Le lancement du complexe immobilier des Maristes porté par la Société nationale des habitations à loyer modéré (SN HLM) marque une nouvelle étape dans la transformation du paysage urbain dakarois. À travers une convention avec la Compagnie sahélienne d’entreprises (CSE), la SN HLM engage un projet immobilier d’envergure sur une assiette foncière de 3,3 hectares, pour un investissement annoncé de 64 milliards de FCFA. Un projet dont le directeur général de la SN HLM, Abdourahmane Dabo, veut faire bien plus qu’une opération immobilière : un symbole de la capacité du Sénégal à compter sur ses propres compétences.
La cérémonie de lancement du complexe immobilier des Maristes a été marquée par un discours particulièrement offensif du directeur général de la SN HLM, Abdourahmane Dabo.
Face aux membres du conseil d’administration de la SN HLM, aux anciens directeurs généraux, aux partenaires, collaborateurs et invités, le patron de la société publique a clairement affiché son ambition : faire du projet des Maristes un démonstrateur de la compétence sénégalaise dans le domaine de l’immobilier et de la construction.
« Nous ne posons pas simplement la première pierre d’un programme immobilier. Nous posons un acte de doctrine. Nous affirmons une conviction. Oui, le Sénégal peut construire le Sénégal », a déclaré Abdourahmane Dabo au micro de Dakaractu Mbour
Une phrase qui résume, à elle seule, la philosophie affichée derrière ce vaste programme.
Rompre avec le complexe de l'expertise venue d'ailleurs
Pour le directeur général de la SN HLM, le projet des Maristes doit également traduire une rupture avec une certaine perception selon laquelle les grands programmes immobiliers complexes et structurants devraient nécessairement être confiés à des expertises étrangères.
« Pendant trop longtemps, nous avons intériorisé l’idée que les grands projets immobiliers complexes et structurants devaient nécessairement être confiés à l’expertise venue d’ailleurs. Aujourd’hui, nous rompons avec ce complexe », a-t-il martelé.
Et pour concrétiser cette vision, la SN HLM a choisi la Compagnie sahélienne d’entreprises (CSE), présentée comme un acteur historique du BTP sénégalais et ouest-africain.
Pour Abdourahmane Dabo, ce choix n’est donc « pas un hasard », mais « un choix revendiqué, assumé » et surtout « un choix stratégique ».
Le DG de la SN HLM a ainsi rendu hommage à l’histoire de la CSE, rappelant que l’entreprise, créée en 1970 autour de son fondateur, s’est progressivement imposée dans un secteur longtemps marqué par la présence d’entreprises étrangères.
« La CSE n’est pas une simple entreprise. C’est une école. C’est une histoire sénégalaise », a-t-il souligné.
À travers cette collaboration, Abdourahmane Dabo entend envoyer un message à la jeunesse et aux acteurs économiques : la compétence existe au Sénégal et peut être mobilisée pour porter des projets structurants.
3,3 hectares, 658 appartements et 16 immeubles : un nouveau visage pour les Maristes
Au-delà du discours et des symboles, le projet des Maristes repose sur un programme immobilier particulièrement ambitieux.
Mais pour Abdourahmane Dabo, l’enjeu dépasse largement les Maristes.
Dans son intervention, le directeur général de la SN HLM a posé les bases de ce qu’il présente comme une nouvelle doctrine de l’entreprise publique.
Premier principe : la qualité comme réponse à la précarité immobilière.
« Nous ne construirons plus pour construire. Nous construirons un cadre de vie digne, durable, avec toutes les commodités », a-t-il affirmé.
Une orientation qui implique, selon lui, de tirer les leçons des erreurs du passé et de placer désormais la qualité du cadre de vie au cœur des programmes immobiliers.
Le projet des Maristes devient ainsi un laboratoire grandeur nature de cette nouvelle approche.
Balla Moussa Fofana : réinventer un site chargé d'histoire
Le ministre de l’Habitat et des Collectivités territoriales, Balla Moussa Fofana, a pour sa part inscrit le projet dans une perspective plus large de transformation urbaine.
Dans son intervention, il a présenté la convention comme un acte dépassant le simple cadre juridique ou commercial, en la reliant à une ambition de renouvellement urbain et de modernisation.
Le site des Maristes, a-t-il rappelé, porte une histoire particulière et constitue un espace qui appelle aujourd’hui une nouvelle vision urbaine.
Avec ses logements, ses espaces commerciaux, ses équipements et ses aménagements, le projet doit contribuer à transformer cet espace en un nouveau pôle urbain intégré.
Le ministre a également relié cette ambition aux orientations de Sénégal 2050, notamment autour de la modernisation du pays, de la souveraineté économique et de l’amélioration du cadre de vie.
Les Maristes comme vitrine d'un Sénégal qui construit pour lui-même
Au final, le projet des Maristes concentre plusieurs enjeux : logement, urbanisme, financement, développement économique, création de valeur foncière, emploi et promotion de l’expertise nationale.
Mais derrière les chiffres, Abdourahmane Dabo veut surtout installer une idée.
Celle d’une SN HLM qui ne se contente plus de produire des logements, mais qui entend participer à la transformation du modèle urbain sénégalais.
Et c’est précisément le sens de sa formule, devenue le fil conducteur de la cérémonie : « Oui, le Sénégal peut construire le Sénégal. »
Aux Maristes, cette conviction veut désormais prendre la forme de béton, d’acier, d’appartements, de commerces, d’espaces verts et, surtout, d’un nouveau cadre de vie...