Abc / Macky : Le Médiateur n’a pas eu de médiateur à son secours


Abc / Macky : Le Médiateur n’a pas eu de médiateur à son secours
Ses propos ont été relayés largement dans la presse. Dans une interview accordée à L’Obs, le Médiateur Alioune Badara Cissé a émis des propos qui ont surpris. Il a déclaré notamment qu’il n’appartient à aucun parti politique et que rien ne s’oppose à sa candidature en 2019.

Sur l’appartenance à l’Alliance pour la République (Apr), aucun acte d’exclusion formel ne nous semble avoir été rendu public à son encontre. Nous croyons tous qu’il était dans le parti et que ce sont seulement ses activités qui étaient gelées.

Néanmoins, la déclaration ainsi faite nous renseigne sur le fait qu’il ne se considère plus comme membre de l’Apr depuis en effet le moment où il n’était mêlé à aucune des activités du parti. Une démarche qui tranche d’avec une détermination qui lui faisait dire qu’il était membre-fondateur du parti, histoire de laisser entrevoir que l’on ne pouvait pas facilement l’en éjecter.

S’agissant de sa candidature éventuelle, cela va soi qu’il se considère alors comme libre de ses mouvements.

Si en effet la première déclaration a des parfums de démission formelle, la seconde est destinée à montrer sa ‘’virginité politique’’ et le fait qu’il peut s’associer avec ou contre n’importe qui.

Une façon de dire qu’il a complètement rompu les amarres avec le régime de Macky Sall et qu’il entend ainsi prendre ses responsabilités pour se déterminer par rapport à la conduite à tenir.

Une situation qui rappelle les relations Wade/Macky quand ce dernier a été éjecté du poste de Président de l’Assemblée nationale.

Sans peut-être le vouloir, Macky a donné la leçon à tous les cadres politiques ‘’persécutés’’ dans leurs partis généralement pour des raisons liées à des incompréhensions avec le leader.

Comme Macky, ABC entend tracer sa voie, tourner le dos au passé.

Bien sûr, pour un Médiateur de la République, ce sera nouveau dans l’histoire du Sénégal. Pour être nommé à ce poste, il a fallu bénéficier d’une certaine confiance du Chef de l’Etat.

Et c’est là où les médiations auraient dû entrer en jeu pour réconcilier les deux frères qui, manifestement, ne se supportent plus.

Le Médiateur n’a pas eu de médiateur pour le réconcilier avec le Président de la République. Les relations se sont refroidies, de l’eau a coulé sous les ponts et les positions se sont figées.

Or, ABC refuse aujourd’hui sa mort politique manifestement programmée. Il veut rebondir et rêve, sinon de prendre le pouvoir, du moins de retrouver un poste plus important que celui qu’il occupe actuellement.

Cependant, c’est une grosse perte pour l’Apr. L’homme, comme Abdoul Mbaye, connait beaucoup de choses qui peuvent faire mal. S’il est ‘’recyclé’’ par l’opposition, il sera d’un grand secours dans le peaufinage des stratégies de lutte contre Macky.

Ses sorties peuvent s’intensifier et se durcir à l’approche des élections. En conséquence, un homme pareil, on le garde si l’on veut le canaliser. Et à ce propos, le poste d’Ombudsman n’a pas suffi. Il fallait carrément faire la paix avec lui et le récupérer, si possible.

Malheureusement, son cas n’est pas isolé. Nombre d’apéristes et même d’alliés, y compris parmi ceux qui occupent des postes, s’estiment ostracisés. Ils indexent une ingratitude de la part de leur mentor et voient d’un mauvais œil la promotion de transhumants.

Certains ont pris le parti de se taire en espérant ne pas perdre des avantages ou de voir advenir un changement de la situation.

C’est un secret de polichinelle, le Président Sall n’est pas facilement accessible, surtout de la part d’anciens combattants de lutte. Contrairement aux apparences, peu de collaborateurs ont langue avec lui. D’autres courent parfois derrière des demandes d’audience sans pour autant réussir à être reçus.

Dans ces conditions, il est facile de perdre la maitrise de ses troupes qui, du fait des privilèges du pouvoir, vous donnent souvent la fausse impression d’être dans les rangs.

On ne tient pas un parti par le simple chantage du poste de responsabilité. Il faut cultiver le désir-être-ensemble. D’où l’importance de la structuration qui n’est rien d’autre que la responsabilisation des collaborateurs les plus méritants.

REWMI
Mardi 14 Août 2018
Dakaractu



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