ALGERIE - L’ancien reporter de Walf empêché de rentrer chez lui : Mohamed Mboyo Eyekula est dans la galère


Mohamed Mboyo Eyekula est dans la galère à Alger. D’après l’édition du week-end dernier du premier quotidien privé algérien, El Watan (La Nation), et datée du vendredi 8 février 2013, ce journaliste congolais, qui a travaillé pour le journal privé sénégalais Walfadjri, «vit un cauchemar éveillé depuis son arrivée en Algérie, début septembre». Selon la publication algérienne, le journaliste congolais dort dans des dortoirs à Alger ou s’installe la nuit au service des urgences de l’hôpital Mustapha Pacha en se faisant passer pour un malade et pouvoir dormir. Ce confrère qui n’a «comme seul papier un document remis par le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr), a tout de même gardé son vieux cartable dans lequel il y a son ordinateur portable et un vieil enregistreur». «C’est tout ce qui me reste du temps où j’étais journaliste à Dakar», a-t-il confié aux confrères algériens.
Comment Mohamed Mboyo Eyekula s’est-il retrouvé dans cette situation ? Les difficultés du journaliste congolais ont commencé au Mali. Dans ce pays, il avait été arrêté dans la ville de Gao (nord-Mali) par des éléments du Mouvement national de libération de l’Azawad, alors qu’il enquêtait sur place sur le sentiment de la population à l’égard des nouveaux maîtres des lieux. Eyekula voit sa carte de presse, son passeport et d’autres documents confisqués. Pour expliquer sa mésaventure, il dira aux journalistes de El Watan : «Ils m’ont reproché de ne pas être venu les voir, alors que je voulais me fondre dans la foule pour pouvoir travailler tranquillement. Après avoir été suspecté d’être un espion à la solde de Bamako, le chef du groupe qui m’a interrogé a décidé de m’installer au milieu de 30 de ses éléments, dans un bâtiment qui se trouve derrière le gouvernorat, pour étudier mon cas.»
Mohamed Mboyo Eyekula partagera avec ses bourreaux une dizaine de jours et sera même en première ligne «pour assister à l’affrontement entre les hommes du Mnla et ceux d’Ansar dine qui vont devenir les nouveaux maîtres des lieux».

«Les hommes du Mnla avaient fui en emportant tous mes documents»
«Quand les islamistes d’Ansar dine ont investi le bâtiment où je me trouvais, j’étais seul. Les hommes du Mnla avaient fui en emportant avec eux tous mes documents», se souvient Mohamed Mboyo Eyekula. Avant d’ajouter que les hommes d’Ansar dine lui ont alors proposé de l’emmener avec eux en Algérie. Embarqué dans un pick-up puis conduit jusqu’à Tinzaouatine, ville frontalière avec le Mali, il est remis à un conducteur algérien qui l’a déposé à Tamanrasset. «Une fois sur place, j’ai contacté le Haut commissariat pour les réfugiés à Dakar pour demander mon rapatriement vers le Sénégal. Mais ils m’ont demandé de prendre attache avec celui d’Alger. C’est à ce moment que mes problèmes ont commencé», informe-t-il.
Depuis son arrivé à Alger, Eyekula est ballotté entre le Hcr et le Conseil italien pour les réfugiés, un organisme qui reçoit des fonds de l’organisme onusien pour venir en aide aux réfugiés. «Je ne veux pas être un réfugié en Algérie. Je vis et travaille au Sénégal. Je demande juste que le Hcr fasse son boulot et me remette des documents de voyage», réclame-t-il.
Mardi 12 Février 2013