Waly, artiste musicien : Seck plein de provisions

Wally Seck accélère la cadence de son succès. Alors que d’autres occupent le devant de la scène puis disparaissent provisoirement pour préparer leur prochain album, lui ne semble jamais s’arrêter. Il est omniprésent dans la sphère «média». Allumez la radio : A n’importe quelle heure de la journée et faites le tour de la bande Fm, vous ne manquerez pas sa voix de jeune promis à un bel avenir. Impressionnant ? Oui ! Entre Bo Dioudo à Louné, beaucoup de sons ont coulé sous la… scène.


Waly, artiste musicien : Seck plein de provisions

Il faut s’exiler sur Mars pour le rater. Wally Seck inonde les ondes radiophoniques de sa voix suave et cristalline. Talentueux ? Sans doute. Succès précoce ? Evidem­ment. Mais, il y a l’atavisme qui explique ce triomphe naissant. Il a tout de son père. Le même débit lent, la même voix, les mêmes intonations. Ce jeune qui monte au hit ne doute de rien. Sans ciller, il affirme qu’il rêve de devenir le plus grand artiste du continent. Et il ne ménage pas ses forces. Et pour la première fois au Sénégal, un tel phénomène fait son entrée dans la scène musicale sénégalaise. Wally  Seck commence à se frayer un chemin sous l’aile tutélaire et protectrice de son père. A son arrivée dans la musique sénégalaise, le jeune homme a eu un peu de chance.  Wally a suivi les pas de son père Thione Ballago Seck. Sur le plan musical, il a le don d’avoir de précieuses cordes vocales qui lui donnent cette assise nationale. Si Wally cartonne, il le doit à cette voix, reconnaissable entre mille.

Des prestations scéniques impressionnantes
Bien sûr, l’artiste à la voix d’or,  peut être une vraie plaie sur scène. Le jeune homme est capricieux ou très peu ponctuel (près d’une demie heure de retard à son dernier concert au Grand théâtre), mais il assure. Costumes osés, décors spectaculaires, charisme indéniable et vraie performance vocale, l’infatigable chanteur n’a pas usurpé sa réputation de show man. Séduisant de par ses chansons, ses manières, ses faits et gestes, son accoutrement, Wally a les recettes miracles pour remplir ses soirées. Dans ce lot de fanas qui s’agglutinent devant Penc mi, il faut extraire ce public qui vient contempler son accoutrement extravagant. Cela lui donne une popularité toujours grandissante auprès des jeunes filles. Le mec est un maître des soirées dansantes.
Accentuant son exotisme Ngue­wel, Wally construit son destin autour d’une boucle de percussions nommée  le Ramm Dann. Les premiers singles de Wally sont détériorés par le sentiment qu’il n’est pas tout à fait à la hauteur de ses chansons. Et de son héritage. Il lui manquait la férocité et la présence torride d’un Pape Diouf  ou d’un Youssou Ndour. Mais, il n’avait pas l’air glacial d’un Abou Thioubalo. En 2008, les paroles de «bo Dioudo», son premier single,  décrivent l’humiliation et le rejet d’un père vis-à-vis de son fils. On découvre le gamin qui a dû convaincre son père qu’il doit sui­vre ses pas. A ses débuts, il n’était pas à la hauteur de la furie des paroles de certaines de ses chansons.  Sur les sites web, il avoue que sa musique lui fait perdre le contrôle. La chanson de «Begue­lene» est marquée par la présence d’une litanie de grognements sur ses courbes et le pilotage de son «bolide supersonique bien réglé». Sur le pont, il mâche son refrain : «Je vous aime et je vous adore mes fans». Alors que sa voix in­dique tout le contraire : Elle est faible et évanescente. Il est meilleur quand l’ambiance est plus calme.
A 29 ans, il trace son sillon sans anicroche. Son dernier album (Louné sorti en 2012) est un vrai opus du business musical. Il brise le modèle classique de distribution : Il a misé sur un partenariat d’un nouveau genre avec Reverbnation, un site de téléchargement. En un simple clic, le téléchargement entier de l’album ou des sons souhaités a été rendu possible grâce aux Tic 4 jours avant la sortie officielle. Le reboot ne s’arrête pas là. Dans la même veine, il a ébranlé le sacrosaint classement des ventes réalisées par un des mythiques magazines de la place. Dans un premier temps, il lui a refusé de comptabiliser ce million «d’albums vendus», d’après son entourage. Cela lui a privé ainsi de la récompense de «plusieurs privilèges». Disque dur ? Platine ? A son âge, il a encore du temps. Plein de Tics, il a l’avenir devant lui.

