ses propos, il invoque des faits mis en exergue par le rapport. Selon les résultats de l’enquête, 81,1% de ces accidents se sont produits en plein jour et près de 60% sont commis par les véhicules de transport en commun. Pis, renseigne toujours le rapport, 91,3% de ces accidents surviennent dans les agglomérations urbaines, 5% dans les agglomérations rurales et seulement moins de 4% de ces accidents se déroulent hors agglomération.
Le ministre relève pourtant que les agglomérations sont censées être moins «accidentogènes» puisque la vitesse y est fortement déconseillée. M. Sall explique la fréquence de ces accidents dans ces endroits par «l’excès de vitesse, le non-respect des dispositions du Code de la route, entre autres comportements anormaux». Des comportements qui, selon lui, constituent un facteur contributif dans la survenance de ces accidents. D’ailleurs, note-t-il, ce genre de comportements «déplorables», a amené certaines populations vivant aux abords des agglomérations à réclamer des ralentisseurs. «On vient d’en poser un nombre assez significatif. C’est dommage parce que les routes nationales ne doivent pas en disposer, mais on est obligé de les mettre. Car les chauffeurs n’observent pas la limitation des vitesses dans ces endroits», regrette le ministre.

271 tués  entre janvier et septembre 2013
 Les accidents de la circulation donnent une image peu reluisante de la sécurité routière de notre pays. Malgré les campagnes de sensibilisation et d’information, les routes continuent d’être des mouroirs, regrette le ministre qui cite encore des chiffres alarmants. Entre le 1er janvier et le 30 septembre 2013, sur un total de 188 accidents de la circulation, il y a eu 271 tués. Alors qu’en 2012, sur les 1 731 accidents enregistrés sur nos routes, 154 personnes y ont trouvé la mort et plus de 1 000 personnes gravement blessées. Une recrudescence des accidents sur nos routes ? «Non», répond Thierno Alassane Sall, qui explique qu’une analyse des statistiques remontant de 2005 à 2010, montre une baisse assez significative du nombre d’accidents. Ils sont passés en 2005 de 3 400 accidents à 2 400 en  2010. Soit une baisse de 1 000 accidents en 6 ans. Cette baisse n’a pas été sentie par l’opinion. Parce que, avance M. Sall, la perception que les gens ont de ces accidents laisse à croire que le nombre a augmenté. «C’est le caractère spectaculaire, violent et particulièrement meurtrier de ces accidents qui donne l’impression qu’on assiste à une recrudescence des accidents», tente d’expliquer le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement.

Le Quotidien
Dimanche 17 Novembre 2013
Daddy Diop