Le Directeur de la Prévention et de la Gestion des Inondations (DPGI), Madické Cissé, s'est rendu ce lundi à la zone de captage, fortement touchée par les inondations après les fortes pluies enregistrées hier. Sur place, au micro de Dakaractu, il a décrit une situation « qui fait peur », au vu de l'étendue des eaux et de l'ampleur du travail qui attend les services et les populations.
Pour expliquer cette situation, le responsable a rappelé que toute inondation résulte de la rencontre de deux facteurs : l'aléa et la vulnérabilité. Selon lui, la zone de captage cumule les deux. Il s'agit d'un bassin versant naturel, qui reçoit toutes les eaux de ruissellement et constitue de ce fait une zone vulnérable. À cela s'est ajouté un aléa fort, avec environ 148 mm de pluie en une à deux heures. « Vulnérabilité plus aléa égale inondation », résume-t-il.
Madické Cissé estime que de telles quantités de pluie ne pouvaient pas être prédites, pas plus que l'on ne peut dimensionner des ouvrages pour absorber des volumes illimités. Les ouvrages existants n'ont donc pas pu contenir l'eau tombée dans une zone déjà vulnérable. Si la prédiction n'était pas évidente, soutient-il en revanche, la prévention, elle, était possible. Il précise toutefois que le problème de la zone de captage ne date pas d'aujourd'hui. Les autorités ne peuvent donc, à ce stade, que faire du « rattrapage » et réduire le risque. Il assure que la situation serait pire sans le bassin, la station de pompage de 5 000 m³ et les opérations de curage. Il évoque, par ailleurs, des inondations « meurtrières », avec déjà deux décès enregistrés au niveau des parcelles assainies.
Interrogé sur la part de responsabilité des autorités et sur l'attentisme des populations, le directeur parle de « responsabilités partagées ». Il reconnaît que l'État aurait dû, par exemple, reloger les occupants de maisons menaçant ruine. Mais il pointe aussi le fait que des habitants refusent parfois de déclarer qu'ils vivent dans une situation à risque, souvent parce qu'ils ne sont pas propriétaires des logements. Selon lui, les propriétaires qui feraient une déclaration devraient pouvoir être accompagnés par l'État, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
Madické Cissé revient enfin sur la nature même du site. La zone de captage, dont « le nom veut tout dire », n'est pas propice à l'habitation. Elle aurait dû être préservée comme un point de collecte des eaux pour soulager Dakar. Elle a pourtant été lotie, et l'on ne peut désormais, regrette-t-il, que « faire de la correction ».