ACTU-DÉBAT / Dr Papa Amadou Ndiaye (Ministre de l'Artisanat): « Le secteur informel est en pleine mutation (....), C’est regrettable de constater que malgré la propagation du virus, les gens continuent d’organiser des cérémonies familiales »

Pour sa première sortie médiatique après sa nomination comme ministre de l'artisanat et de la transmission du secteur informel, Dr Papa Amadou Ndiaye a accordé l'exclusivité à l'émission Actu-Débat de la rédaction de Dakaractu. Au cours de cette émission, le docteur Papa Amadou Ndiaye est largement revenu sur les atouts du secteur informel qui génère plus de 60% des emplois au Sénégal. "Cest un secteur en perpétuelle mutation, un secteur plein d'atouts, qui emploie plus de monde, mais les difficultés sont nombreuses", a souligné le ministre. Par ailleurs, Papa Amadou Ndiaye est largement revenu sur la fameuse vidéo qui avait fuité dans les réseaux sociaux au lendemain de sa nomination au poste de ministre, évoquant la question de partage.


C’est regrettable de constater qu'avec la pandémie, les gens continuent d’organiser des cérémonies familiales.

 

Je suis médecin de formation, gynécologue de spécialité, mais mes interventions dépassent un seul secteur d’activités. Je tiens à préciser d'abord que ma dimension dépasse mon secteur d’activités, c’est pourquoi vouloir me classer dans un seul secteur d’activité c’est vraiment me méconnaître. Car je m'active dans plusieurs secteurs.

 

Revenant sur la pandémie Covid-19, j'avoue le contexte socio sanitaire touche tous les secteurs d’activités et il se trouve que les populations manquent de sérénité dans le respect des mesures barrières édictées par les autorités sanitaires. C’est regrettable de constater que les gens continuent d’organiser des cérémonies familiales, que ce soit les mariages, les baptêmes ou encore les funérailles. Alors que ce genre de cérémonies constitue des espaces de propagation du virus.

 

Pour revenir sur les impacts de cette pandémie dans notre secteur d’activités qui est l’artisanat, on peut dire que la pandémie affaiblit le secteur dans toutes les facettes. Parmi ceux qui sont les plus touchés figure en grande partie l’artisanat d’art. Aujourd’hui les villages artisanaux sont confrontés à des difficultés car il n’y a plus de visiteurs, les touristes ne venant plus. La restauration aussi en souffre, bref il n’y a aucun secteur d’activités qui est épargné par cette crise sanitaire. On peut dire aujourd’hui que plusieurs milliards sont perdus.

 

Le secteur informel génère plus de  60% des emplois au Sénégal mais les difficultés sont nombreuses.

 

Au Sénégal, le secteur informel génère plus d’emplois dans le pays. Et 60% des emplois sont du secteur informel. Ce qui montre l’importance du secteur dans la marche économique du pays. C’est le lieu de féliciter le président Macky Sall qui a très vite compris les impacts de la pandémie dans notre secteur d’activités. C’est pourquoi il a alloué une enveloppe de 25 milliards aux artisans pour atténuer l’impact de la maladie dans le secteur artisanal. Nous avons déjà entamé la distribution de ces fonds avec une enveloppe de 5 milliards à Dakar, Thiès et Saint-Louis avec près de 30 mille bénéficiaires. Maintenant ce qu’il faut préciser c’est que tout le monde ne peut pas recevoir à la première phase. Ce qui nécessite une patience et de la bonne compréhension des  acteurs. Et dans une courte durée tous les acteurs inscrits bénéficieront de cette aide de 150 mille francs par acteur.

 

L’érection du  secteur artisanal en un ministère plein était une vieille doléance des acteurs.

 

Les acteurs ont toujours demandé l’érection d’un ministère plein pour le secteur de l'artisanat. C’est pourquoi je profite de cette occasion pour féliciter le président de la République pour avoir répondu à cette demande des acteurs. Mais cela traduit la vision claire du chef de l’État pour le développement du pays. Comprenez par là que le secteur artisanal constitue le poids économique du pays. Il constitue le premier employeur au Sénégal, mais malgré cela, le secteur est confronté à de sérieux problèmes liés à la formation et à l’accès au financement des acteurs.

 

Je n'ai aucun regret concernant cette vidéo!

 

Cet affaire de vidéo me laisse indifférent, ça me fait parfois rire quand les gens agitent ce genre de débat. Ce qu'il comprendre dans cette vidéo c'est qu'après ma nomination j'avais rencontré mes groupements de femmes (je t'ai dis que j'ai plusieurs groupements qui font plus de 400 femmes à Thiès et 300 groupements à Touba), est-ce tu penses que c’est facile de gérer tous ces groupements de femmes?

 

Moi, je me suis tout le temps engagé dans le social pour accompagner les gens notamment les femmes et depuis que j'ai commencé à les encadrer nous n'avions jamais reçu un financement, nous n'avons jamais été reçus par quelque ministre que ce soit, donc c'est logique qu'elles soient satisfaites après ma nomination en tant que ministre et espèrent aussi qu'elles bénéficieront de ces financements, d'où le mot partage. Le rôle du ministre c'est de partager avec les populations et je ne trouve  aucun problème sur cet état de fait.  

 

Je n'ai aucun regret pour cette vidéo. Ceux qui parlent ne me connaissent pas. Moi j'ai toujours partagé mes propres biens avant même de faire de la politique. Pour vous dire que j’ai été pendant sept ans PCA du FONGIP, mais mon salaire je le partageait avec les populations.

 

Je n'ai jamais été intimidé par cette affaire. Je n'ai jamais été convoqué au palais. La preuve, le président de la République lorsque nous nous sommes rencontrés, il m'a beaucoup soulagé concernant cette question... 

Dimanche 24 Janvier 2021
Dakaractu




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