Le Sénégal fait face à une montée inquiétante de la criminalité financière. Faux documents, cyberfraudes, sociétés écrans, prête-noms, dépôts massifs d’espèces et circulation incontrôlée d’argent électronique : le rapport d’activités 2025 de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) dresse le portrait alarmant d’un système de blanchiment de capitaux devenu plus complexe, plus discret et surtout plus difficile à traquer.
Selon les révélations du quotidien L’Observateur, les chiffres dévoilés par la Centif donnent la mesure de l’ampleur des flux financiers suspects qui traversent désormais l’économie sénégalaise.
Présenté hier par le président de la Centif, Cheikh Mothamadou Bamba Siby, le rapport met en lumière une intensification des activités de surveillance financière et une sophistication croissante des mécanismes utilisés pour blanchir de l’argent ou financer des activités illicites.
L’un des chiffres les plus frappants concerne les Déclarations d’opérations suspectes (Dos). En 2025, la Centif a enregistré 866 signalements, contre 928 en 2024 et 807 en 2023.
Même si une légère baisse est constatée, L’Observateur souligne que les autorités considèrent toujours le niveau de risque comme particulièrement élevé.
Les banques restent les principales structures à l’origine des signalements avec 648 déclarations, soit près de 75 % des dossiers enregistrés. Elles sont suivies des établissements de monnaie électronique, des opérateurs de transfert d’argent et des systèmes financiers décentralisés.
Pour Khadidjatou Fayez Diop, secrétaire générale de la Centif et cadre à la BCEAO, cette domination du secteur bancaire s’explique par le niveau avancé des mécanismes de contrôle mis en place dans les établissements financiers traditionnels.
Mais l’autre phénomène qui inquiète désormais les autorités concerne l’explosion des transactions numériques et du mobile money.
Le rapport révèle qu’en 2025, pas moins de 28 225 541 déclarations de transactions en espèces ont été recensées au Sénégal.
Parmi elles, les établissements de monnaie électronique concentrent à eux seuls plus de 26,7 millions de déclarations, soit près de 95 % des opérations enregistrées.
Selon L’Observateur, cette situation traduit le basculement massif vers les paiements électroniques et la digitalisation accélérée des échanges économiques dans le pays.
Mais derrière cette modernisation financière se cachent également de nouvelles formes de fraudes.
La Centif révèle en effet une forte progression des infractions financières liées à des mécanismes frauduleux. Les dossiers de fraude sont passés de 554 à 679 cas en seulement un an.
Les autorités évoquent plusieurs catégories particulièrement préoccupantes :
• les fraudes fiscales et parafiscales ;
• les fraudes bancaires ;
• les cyberfraudes ;
• les faux documents administratifs ;
• les détournements liés à la gestion publique.
Autre signal d’alerte majeur : l’explosion des cas de faux et usage de faux. Le nombre de dossiers est passé de seulement 16 en 2024 à 84 en 2025.
Les infractions fiscales progressent également avec 76 dossiers recensés, tandis que les violations de la réglementation des changes atteignent 71 déclarations.
Même si les dossiers directement qualifiés de corruption ont reculé — passant de 138 à 77 cas — la Centif explique cette baisse par une meilleure requalification des infractions dans d’autres catégories connexes comme les détournements de fonds publics, les rackets ou encore les réseaux criminels organisés.
Mais ce qui inquiète le plus les analystes reste la sophistication des nouveaux schémas de blanchiment identifiés.
Selon L’Observateur, plusieurs méthodes récurrentes ont été détectées :
• recours à des sociétés écrans ;
• utilisation de comptes appartenant à des proches ou à des prête-noms ;
• dépôts massifs d’espèces sans justification économique ;
• montages bancaires complexes ;
• opérations financières atypiques impliquant plusieurs intermédiaires.
Le travail d’investigation de la Centif a conduit à la transmission de 37 rapports au Pool judiciaire financier portant sur 95 déclarations jugées suffisamment graves pour déclencher des procédures judiciaires.
Parallèlement, plusieurs renseignements ont été transmis à différentes administrations comme la Direction générale des impôts et domaines (DGID), la BCEAO, la Direction de la monnaie et du crédit ainsi que la Police judiciaire.
Le rapport révèle également que la coopération internationale s’intensifie face au caractère transfrontalier du blanchiment de capitaux.
En 2025, la Centif sénégalaise a adressé 40 demandes d’informations à des cellules financières étrangères et en a reçu 21, notamment de pays de l’UEMOA, d’Europe, d’Asie et d’autres États africains.
