02 octobre 1958 / 02 octobre 2020 : Quand Ahmed Sékou Touré avait osé dire « non » à De Gaulle.


02 octobre 1958 / 02 octobre 2020 : Quand Ahmed Sékou Touré avait osé dire « non » à De Gaulle.
La Guinée Conakry est en droite ligne vers l’élection présidentielle qui va élire son second président démocratiquement élu après Alpha Condé. Le président sortant brigue un troisième mandat jugé illégitime et illégal par son opposition.

Mais bien avant l’échéance électorale, en ce jour de 02 octobre 2020, il y a 62 ans jours pour jour que la Guinée avait dit non à 95% au référendum organisé par le Général De Gaulle. La Guinée a rejeté la proposition d’entrer au sein de la Communauté française et a proclamé son indépendance le 02 octobre 1958.

 

Mais en votant « non » au référendum sur la Communauté française le 28 septembre 1958, la France avait interprété ce vote comme une volonté de « sécession ». Elle supprime brutalement ses contributions techniques et financières à la Guinée et tentera de l’isoler.

Un refus patriotique diligenté par un seul homme, Ahmed Sékou Touré. Qu'est-ce qui l'a poussé à prendre cette décision que bon nombre de ses pairs chefs d’États de la sous-région qualifiaient de suicidaire ? L’homme fort de Conakry des années 60 avait bien ses raisons. Car deux ans après, les autres États de la sous-région ont pris leur indépendance. Un premier fait qui lui aurait donné raison devant ses pairs.

 

La proclamation de l’indépendance a entrainé la rupture des liens administratifs et financiers entre la Guinée et la France qui retire ses cadres et ses crédits. Car la Guinée avait proposé une coopération à la France qui avait refusé. Ainsi, Sékou Touré a formé en compagnie du Mali voisin et du Ghana, l’Union des États Africains qui n’a pas duré. Profitant du départ des Français, le bloc Est qui était en guerre froide avec le bloc Ouest, s’est rapproché de Sékou Touré qui les a accueillis avec une grande diplomatie. C’est ainsi que la Russie, chef de file a tissé des liens de coopération avec la Guinée et a signé des traités d’amitié avec la Chine.

Le 28 août 1958, à Conakry, le Général De Gaulle est accueilli par le jeune maire et député (RDA, Rassemblement démocratique africain, apparenté PC) du territoire, Ahmed Sékou Touré. 36 ans, à l’époque, il « lâche la bombe » qui plante le vieux général de 67 ans. «Nous ne renoncerons pas et nous ne renoncerons jamais au droit légitime et naturel à l’indépendance.»

Il poursuit : «Nous préférons la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l’esclavage. Nous croyons à une Afrique libre et décomplexée, anticolonialiste, panafricaniste». De Gaulle déçu par la réponse du jeune cadre Guinéen, contre-attaque « … elle en tirera, bien sûr, des conséquences, mais d’obstacles elle n’en fera pas et votre Territoire pourra comme il le voudra et dans les conditions qu’il voudra, suivre la route qu’il voudra.»

Vexé, le chef du gouvernement français annulera toutes les réceptions prévues, ne dînera pas avec Sékou Touré comme convenu initialement, précise la presse française...
Vendredi 2 Octobre 2020
Dakaractu



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