Ce 1er mai, à l’occasion de la Journée internationale du travail, les travailleurs de la justice du Tribunal de grande instance de Saint-Louis se sont penchés sur des thématiques d’actualité.
En effet, à l’heure de la dématérialisation des procédures et de l’explosion des cyberdélits, greffiers, magistrats et personnels judiciaires de Saint-Louis s’interrogent : comment concilier rigueur juridique, virage numérique et unité des pratiques sur tout le territoire ?
Peut-on être garant du droit et « geek » à la fois ? C’est tout l’enjeu du panel « Entre compétences juridiques traditionnelles, montée en compétence numérique et harmonisation des pratiques », organisé ce 1er mai au Palais de justice de Saint-Louis par les Travailleurs de la Justice.
« On a encore des greffes qui travaillent avec des registres papier vieux de 30 ans, et à côté, des juridictions qui testent l’audience en visioconférence », lance d’emblée Me Mamadou Ndiaye, modérateur et greffier au Tribunal de grande instance de Saint-Louis.
Le ministère de la Justice a bien lancé le SYGESTES, Système de Gestion des Tribunaux du Sénégal, et numérisé le casier judiciaire. Mais sur le terrain, les réalités divergent : coupures d’électricité, faible débit internet, manque de formation, et surtout des pratiques différentes d’une juridiction à l’autre pour un même type de dossier.
Premier axe du panel : le digital n’est plus une option. Avec la cybercriminalité, les preuves électroniques, les signatures numériques et la plateforme e-justice, le juge comme le greffier doivent comprendre la chaîne de blocs, la valeur d’un SMS comme preuve ou la recevabilité d’un fichier .wav.
« Un greffier qui ne sait pas authentifier un PDF signé électroniquement devient un frein à la procédure », martèle Me Ndiaye, qui réclame un plan national de formation continue au numérique, avec certification. Des modules sur la cybersécurité, l’open data judiciaire et l’IA générative sont proposés.