Abdoul Mbaye s’est trompé de bonne foi (par Seck Abdoulaye, Étudiant Université du Québec à Chicoutimi)


L’intervention de l’ex premier ministre Abdoul Mbaye sur l’orientation du budget 2022 a fait l’objet de réplique de la part du ministère des finances. Selon le communiqué du ministère, Abdoul Mbaye s’est trompé en évoquant une augmentation de 1000 milliards de Fcfa du budget. Le document a balayé les propos de l’ex pm en comparant la LFR 2021 arrêtée à 4544,6 milliards de Fcfa au budget 2022 estimé à 5002 milliards de FCFA soit une progression absolue de 457,4 milliards de Fcfa.
Où se trouve le problème?
Nous osons croire que l’ancien pm a procédé à une approche classique de la LFI 2021 en prenant en considération le montant total des dépenses, 3969,9 milliards de Fcfa. Or depuis 2019, la LOLF 2019-13 du 08 Juillet 2019 a remplacé celle du 15 Octobre 2021.
Deux réformes majeures, prises en compte dans le budget à partir de la LF 2020, sont entre autres:
- Les emprunts à moyen et long termes ne font plus partie de la nomenclature des recettes budgétaires de l’Etat ( article 8)
- l’amortissement de la dette publique n’est plus enregistré dans les dépenses budgétaires de l’Etat ( article 11).
Suivant cette nouvelle approche, il faut donc combiner le tableau traditionnel du budget à celui de la trésorerie pour dégager le montant global du budget. Ceci étant dit, il est inexact de limiter le budget 2021 à 3969,9 milliards de Fcfa sans inclure l’amortissement de la dette qui s’élevait à 619,32 milliards de Fcfa. Donc, le budget 2021 était arrêté à 4589,2 milliards de Fcfa.
L’ex pm a été vraisemblablement induit en erreur par le récent changement comptable. Cependant, en lui répondant le ministère des finances a confirmé ses craintes dans la mesure où la progression du budget a été justifiée par l’obligation de relancer l’économie. L’ex pm a donc raison en liant cette progression aux dépenses futures si l’on retient l’approche Keynésienne de la relance économique qui encourage le boost de la demande globale en général et des dépenses publiques en particulier.
 
 
Somme toute, le débat économique a besoin d’un clairvoyant de la dimension d’Abdoul Mbaye, capable de challenger les politiques économiques du régime de fond en comble.
 
Vive le débat, vive les arguments!
Seck Abdoulaye, Étudiant au département des sciences économiques et administratives de l’Université du Québec à Chicoutimi.
Lundi 5 Juillet 2021
Dakar actu




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