À la tribune de l’ONU, la leçon de haute diplomatie et de dépassement républicain de Bassirou Diomaye Faye


Du haut de la tribune de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, la voix du Sénégal a résonné avec une gravité et une hauteur de vue singulières.

 Dans une arène internationale traversée par le doute, les fractures géopolitiques et la tentation de l'unilatéralisme, le président Bassirou Diomaye Faye a livré un réquisitoire lucide contre l'érosion des institutions communes, tout en traçant les contours d'un multilatéralisme rénové.

 Entre fermeté doctrinale sur les grands équilibres mondiaux, responsabilité sous-régionale et coup d'éclat politique en faveur de son prédécesseur, le chef de l'État sénégalais a réussi l'exercice périlleux de conjuguer l'idéalisme des principes avec le réalisme de l'action.
  
​L’armature de son allocution s’est d'emblée construite autour d'un diagnostic sans fard : la « crise de confiance » généralisée qui paralyse la scène internationale.

 Égrenant les impasses d'un monde au bord de la rupture — du martyre de Gaza aux déchirures de l'Ukraine, du Soudan, du Yémen ou d'Haïti —, l’orateur a refusé de voir dans cette accumulation de conflits le signe de la désuétude du droit.

 Au contraire, martelant les formules en une succession d'antithèses frappantes, il a rappelé que substituer la force au droit reviendrait à détruire la promesse fondatrice de l'Organisation. 

Sur le dossier proche-oriental, sa position est restée intraitable, réaffirmant la nécessité absolue d'une solution à deux États avec Jérusalem-Est pour capitale palestinienne.  
​Cette exigence de paix s'est doublée d'un mandat continental affirmé.

 S'exprimant également sous sa casquette de président en exercice de la CEDEAO, Bassirou Diomaye Faye s'est fait le porte-voix des angoisses et des urgences du Sahel.

 Loin de cantonner le fléau terroriste à une affaire strictement locale, il a averti ses pairs du danger d'un abandon de la région, rappelant la nature transfrontalière d'une déstabilisation dont le coût n'épargnera aucun intérêt stratégique. Mais pour le dirigeant sénégalais, la sécurité reste indissociable du développement. 

Quarante ans après la proclamation du droit au développement, il a sommé les puissances économiques d'engager enfin la refonte de l'architecture financière mondiale, plaidant pour une fiscalité juste, un allègement pérenne du fardeau de la dette et un accès élargi aux financements concessionnels.  

​Pourtant, au-delà de ce plaidoyer tiers-mondiste modernisé par des références à la souveraineté technologique, à l'intelligence artificielle éthique et au spatial national, le discours a basculé dans une dimension historique lors de l'évocation de la gouvernance onusienne. 

Alors que le mandat du Secrétaire général António Guterres touche à sa fin et que le Sénégal a officialisé sa candidature à un siège non permanent au Conseil de sécurité pour 2032-2033, Bassirou Diomaye Faye a posé un acte républicain d'une portée diplomatique considérable : apporter le soutien solennel et plein du Sénégal à la candidature de Macky Sall à la tête de l'ONU.  

​En soutenant publiquement son ancien rival politique, dont il fut le farouche opposant, le chef de l'État transcende les clivages domestiques au profit des intérêts supérieurs de la nation et du continent. 

Ce geste de haute stature étatique illustre une continuité démocratique rare sur le continent, offrant au monde l'image d'un pays capable de faire taire ses divisions intérieures pour promouvoir l'excellence de son leadership à l'échelle planétaire.
  
​Pour donner du poids à ses revendications, le président sénégalais n'est pas venu les mains vides. 

Rappelant que Dakar a financé sur ses ressources propres l'édification de la Maison des Nations Unies à Diamniadio, il a opposé la générosité des actes concrets aux manquements financiers de certains bailleurs traditionnels. 

C’est dans ce même esprit d'ouverture et d'hospitalité qu'il a scellé son intervention en conviant les délégations aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar en 2026, premier événement olympique sur le sol africain. 

En faisant converger l'espérance de la jeunesse sportive mondiale avec l'idéal de la Charte de 1945, Bassirou Diomaye Faye a refermé son discours sur un message de confiance réaffirmée, rappelant avec force que la fraternité humaine et la concertation restent, en définitive, le seul viatique viable contre le chaos.  

Souleymane Ly
Specialiste en communication
julesly10@yahoo.fr
Jeudi 24 Septembre 2026
Dakaractu



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