Le Sénégal poursuit aussi son renforcement stratégique au sein des grands organismes internationaux de lutte contre le blanchiment, notamment le GIABA, le GAFI et le Groupe Egmont.
Selon les révélations du quotidien L’Observateur, les chiffres dévoilés par la Centif donnent la mesure de l’ampleur des flux financiers suspects qui traversent désormais l’économie sénégalaise.
Présenté hier par le président de la Centif, Cheikh Mothamadou Bamba Siby, le rapport met en lumière une intensification des activités de surveillance financière et une sophistication croissante des mécanismes utilisés pour blanchir de l’argent ou financer des activités illicites.
L’un des chiffres les plus frappants concerne les Déclarations d’opérations suspectes (Dos). En 2025, la Centif a enregistré 866 signalements, contre 928 en 2024 et 807 en 2023.
Même si une légère baisse est constatée, L’Observateur souligne que les autorités considèrent toujours le niveau de risque comme particulièrement élevé.
Les banques restent les principales structures à l’origine des signalements avec 648 déclarations, soit près de 75 % des dossiers enregistrés. Elles sont suivies des établissements de monnaie électronique, des opérateurs de transfert d’argent et des systèmes financiers décentralisés.
Pour Khadidjatou Fayez Diop, secrétaire générale de la Centif et cadre à la BCEAO, cette domination du secteur bancaire s’explique par le niveau avancé des mécanismes de contrôle mis en place dans les établissements financiers traditionnels.
Mais l’autre phénomène qui inquiète désormais les autorités concerne l’explosion des transactions numériques et du mobile money.
Le rapport révèle qu’en 2025, pas moins de 28 225 541 déclarations de transactions en espèces ont été recensées au Sénégal.
Parmi elles, les établissements de monnaie électronique concentrent à eux seuls plus de 26,7 millions de déclarations, soit près de 95 % des opérations enregistrées.
Selon L’Observateur, cette situation traduit le basculement massif vers les paiements électroniques et la digitalisation accélérée des échanges économiques dans le pays.
Mais derrière cette modernisation financière se cachent également de nouvelles formes de fraudes.
La Centif révèle en effet une forte progression des infractions financières liées à des mécanismes frauduleux. Les dossiers de fraude sont passés de 554 à 679 cas en seulement un an.
Les autorités évoquent plusieurs catégories particulièrement préoccupantes :
• les fraudes fiscales et parafiscales ;
• les fraudes bancaires ;
• les cyberfraudes ;
• les faux documents administratifs ;
• les détournements liés à la gestion publique.
Autre signal d’alerte majeur : l’explosion des cas de faux et usage de faux. Le nombre de dossiers est passé de seulement 16 en 2024 à 84 en 2025.
Les infractions fiscales progressent également avec 76 dossiers recensés, tandis que les violations de la réglementation des changes atteignent 71 déclarations.
Même si les dossiers directement qualifiés de corruption ont reculé — passant de 138 à 77 cas — la Centif explique cette baisse par une meilleure requalification des infractions dans d’autres catégories connexes comme les détournements de fonds publics, les rackets ou encore les réseaux criminels organisés.
Mais ce qui inquiète le plus les analystes reste la sophistication des nouveaux schémas de blanchiment identifiés.
Selon L’Observateur, plusieurs méthodes récurrentes ont été détectées :
• recours à des sociétés écrans ;
• utilisation de comptes appartenant à des proches ou à des prête-noms ;
• dépôts massifs d’espèces sans justification économique ;
• montages bancaires complexes ;
• opérations financières atypiques impliquant plusieurs intermédiaires.
Le travail d’investigation de la Centif a conduit à la transmission de 37 rapports au Pool judiciaire financier portant sur 95 déclarations jugées suffisamment graves pour déclencher des procédures judiciaires.
Parallèlement, plusieurs renseignements ont été transmis à différentes administrations comme la Direction générale des impôts et domaines (DGID), la BCEAO, la Direction de la monnaie et du crédit ainsi que la Police judiciaire.
Le rapport révèle également que la coopération internationale s’intensifie face au caractère transfrontalier du blanchiment de capitaux.
En 2025, la Centif sénégalaise a adressé 40 demandes d’informations à des cellules financières étrangères et en a reçu 21, notamment de pays de l’UEMOA, d’Europe, d’Asie et d’autres États africains.
Le Sénégal poursuit aussi son renforcement stratégique au sein des grands organismes internationaux de lutte contre le blanchiment, notamment le GIABA, le GAFI et le Groupe Egmont.