Look polémique
Les années 2010 ont fait des ravages… Entre 2011 et 2014, Wally s’essaye à de nouveaux styles pour retrouver sa propre identité. Durant cette période bien difficile, il passera du look de jeune préado aux tenues flashys. Enchaînant les «Fashion faux-pas», le jeune sénégalais semble alors perdu ou en pleine crise. Cheveux rasés et armé de son costume 3 pièces, il fait son tant attendu «Sexy Back». Imbu des théories du soft power, il contrôle jusqu’au moindre pixel son image. En pleine polémique, il reprend néanmoins ses marques et se sculpte un look chic et sexy malgré de nombreux échecs. Il le dévoile avec l’album «Louné» en faisant son apparition dans son clip en nœud papillon sur le clip. Wally joue la carte rétro et chante dans son clip avec un microphone vintage. C’est avec brio que le crooner enchaîne désormais les réussites sous les bonnes copies de Tom Ford.
Garçon sage à ses tout débuts, coiffée à la..., teint noir à l’iroquoise, puis au carré plus récemment, le phénomène Wally Seck fait tendance. Interpellé sur son port vestimentaire, il rétorque qu’«il est en avance sur le monde de la mode au Sénégal». Après un sondage récemment réalisé dans le monde de la musique, il était l’homme qui faisait le plus rêver les femmes. Il devient alors le garçon le plus convoité par les jeunes filles. Durant ses soirées, elles ne cessent de lui déclarer leur flamme. Cet aspect continue à lui donner une aura toujours grandissante.  
Par ailleurs, son sens des affaires explique ses succès. A 29 ans, il a réussi le pari de remplir le Grand théâtre national deux jours d’affilé. Et pour boucler la boucle, il remplit la salle du Zénith. Cela lui ouvre les portes de l’international. En prime, il décroche un contrat de production avec Jerry Wonder. Lui est un monstre sacré du show-biz. Il cornaque des stars mondiales  comme Jay Z, Beyonce Alicia Keys entre autres. Evidemment, il peut s’appuyer sur ses deux autres béquilles : Son propre groupe et son label de production. Dans le monde musical sénégalais où s’embrasse sur les scènes avant de «s’auto-poignarder» lors des sunlights, l’appui du Papa constitue presque… une panacée.  Car, il n’a jamais galéré. Jusqu’ici, le label de son père le produit et l’orchestre de Thione l’accompagne pour atteindre les étoiles. Il était presque prédestiné. Footeux ? Il a longtemps entretenu ce rêve. Alors que la musique lui était prédestinée. Bon… chant ne saurait mentir.

Pa Assane Seck, Dj Koloss et Guissé Pène dissèquent le phénomène

Ils montent sur scène pour disséquer ce phénomène qui remet en cause l’ordre musical sénégalais jusque-là préétabli. Fin connaisseur de la généalogie de la musique sénégalaise, Guissé Pène, secrétaire général de l’Association  musiciens du Sénégal (Ams), voit ce succès comme une évidence programmée. «Ayant grandi dans la sphère de la musique et malgré son aptitude au football qui l’a conduit en Europe, sa carrière musicale était toute tracée». Dithyrambique, il ajoute : «Disposant d’une voix pleine de chaleur et sachant chanter, juste un héritage de son père, il a une bonne présence scénique.»  Il lie son succès naissant à la destruction du tissu musical sénégalais où certains ténors n’arrivent pas encore à flamber. «Il doit son succès d’abord par le vide du paysage «mbalax» où on ne retrouve plus que Pape Diouf, Assane  Ndiaye, Viviane, Coum­ba Gawlo et à un degré moindre Titi. Il a su adapter son style à une génération qui ne pouvait se permettre les cabarets et qui représente la plus grande partie de la population les 15-25 ans. J’ai bon espoir qu’avec un père qui s’appelle Thione Seck qui est connu pour son professionnalisme et sa rigueur il a une bonne carrière devant lui», dit-il. «Je pense que Wally aura beaucoup d’avenir dans la musique s’il n’est pas victime des vicissitudes et des pièges qui rodent autour du succès ou de la célébrité», prévient-il.
Il sait que les succès et les acquis dans le monde de  la musique sont précaires. Dj Koloss, animateur à la Rfm, relativise cette montée en puissance.  «Son succès ne durera pas longtemps», assène-t-il. Sans ciller. «Wally, à  la base s’y connaît en musique. Je veux que tout le monde l’admette, il s’y connaît en sur-mesure et sait où il doit positionner sa voix dans tous les rythmes musicaux. Et Wally s’est approché de la jeunesse sénégalaise avant même d’avoir un tel succès. Il partait voir les jeunes danseurs du Rnb pour leur offrir des tickets afin qu’ils puissent assister à ses spectacles», rappelle Koloss. «A la fin de ses spectacles il prenait le soin de discuter avec chacun de ses fans. Partant de ses considérations, il a su gagner l’attention des jeunes de toute sa génération. Chose qui a d’ailleurs commencé à impressionner la presse qui ne voyait pas ça chez Pape Diouf ni chez les autres chanteurs», ajoute-t-il. «Wally sait danser par rapport à son père, les jeunes ont tendance à adorer tout ce qui bouge, tout cela fait partie des raisons de son succès aussi précoce. Malgré tous ces aspects importants, je doute fort que son succès dure longtemps. Parce qu’on a vu des succès artistiques qui n’ont finalement pas abouti à grand-chose. Prenons l’exemple de Abou Thiouballo, Amy Collé entre autres. Je peux même parier qu’après le ramadan, il peut ne plus avoir le succès qu’il a actuellement. Le succès d’un artiste peut être très éphémère», alerte Koloss.

Dj Koloss : «Son succès ne durera pas…»
Pa Assane Seck, journaliste culturel, lie ce phénomène à la volonté divine. «La destinée est fatalement réglée d’avance. Dieu lui a donné quelque chose de très particulier. C’est pourquoi il a un succès pas comme les autres. J’ai eu à le coacher : Il  a un très bon cœur et que tout cela peut être le résultat de sa bonté et de ses gestes. Sans compter l’appui de son père et de sa mère qui lui ont tracé le chemin. En ce qui concerne son look, il s’habille comme les jeunes de son temps. Je ne juge pas qu’il soit efféminé. Je peux en déduire  qu’il ira loin car il a déjà tout pour réussir dans la musique et dans la vie en général», prêche le journaliste people. En tout cas, depuis son premier tube «Bo dioudo», il est devenu un artiste incontournable sur la scène musicale. Cette ascension est tout simplement irrésistible.

Le Quotidien

Samedi 21 Juin 2014
Dakaractu




1.Posté par astou diop le 23/06/2014 14:37
Waly day dem,dara duko téyé inchala!Kolos yaw mom,gneup yaag naggno xamni danga soxor,motaxit di nga yag ci gnulay zappé!Waly YAAAAA TAAAY §



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