Zinédine Zidane au Real Madrid : retour sur une demi-saison qui pourrait être parfaite (Jeune Afrique)

Samedi 14 mai, le Real Madrid a l’occasion de coiffer au poteau le FC Barcelone en remportant le championnat d’Espagne. Quatorze jours plus tard, il disputera la finale de la Ligue des champions face à l’Atletico Madrid. Deux occasions pour Zidane de couronner une demi-saison quasi-parfaite. Retour, en quatre points, sur l’épopée du Franco-Algérien chez les "merengue".


Zinédine Zidane au Real Madrid : retour sur une demi-saison qui pourrait être parfaite (Jeune Afrique)
En 24 rencontres dirigées, Zinédine Zidane, qui a pris les rênes du Real Madrid le 4 janvier 2016, compte 19 victoires, 3 nuls et 2 défaites. En somme, l’ancien numéro 10 d’origine algérienne a réalisé une demi-saison quasi-parfaite depuis sa reprise du Real Madrid le 4 janvier 2016, alors que le club était en mauvaise posture, à la troisième place de la Liga, après une saison 2014/2015 sans titre.

Après seulement quatre mois sur le banc, « Zizou » peut encore prétendre à deux titres majeurs : le championnat espagnol, dans lequel son équipe est remontée à un petit point du FC Barcelone à une journée du terme, et la Ligue des champions, dont le Real disputera la finale le 28 mai face à l’Atletico Madrid.

Voici en quatre points, comment le champion du monde 1998 a remis la Maison blanche en ordre de marche.

Il a reconquis le vestiaire, en successeur d’Ancelotti

Zinédine Zidane a séduit ses troupes, sans coup de gueule,  alors que l’équipe madrilène était au bord de la crise de nerfs. Son prédécesseur, Rafael Benitez, pourtant coach d’expérience, entretenait en effet des relations exécrables avec certains joueurs, au point que le vestiaire lui était notoirement hostile, comme les supporteurs.

Dès novembre 2015, seuls cinq à six membres de l’équipe étaient encore favorables à l’Espagnol. D’autant que le Real allait, le 21 de ce même mois de novembre, sombrer à domicile (0-4) face au FC Barcelone. Une faute impardonnable pour les socios de Santiago Bernabeu. Isolement, entraînement ennuyeux, mauvaise gestion des stars… Benitez n’a jamais su prendre la succession de Carlo Ancelloti, le très apprécié entraîneur italien qui l’avait précédé.

Zidane, lui, l’a fait. Et pour cause : l’ex-Galactique était également l’adjoint d’Ancelotti en 2013/2014, l’année de la dixième victoire du club en Ligue des champions. Une référence. « Il reste la fin de la saison pour voir ce que nous pouvons gagner mais je suis absolument certain que Zidane va devenir un des meilleurs entraîneurs du monde », disait de lui le Brésilien Marcello, fin mars. Et ses impressions, comme celles de ses coéquipiers, n’ont pas changé depuis.

Il a fait confiance à Gareth Bale

Le Gallois était l’un des rares soutiens de Rafael Benitez, qui le lui rendait en lui accordant une confiance totale sur le terrain. Inquiet, Bale a toutefois reçu le soutien immédiat de Zidane, dès l’une de ses premières conférences de presse. Résultat, le 9 janvier, pour le premier match de Zidane face à La Corogne, qui avait pourtant obtenu un bon nul sur la pelouse du FC Barcelone un mois plus tôt, Gareth Bale s’est offert un triplé.

Mieux, alors qu’il était en retrait de Karim Benzema et Cristiano Ronaldo, le Gallois a enchaîné les excellentes prestations en fin de saison. Au moment où les physiques de Ronaldo et de Benzema ont (un peu) flanché, Gareth Bale a assuré. Avec 19 buts en 22 rencontres de championnat, soit un ratio de 0,86 réalisation par match, il fait moins bien que Luis Suarez (1,06), Karim Benzema (0,92) et Cristiano Ronaldo (0,91) mais mieux que Lionel Messi (0,81) ou Neymar (0,72). Il est également à l’origine du but qui a qualifié le Real contre Manchester City.

Il s’est mis Ronaldo en poche (ou réciproquement)

Cristiano Ronaldo n’a de cesse de couvrir d’éloges son entraîneur. « Je suis très heureux pour lui. Je l’admirais en tant que joueur et aujourd’hui également comme entraîneur, il a gardé la même façon d’être pour diriger les joueurs. C’est un entraîneur que j’aimerais voir continuer au Real Madrid », a-t-il encore récemment expliqué au sujet de l’ancien champion du monde.

Encore, au soir de la victoire du Real face à Manchester City (1-0) : « Il fait du bon travail. Nous sommes heureux avec lui. Je l’admire en tant qu’entraîneur et tant qu’homme. Je souhaite qu’il continue à ce poste. Nous sommes toujours derrière Zizou. C’est une personne humble, qui sait écouter et qui nous aide. »

Surtout, Zidane donne à Ronaldo une importance (et une indépendance) à la hauteur de son ego. Le 8 mai, en plein match contre Valence (remporté 3-2), les caméras ont même capté le Portugais réclamer un changement à son entraîneur, et obtenir gain de cause. Et si Cristiano Ronaldo, en soutenant Zidane de tout son poids, rendait avant tout service à un certain Ronaldo Cristiano ?

Toujours est-il que personne ne s’en plaint, comme en témoigne notamment le triplé du joueur lors du match retour contre Wolfsburg, en Ligue des champions.

Il a gagné un clasico crucial

Il est des matchs qui forgent une (demie) saison. Et les clasicos sont de ceux-là. Le 21 novembre 2015, le Real Madrid prenait une claque monumentale (0-4) à domicile contre le FC Barcelone. On le sait, Rafael Benitez ne s’en remettra pas. Le 2 avril, Zinédine Zidane a donc clairement conscience, d’autant qu’il a lui-même disputé nombre de clasicos en tant que joueur, que le match contre le Barça, au Camp Nou, est crucial.

Il débute pourtant de la pire des manières : le FC Barcelone donne un récital et Gerard Pique ouvre le score à la 56e minute. Mené, réduit à 10 après l’expulsion de Sergio Ramos, le Real ne va pas s’affoler. Zidane opte pour l’attaque. Benzema égalise d’un geste acrobatique, avant que Cristiano Ronaldo ne marque le deuxième but, sur une passe décisive de… Gareth Bale.

Le Real Madrid vient de renverser le Barça, qui était pourtant sur une série de 39 matchs sans défaite.  Un tournant dans une saison qui va voir les Madrilènes se rapprocher à un point de leur rival catalan, à une journée de la fin. Épilogue samedi 14 mai, au terme des 90 minutes du dernier match de la saison.
Jeudi 12 Mai 2016
Jeune Afrique




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