2AS : accusé de « maquillage » des comptes, Bocar Diop contre-attaque et menace de saisir la justice

Mis en cause dans une lettre d’alerte adressée au Conseil d’administration de 2AS et transmise en ampliation à l’Ofnac, le Directeur général de la société, Bocar Diop, rejette les accusations formulées par son ancien chef comptable, Serigne Mor Mbacké Sy. Dans un entretien accordé à L’Observateur, il justifie le limogeage de son ex-collaborateur, défend la gestion financière de l’entreprise et menace de saisir la justice si les accusations portées contre lui sont confirmées.


Visé par une série d’accusations portant notamment sur la gestion de 2AS, Bocar Diop a décidé de répondre. Le Directeur général de la société conteste fermement les griefs formulés par son ancien chef comptable, Serigne Mor Mbacké Sy, dans une lettre d’alerte adressée au Conseil d’administration, avec ampliation à l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac).
Interrogé par L’Observateur, Bocar Diop revient d’abord sur les circonstances du départ de Serigne Mor Mbacké Sy. Pour lui, le limogeage de ce dernier relève exclusivement d’un « acte de gestion ». Le directeur général évoque des faits d’« insubordination » qu’il présente comme répétés.
« En réalité, ce n’est pas la première fois », affirme-t-il, laissant entendre que le différend ayant conduit au départ de l’ancien chef comptable ne résulterait pas d’un incident isolé.
Le patron de 2AS réfute également les accusations liées à la gestion financière de la société. Son ancien chef comptable aurait notamment évoqué une dégradation des résultats ainsi que des décisions budgétaires qu’il juge contestables.
Sur ce point, Bocar Diop rejette toute idée de manipulation des comptes ou du budget. « Un budget reste une simple prévision, on ne peut pas le maquiller », rétorque-t-il.
Le directeur général précise que la préparation budgétaire ne repose pas sur une seule personne, mais sur un travail de consolidation effectué par les services compétents de l’entreprise. Il soutient également que, pour la première fois, deux responsables ont participé à parts égales à l’élaboration du budget : le contrôleur de gestion et le directeur administratif et financier.
Les accusations les plus sensibles concernent toutefois certains retraits et décaissements de fonds. Serigne Mor Mbacké Sy affirme avoir constaté des opérations qui auraient été effectuées sans contrôle suffisant, ainsi que des décaissements reposant sur de simples instructions.
Bocar Diop rejette catégoriquement ces allégations et prévient qu’il pourrait porter l’affaire devant la justice.
« Si j’ai la preuve qu’il a réellement tenu ces propos, je saisirai directement la justice », déclare le directeur général dans les colonnes de L’Observateur.
Il annonce, dans cette perspective, son intention de faire délivrer à son ancien collaborateur une « sommation interpellative ». L’objectif affiché est de l’amener à confirmer formellement ses déclarations et, surtout, à produire les éléments susceptibles de les étayer.
Concernant la lettre transmise au Conseil d’administration de 2AS, Bocar Diop assure ne nourrir aucune inquiétude. Il estime même que le Conseil est pleinement dans son rôle lorsqu’il examine les alertes relatives à la gestion de l’entreprise.
Selon lui, cette instance « doit surveiller la bonne gestion » de la société. Le directeur général se dit ainsi prêt à fournir toutes les explications qui pourraient lui être demandées.
« La balle est dans son camp », résume Bocar Diop à propos du Conseil d’administration, auquel il laisse désormais le soin d’examiner les accusations portées contre sa gestion.
Alors que l’affaire oppose désormais deux versions diamétralement opposées, le DG de 2AS affiche sa volonté de répondre aux accusations sur les plans administratif et, si nécessaire, judiciaire
Samedi 29 Aout 2026
Dakaractu