4e Colloque international du CHEDS : des experts africains réfléchissent à une résilience « transformatrice »


 Le Centre des Hautes Études de Défense et de Sécurité (CHEDS) a ouvert, ce mardi 6 octobre 2026, la 4e édition de son Colloque international, consacré à la sécurité, à la gouvernance et au développement durable en Afrique. Le ministre Conseiller du président de la République, Meïssa Diakhaté, représentant le chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye en déplacement au Nigeria, a présidé, ce mardi, la cérémonie d’ouverture de la 4e édition du Colloque international du Centre des Hautes Études de Défense et de Sécurité (CHEDS).

La rencontre s’est tenue en présence du directeur du CHEDS, le Général de Brigade Jean Diémé, du coordonnateur de la Commission scientifique, le Professeur Saliou Ndiaye, ainsi que de plusieurs experts, chercheurs et responsables civils et militaires. La leçon inaugurale a été prononcée par le Professeur Alioune Sall, vice-président de la Commission du Droit International de l'ONU, ancien juge à la Cour de Justice de la CEDEAO.

Placée sous le thème « Repenser la résilience en Afrique : sécurité, gouvernance et développement durable », cette édition réunit durant deux jours des acteurs issus de différents horizons autour des défis auxquels le continent africain est confronté. Parmi les personnalités présentes figurent notamment l’ancienne ministre Fatou Diouf, Me Abdoulaye Tine, ministre-conseiller porte-parole de la Présidence de la République, le Général Jean-Baptiste Tine, le Général Mansour Seck et le Général Mbaye Cissé, ancien CEMGA. Les organisateurs partent du constat que l’Afrique est confrontée à des crises multidimensionnelles, qu’elles soient sécuritaires au Sahel, climatiques dans plusieurs régions ou économiques, dans un contexte d’instabilité des marchés mondiaux.

Pour le CHEDS, ces différentes crises montrent la nécessité de repenser les modèles actuels de résilience. « Traditionnellement, la résilience est définie comme la capacité de résister à un choc pour revenir à l’état initial. D’où la question : en Afrique, voulons-nous vraiment revenir à l’état qui a précédé la crise ? », s’interrogent les organisateurs. La réponse défendue dans le cadre de ce colloque est non! L’ambition affichée est plutôt de construire une « résilience transformatrice », capable de tirer les enseignements des crises pour bâtir un avenir « plus solide, plus juste et définitivement plus durable », a indiqué le coordonnateur de la commission scientifique de ce colloque, Pr Saliou Ndiaye, ancien recteur de l'Ucad et ancien ambassadeur.

Les récentes inondations sont notamment citées comme illustration des chocs auxquels les sociétés africaines doivent désormais être en mesure de mieux faire face. Les travaux du colloque s’articulent autour de plusieurs orientations, dont la nécessité de décloisonner la notion de sécurité. Selon la commission scientifique, la sécurité ne peut plus être pensée uniquement sous l’angle de la protection de l’État. Une approche globale devrait intégrer la sécurité humaine, alimentaire, sanitaire et environnementale. Une attention particulière est également accordée à la place des femmes et des jeunes. La jeunesse, majoritaire sur le continent et exposée à plusieurs formes d’insécurité, est appelée à devenir un acteur majeur de la prévention, de la sécurité et de la paix au niveau local.

Pr Saliou Ndiaye estime par ailleurs que la réponse aux crises ne peut reposer exclusivement sur les dispositifs militaires et sécuritaires, une réflexion soutenue par Meïssa Diakhaté, enseignant-chercheur et Pr Agrégé en Droit, venu représenter le chef de l'État, absent du pays, dont la présence était souhaitable d'autant plus que le thème l'interpelle en tant que Président en exercice de la Cedeao, a souligné le Général Jean Diémé, Directeur du CHEDS.

La gouvernance, la cohésion sociale, la souveraineté économique, la transformation locale des ressources, la sécurisation des approvisionnements et le développement de la recherche stratégique sont ainsi présentées comme des leviers essentiels pour renforcer la résilience des États et des sociétés africaines.Le rôle des acteurs communautaires, des femmes et des jeunes dans la prévention des crises, la médiation et la stabilité des territoires figure également parmi les axes mis en avant.

Le colloque réunit environ 250 participants, parmi lesquels des décideurs civils et militaires, des chercheurs, des experts, des représentants d’organisations régionales et internationales, des acteurs du secteur privé ainsi que des membres de la société civile. Au terme des deux jours de travaux, les réflexions et échanges doivent déboucher sur des recommandations destinées à renforcer les politiques publiques africaines et à contribuer à une meilleure anticipation et gestion des crises sur le continent.

Mardi 6 Octobre 2026
Dakaractu



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