Et si le jeu était l’un des meilleurs moyens de lutter contre le stress du quotidien ? C’est la conviction de la psychiatre Dr Nada Azzouzi, qui a animé un panel ce mercredi, dans le cadre de la première édition de l’Africa Amusement and Attractions Expo (AAAExpo 2026), à Rabat, au Maroc. Pour la spécialiste, jouer permet aux adultes de retrouver un certain bien-être, de stimuler leurs capacités cognitives et de renouer avec une activité souvent délaissée après l’enfance.
« Quand on joue, on se sent naturellement mieux, tout simplement parce qu’au niveau du corps, plus précisément du cerveau, des hormones comme la dopamine et les endorphines sont sécrétées. Elles contribuent notamment à la sensation de plaisir et au soulagement de la douleur », explique Dr Nada Azzouzi.
Selon la psychiatre, le jeu constitue ainsi une sorte de « pharmacie intérieure », accessible à tous et susceptible de contribuer au bien-être. Une ressource naturelle que les adultes auraient tendance à oublier, alors qu’elle fait partie intégrante du développement de l’enfant.
« Quand on est enfant, on joue pour se sentir mieux et pour apprendre. C’est tellement intéressant qu’en tant qu’adultes, nous devons conserver cette capacité ou nous rappeler qu’elle existe toujours au fond de nous », souligne-t-elle.
La spécialiste tient toutefois à nuancer son propos : le jeu n’est pas une solution miracle à tous les problèmes. « Il n’existe aucune panacée sur terre. Mais pourquoi se priver de quelque chose d’aussi naturel, capable de nous aider à mieux gérer une grande partie des problèmes et du stress auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui ? », interroge-t-elle.
Jeux de société, cartes, jeux vidéo : quelles activités privilégier ?
Interrogée sur les types de jeux à pratiquer sans danger, Dr Nada Azzouzi recommande de commencer par des activités simples, notamment les jeux de société et les jeux de cartes, qui peuvent se pratiquer en famille ou entre amis.
Les jeux sur console et les jeux en ligne peuvent également trouver leur place dans les loisirs, à condition de respecter certaines limites. La psychiatre encourage particulièrement les activités qui permettent de bouger et de préserver les capacités cognitives et physiques, sans nécessairement les assimiler à une pratique sportive.
Pour elle, l’essentiel n’est pas tant le type de jeu que la place qu’il occupe dans la vie quotidienne.
Addiction aux jeux : tout est une question d’équilibre
Si le jeu présente des avantages, la spécialiste met néanmoins en garde contre les risques d’addiction. La maîtrise de soi, la connaissance de ses propres limites et la recherche d’un équilibre sont, selon elle, essentielles pour préserver la dimension ludique de ces activités.
« Tout jeu, à partir du moment où il s’intègre dans un équilibre et nous aide à maintenir cet équilibre dans notre quotidien, conserve sa fonction ludique. Si cet équilibre est rompu, cela signifie que le jeu est en train de perdre sa fonction principale dans notre vie », prévient-elle.
Il est donc important de savoir doser les activités, de varier les plaisirs et de veiller à ce que le jeu reste une source de détente plutôt qu’une contrainte ou une dépendance.
« Jouer trente minutes plutôt que de scroller pendant quatre heures »
Aux adultes confrontés au stress, Dr Nada Azzouzi adresse un conseil simple : renouer avec le plaisir de jouer, que ce soit avec des amis, des enfants ou en famille.
« Jouer, jouer et jouer avec vos amis, vos enfants. Osez jouer une trentaine de minutes. C’est mieux que d’aller scroller sur les réseaux sociaux pendant plus de quatre heures ! », conseille-t-elle.