Abus de confiance : en voulant aider son ami à avoir le même décor intérieur de sa villa, I. Mané se fait traîner à la barre par S. Dieng qui lui réclame 29 millions Fcfa.


Abus de confiance : en voulant aider son ami à avoir le même décor intérieur de sa villa, I. Mané se fait traîner à la barre par S. Dieng qui lui réclame 29 millions Fcfa.
 L'amitié peut souvent finir devant la barre du juge. C'est ce qui s'est passé entre I. Mané, agent de joueurs qui a séjourné durant l'année 2020 en Italie et S. Dieng, le plaignant absent du territoire et représenté par le sieur M. Mbow.
 
Les deux (2) avaient noué une parfaite entente jusqu'à ce qu'un abus de confiance naisse. Les faits se déroulent précisément au courant de l'année 2020, lorsque S. Dieng sur invitation de son ami, I. Mané, se rend chez ce dernier. Une fois dans la demeure, S. Dieng sera flatté par le décor intérieur de la maison fait de carreaux haut de gamme et de sanitaires importés. Il exprime alors à I. Mané son désir d'obtenir du matériel similaire, c'est ainsi que celui-ci lui a fait un devis d'une vingtaine de millions Fcfa pour l'achat de 400 packs de carreaux, 35 pièces sanitaires dont 17 portes, 15 fenêtres et une cuisine complète. Le marché sera aussitôt conclu et S. Dieng qui entre temps est retourné en occident procède à différents virements de sommes d'argent pour paiement de la commande. Un premier lot de carreaux importés de l'Italie a été livré après une courte période mais le reste du matériel ne viendra pas de sitôt. Las d'attendre avec le prétexte que lui sert toujours son ami I. Mané, S. Dieng décide alors de porter plainte et de trainer devant la barre du tribunal de grande instance de Dakar, son ami pour clarifier l'usage des sommes d'argent qu'il a déboursées et estimées à 29 millions Fcfa.
 
 
 
Poursuivi pour abus de confiance, le prévenu I. Mané raconte les faits en niant le délit que lui reproche le plaignant.
 
"Je n'ai jamais reçu 29 millions Fcfa. Au total, Sadibou m'a envoyé 13.000 euros, 4.000 dollars entre autres sommes d'argent qui ne dépassent pas  10 millions Fcfa. Sur cette somme d'argent, je lui ai envoyé les carreaux et une partie des sanitaires qu'il dit n'avoir jamais reçu", a confié devant le juge, le mis en cause. I. Mané poursuit en rappelant avoir aidé S. Dieng gratuitement.
 
"Il est venu me charger de lui acheter des carreaux et des sanitaires. Pour ce qui est des carreaux, il m'a fait un virement de 4.600 euros, 2.500 euros pour une cuisine complète et des compléments d'argent pour les portes et les fenêtres. Il a reçu les 600m2 de carreaux", a-t-il soutenu.
 
Dans ces allégations, I. Mané a confié que le plaignant ne lui a jamais réclamé des carreaux mais des sanitaires.
 
"Il s'agit de 35 pièces et il a reçu les 15 pièces. Je ne lui dois rien, la cuisine, le complément des sanitaires et les portes font 3,7 millions Fcfa qu'il me réclame. Je devais lui remettre le matériel, s'il n'en veut plus, je lui rembourse la somme.", a dit le prévenu.
 
Pour sa part, le plaignant représenté par M. Mbow fera savoir au juge que pour les sanitaires et la cuisine complète rien n'a été livré.
 
"À la base, la valeur du matériel est estimée à 29 millions Fcfa. Les transferts se faisaient par virements bancaires et par Moneygram. Après revue de l'ensemble des reçus relevés, nous avons retenu un montant de 21 millions Fcfa", explique M. Mbow. Le matériel qui devait être importé d'Italie et acheminé à Dar Salam à Ziguinchor a été bel et bien convoyé soutient de son côté l'accusé.
 
 
 
"J'ai livré des carreaux et une une partie des sanitaires. Je confirme que la livraison se faisait à Dakar. C'est S. Dieng qui a lui même payé le transport. Il y a eu 2 transports. Le premier, il n'y avait que des carreaux et le 2ème, il y'avait 128 caisses de carreaux et une dizaine de pièces de sanitaires. S. Dieng envoyait à chaque fois son fils et un camionneur pour récupérer le matériel", se défend I. Mané qui dit avoir soutenu sans rien attendre en retour de son ami.
 
"S. Dieng ne m'a jamais payé pour ce service parce que c'est un ami. Je l'ai hébergé pendant un mois et c'est là qu'il a vu mes carreaux et s'y est intéressé avant de me demander d'en acheter pour lui", a-t-il pesté. Selon lui, S. Dieng a reçu 288 packs sur plus de 400 packs de carreaux.
 
Dans sa plaidoirie, la partie civile assurée par Me Amadou Diallo, fonde ses arguments sur la mauvaise foi de l'accusé.
 
"Si on en est arrivé à ce stade, c'est parce que I. Mané a montré une mauvaise foi avec une insolence qui ne s'explique pas. Au départ, il dit qu'il ne devait rien à mon client, aujourd'hui, il dit qu'il lui doit 3,7 millions Fcfa. M. Mané persiste dans le mensonge et la mauvaise foi. Dans cette affaire, il est constant que le délit d'abus de confiance est établi. Nous réclamons la somme de 25,98 millions Fcfa et de déclarer le mis en cause coupable des faits qu'on lui reproche", a plaidé l'avocat.
 
 
 
La défense elle, portée par Me Aly Kane et Cie a cherché à démonter les accusations et parle de doublons dans les factures de virement pour gonfler le montant du devis.
 
"Dans ce dossier, il n'y a jamais eu d'abus de confiance. Il y'a une faute certes et c'est dans le retard pour la livraison. La partie civile a voulu faire croire à la cour que mon client a gardé par devers lui tout l'argent qu'on lui a envoyé. I. Mané l'a affirmé, c'est lorsque l'Italie était confronté à sa 3ème vague de la covid-19 alors que le pays était en confinement qu'il y était pour l'achat du matériel et il ne pouvait qu'attendre que les activités reprennent pour procéder au convoyage du reste de la commande. La partie civile n'est pas capable de vous fournir des preuves à part des doublons sur les pièces présentées comme justificatifs. Je vous invite à bien regarder les pièces M. le juge. Les sommes ont été multipliés par 3 et c'est ce qui nous amène à 29 millions Fcfa dont parle la partie civile pour revenir sur 25 millions Fcfa avant d'atterrir sur 21 millions Fcfa, les montants ne sont pas justifiés alors qu'il n'a envoyé que 13 millions Fcfa en tout, le reste c'est des doublons", ont confié les 2 robes noires qui invitent le juge à relaxer leur client.
 
Dans sa délibération, le juge a déclaré I. Mané coupable du délit d'abus de confiance et l'a condamné à un emprisonnement de 6 mois assorti de sursis et à verser au bénéfice du plaignant la somme de 10 millions Fcfa pour le préjudice causé.
Mardi 17 Août 2021
Dakar actu




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