APPEL DES IMAMS ET OULÉMAS DU SÉNÉGAL/ SECTION RUFISQUE : « Pour une élection de paix guidée par la démocratie et la lucidité du choix »


APPEL DES IMAMS ET OULÉMAS DU SÉNÉGAL/ SECTION RUFISQUE : « Pour une élection de paix guidée par la démocratie et la lucidité du choix »
1- Réaffirmer notre culture de paix pour une élection apaisée le 24 février 2019, notre sagesse, notre lucidité et notre amour du pays nous amèneront à  élire celui que Allah, par sa volonté suprême, a décidé de mettre à la tête de la république du Sénégal.
Le Sénégal est une démocratie et la volonté divine se manifestera à travers  le vote souverain de la population. Dans l’évolution de notre société, Allah nous a donné la démocratie et surtout un jour déterminant, celui du vote, par lequel le citoyen libre a le pouvoir  de choisir celui en qui il a confiance pour diriger, pour une période déterminée,  le destin du pays. 
Allah nous a donné la capacité de raisonner, d’apprécier, d’évaluer et de choisir ce qui est bon pour le progrès  du pays. Allah nous a donné la faculté d’écouter, d’entendre et de voir. 
nous détenons, nous le peuple, le pouvoir de choisir celui à qui  nous allons prêter, pour les prochaines 5 années,  les clés pour diriger le pays.
En effet, nous ne donnons pas le pays.  Nous déléguons notre souveraineté sous haute surveillance. le moment du vote, nous confirmons ou nous infirmons.  
Afin de  permettre la lisibilité de l’offre politique et de pouvoir bien choisir, nous sommes passés par différentes étapes :  la période du parrainage, ensuite celle de validation  des dossiers par le conseil constitutionnel et enfin celle de désignation de cinq candidats qui auront à nous convaincre par leurs programmes  et leurs valeurs.    
Depuis quelques semaines, l’ambiance pré électorale était tendue. Elle était inquiétante. Nous entendions de part et d’autre des menaces, de l’intimidation et souvent des insultes et  atteintes à la dignité des personnes. Ces comportements blessants ne concordent pas avec nos traditions religieuses et culturelles d’interactions.   
Nous, les imams et les ulémas du Sénégal/ section Rufisque, nous ne pouvions plus nous taire.  nous serions alors complices si la situation dégénérait  en  une violence dont on ne peut jamais  maîtriser les conséquences.  
L’association des imams et ulémas du Sénégal/section Rufisque, à la suite de tous nos chefs religieux  catholiques et musulmans, à la suite aussi de l’appel de leur président national, El hadj Moustapha Guèye, veut appeler les sénégalais à réaffirmer notre culture de la paix politique et de  la paix sociale.  nous demandons à tous les sénégalais de se tenir debout ensemble  pour exiger une élection apaisée dans le respect de la démocratie et de la volonté des citoyens. 
notre devoir est de nous exprimer par le vote, après une évaluation juste de la qualité des candidats, de leurs expériences, de leurs réalisations et des programmes qu’ils proposent   pour régler concrètement les problèmes économiques, politiques et  sociaux du Sénégal.
Allah nous a fait hériter d’un pays dont nous sommes fiers du  passé, un pays pour lequel  nous souhaitons  la stabilité et l’épanouissement aujourd’hui , un pays pour lequel  nous prions pour  un avenir  meilleur.  aucun individu,  quel que soit son rang, quel que soit son parti politique ne doit nous exposer au désordre politique. 
Sauvegardons ce Sénégal et gardons en mémoire les violences qui se déroulent dans d’autres pays  africains, violences qui y installent un chaos social dont ces pays ne se remettront pas d’ici peu. Qu’allah et la sagesse de nos leaders politiques nous éloignent de ces malheurs. 

2 - Oui, à une liberté de critiquer et de manifester mais dans le cadre de la loi  et du respect
la liberté de critiquer est un droit des citoyens. Celle de répondre par des arguments aussi est un droit. la liberté de manifestation  publique est un droit.
Mais c’est un droit qui doit être encadré par des services de l’ordre compétents et responsables qui préservent du  désordre public et des dérapages des activistes radicaux . Il nous faut exprimer nos droits de manifester dans le cadre des limites imposées par la loi. ce droit de manifester est nécessaire mais il ne peut s’exercer sans que l’on en définisse des limites qui préservent des dérapages malheureux
 
3- Un appel à la discipline en direction des jeunes et des forces de l’ordre, nous nous adressons, surtout aux jeunes, à nos enfants, à nos petits enfants pour leur  conseiller fortement d’éviter la violence,  d’éviter de de s’attaquer aux biens publics et privés, d’éviter de polluer l’environnement par des incendies de pneus, d’éviter de blesser par des jets de pierres etc etc…. L’histoire nous montre que toujours, après les manifestations publiques violentes,  ce sont les enfants des familles modestes ou pauvres qui sont tués ou qui se retrouvent à l’hôpital. Ce sont ces familles qui portent le plus longtemps la douleur de la disparition d’un être cher. 
nous recommandons au pouvoir, aux leaders politiques de tous les partis d’ éviter les propos guerriers ou radicaux qui poussent au débordement et à la violence publique.
Nous demandons également aux forces de l’ordre d’effectuer leur travail avec patience et discernement, tout en étant fermes  devant tout ce qui peut perturber l’ordre public.  
nous prions et appelons tous les sénégalais à une élection apaisée  et démocratique  afin  que le lendemain du 24 février 2019,  le Sénégal continue de se construire. 

Iman Tahirou Fall,
président de l’association des imams et oulémas du Sénégal, section Rufisque
 
 
Mardi 5 Février 2019
Dakaractu




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