« Vers le développement d’un marché du sport au Sénégal » (Par Aminata Assome Diatta, ministre du commerce)


Plus qu’un simple jeu, le sport est un phénomène social qui intéresse tous les peuples, et constitue, par conséquent, un facteur très important dans le développement d’un pays. Puissant moyen d’éducation et de formation, le sport est aussi un outil privilégié de représentation, de coopération en même temps qu’il joue un rôle déterminant dans l’amélioration de la santé physique et mentale des populations. Il est ainsi, considéré à la fois comme un facteur d’augmentation de la production, et à juste titre comme un facteur d’émergence, à côté de la santé et de l’éducation (Ministère des Sports et des Loisirs ; Pré-rapport ; Groupe création de richesse ; Revue 2009). 
Le marché mondial du sport est un secteur qui prend une part très importante dans l’économie mondiale. Il pesait en 2004, 550 milliards d’euros et en 2017, il vaut près de 1200 Milliards d’euros, générant ainsi 2% du produit intérieur brut (PIB) mondial avec une croissance annuelle moyenne de 4%. 
Le marché du sport peut être vu sous trois (3) aspects :
-    le marché du sponsoring et de la médiatisation : 20% ;
-    le marché des biens et services liés au sport : 30% ;
-    le marché d’organisations d’évènements sportifs : 50%.

Le marché le plus florissant dans le domaine du sport reste celui de l’organisation d’événements sportifs qui participe véritablement au développement économique. En effet, l’organisation des événements sportifs impacte plusieurs secteurs dont le secteur des services relatifs au tourisme et voyages qui s’étend quasiment sur tous les secteurs de l’économie. Or, au Sénégal, le tourisme est un secteur prioritaire dans le développement socioéconomique et représente la deuxième source de devises. Son expansion est étroitement liée à celle d’autres activités telles que l’hôtellerie, la restauration, l’artisanat, les arts du spectacle, le transport et les communications. Il contribue à hauteur de 6,8% au produit intérieur brut(PIB) et a directement soutenu 177.500 personnes (3,8% de l’emploi total) en 2017. 

En plus de contribuer à l’attraction touristique, les manifestations sportives développent d’autres secteurs de services liés à la promotion des événements et aux services audiovisuels. Par ailleurs, au-delà des revenus pour les sportifs, il convient de noter ceux engrangés par les autres acteurs du monde du sport tels que les formateurs, les encadreurs, les personnels soignants, les techniciens, les moniteurs, les coachs sportifs, les manageurs et agents de sportifs. 

Pour se développer, le marché de l’organisation des événements sportifs doit s’appuyer sur des infrastructures sportives de qualité, en particulier, lorsque les événements à organiser ont une envergure internationale. C’est dans ce contexte de promotion et de développement du secteur du sport que Son Excellence Monsieur Macky Sall, Président de la République du Sénégal, voudrait doter notre pays d’infrastructures de qualité capables d’accueillir de grands rendez-vous sportifs. 

Le stade olympique, un autre pas vers l’émergence
En sus de l’Arène nationale et du complexe omnisport Dakar Arena, la pose de la première pierre du stade olympique de football d’une capacité de 50.000 places, le 20 février 2020, est le symbole de la volonté du chef de l’État de hisser notre pays à un niveau plus haut. Ainsi, se fondant sur les expériences des pays développés, force est de reconnaitre que ces investissements massifs dans le domaine du sport peuvent permettre au Sénégal de tirer véritablement profit du marché d’organisation des événements sportifs et de ses bienfaits sur l’économie.

En effet, selon une étude conjointement menée par l’organisme Keneo et le Centre de droit et d’économie du sport de Limoges (CDES), l’Euro 2016 a coûté à la France moins de 200 millions d’Euros et a permis de rapporter au pays près de 1,22 Milliards d’euros dont un impact financier de 625,8 millions d’euros pour le tourisme ». En outre, avec le développement de l’audiovisuel au Sénégal et l’existence d’entreprise productrices de biens et services sportifs, notre pays peut parfaitement tirer avantage des  deux autres segments du marché du sport.

Nous sommes donc face à une démarche qui prend en charge l’avenir des jeunes et qui leur fournit un moyen de subsistance dans un domaine qui leur est dédié : le sport. Il appartient à nos établissements d’enseignement professionnel et technique de tenir compte de la politique sportive de l’Etat du Sénégal et d’offrir des formations adaptées aux besoins d’une véritable économie du sport.

Chers jeunes, l’avenir vous appartient et il se construit dès aujourd’hui. Le Président de la République l’a compris en œuvrant pour l’épanouissement du sport et la rentabilité de son marché, à vous de saisir cette opportunité et de vous positionner  sur les emplois potentiels et la création d’entreprises  offrant des biens ou des services dans le secteur du sport car plus qu’une chance à saisir c’est tout un avenir qui est en jeu. 


Assome Aminata DIATTA, (Ministre du Commerce)
Jeudi 27 Février 2020
Dakaractu



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