Enclavement, absence d’électricité et d’ambulance, revitalisation des vallées fossiles et accès aux terres agricoles : les populations de Mbéyène, dans la commune de Mboula, ont profité de la 16e édition de leurs journées culturelles pour interpeller les autorités sur leurs principales préoccupations.
Les populations de Mbéyène, localité située dans la commune de Mboula, département de Linguère, ont profité de leurs journées culturelles, communément appelées les « 72 heures de Mbéyène », pour remettre sur la table plusieurs doléances liées au développement de leur terroir.
Parmi les principales préoccupations soulevées figurent l’enclavement de la localité, la revitalisation des vallées fossiles, l’absence d’ambulance et le déficit d’électricité.
Selon le président du Mouvement pour le Progrès de Mbéyène (MPM), Abdou Nguirane, ces journées, organisées depuis une quinzaine d’années, sont avant tout des journées de développement. Elles portent notamment sur l’environnement, l’éducation, la santé, le sport et la religion.
Pour cette édition, les organisateurs ont retenu le thème : « Les vallées fossiles au service du développement local : une réponse au chômage, à l’exode rural et à l’émigration clandestine ».
Un thème qui revêt une importance particulière pour le parrain de cette 16e édition, Daouda Diaw, directeur des Services de l’information à l’Assemblée nationale.
Ce dernier a salué l’engagement de la jeunesse de Mbéyène, estimant qu’elle se mobilise pour contribuer au développement de son terroir. Il a également exprimé sa reconnaissance aux populations de Mbéyène et de Xergi pour l’avoir choisi comme parrain, tout en soulignant la constance et la régularité des activités du MPM.
Revenant sur les doléances des populations, Daouda Diaw a toutefois déploré la persistance de certaines difficultés. « J’ai des sentiments mitigés par rapport aux doléances. En ce 21e siècle, des populations réclament encore ce genre de choses qui sont totalement légitimes. On devait dépasser ça », a-t-il regretté.
De leur côté, Abdou Nguirane et Serigne Diaw, respectivement président et chargé des relations extérieures du MPM, ont rappelé que ces mêmes préoccupations avaient déjà été soumises aux précédents régimes, sans réponses satisfaisantes.
Ils disent toutefois nourrir l’espoir de voir ces doléances prises en compte par les nouvelles autorités, au regard de leur engagement en faveur du développement du pays.
Sur la question de la revitalisation des vallées fossiles, qui constitue l’un des axes évoqués à travers le projet Pré-Ferlo, le maire de Mboula, Gory Ba, a invité les nouvelles autorités à ne pas abandonner cette initiative. « Il ne faut pas geler ce projet qui ouvre les portes du développement du Djoloff, voire du pays », a-t-il déclaré.
Présent à la manifestation, le premier vice-président de l’Assemblée nationale, El Hadji Malick Ndiaye, a salué l’esprit de solidarité, de partage et de sensibilisation qui caractérise, selon lui, les 72 heures de Mbéyène.
Ces retrouvailles constituent également, à ses yeux, une occasion de revenir sur les difficultés de la localité et de proposer des solutions concrètes.
El Hadji Malick Ndiaye a notamment invité les autorités municipales et administratives à diligenter le dossier relatif à l’attribution de 100 hectares réclamés par les populations de Mbéyène et des environs. Selon lui, ce projet de développement communautaire pourrait contribuer à renforcer les activités agricoles et pastorales dans la zone.
Le chef de cabinet du ministre de l’Emploi, Ndiouck Cobar, représentant le ministre Idrissa Samb, empêché, a également pris part aux festivités.
Accompagné d’une importante délégation, il a salué les initiateurs pour avoir associé le ministre à cette manifestation culturelle et a assuré avoir pris bonne note des préoccupations exprimées par les populations. Il a indiqué que ces doléances seront transmises aux autorités compétentes. Les 72 heures de Mbéyène ont été rythmées par plusieurs activités. Un récital du Coran suivi d’une conférence religieuse a marqué la journée du vendredi.
Une communication consacrée aux vallées fossiles et à leur contribution au développement local, notamment face au chômage, à l’exode rural et à l’émigration clandestine, a également été organisée. Le samedi, les participants ont pris part à un panel sur la santé de la reproduction, suivi d’une animation culturelle.
La journée de clôture est consacrée à des activités de reboisement, des consultations médicales, ainsi qu’à la distribution de médicaments et de matériels destinés au poste de santé de Mbéyène.