Wade, le grand absent du sommet de l’Union Africaine


Wade, le grand absent du sommet de l’Union Africaine
DAKARACTU.COM  Le panafricain convaincu qu’il est était toujours présent aux réunions continentales avec ses pairs et à d’autres rendez-vous au niveau international. Actuellement se tient à Addis-Abeba (Ethiopie) le 18ème sommet de l’UA sans Wade. Le président est plutôt préoccupé par la validation de sa candidature et sa réélection. Le président Yayi Boni du Bénin a été élu à la tête de l'UA en remplacement du président équatoguinéen Teodoro Obiang Nguema. La journée d’hier a été consacrée à l’élection du président de la commission de l’Union. Le Gabonais Jean Ping était candidat à sa propre succession et avait en face de lui une seule candidate, la Sud- africaine Nkosazana Dlamini Zuma, ex-épouse du président Jacob Zuma, et ancien ministre des Affaires étrangères de son pays.
Lundi 30 Janvier 2012




1.Posté par giguis le 30/01/2012 13:24
Sénégal : les manifestations, Youssou'n Dour et la fausse route des médias français

Modifié le 30-01-2012 à 11h08

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LE PLUS. Les médias français ont une lecture erronée des évènements sénégalais : beaucoup font leur une sur Youssou Ndour, explique Dom B, qui vit au Sénégal. Pour les Sénégalais, "You" n'est qu'un candidat comme un autre. S'ils manifestent, c'est contre la candidature de Wade, rien d'autre.

Dom B.
> Par Dom B. Chroniqueuse

Edité par Gaëlle-Marie Zimmermann Auteur parrainé par Aude Baron

Depuis vendredi, le Sénégal connaît à nouveau des tensions et voit revenir les manifestations et les émeutes, comme au soir du 23 juin qui a vu la naissance du mouvement eponyme, le M23.



Photo Dom B. Forces de police présentes au lendemain des émeutes, place de l'Obélisque

Forces de police présentes au lendemain des émeutes, place de l'Obélisque (photo Dom B.)



Vendredi soir, la publication de la liste des candidatures validées par le Conseil Constitutionnel a déclenché des manifestations extrêmement violentes, aussi bien dans les rues de la capitale du Sénégal, que dans d'autres villes du pays.



Commerces chinois brûlés lors des émeutes de vendredi soir, les badauds contemplent les dégâts (photo Dom B.)



C'est la validation de la candidature de Abdoulaye Wade, 86 ans, pour un troisième mandat présidentiel (alors que la Constitution n'en admet que deux) qui a mis le feu aux poudres.



Abdoulaye Wade, élu une première fois en 2000 et donc au pouvoir depuis déjà 12 ans est plus que décrié. Son népotisme à l'égard de son fils suscite beaucoup de critiques, et qui lui-même semble souvent sourd autant que paternaliste à l'encontre des plaintes de la rue.



Wade attise le feu et souffle sur les braises


Allant parfois jusque la provocation, comme de se déclarer prêt à se porter candidat encore en 2019, ou bien en qualifiant de "manifestations d'humeur" les émeutes qu'ont connues plusieurs villes ces dernières nuits.



Sa condescendance et son mépris de la rue ne risquent pas de calmer la situation, encore moins les arrestations ou agressions dont semblent être victimes certains membres de l'opposition ou journalistes, bien au contraire.



Pire, non content d'attiser le feu sous la braise qui couve depuis des mois en narguant l'opposition sur l'air du "il est normal que ma candidature soit validée, vu que la constitution, c'est moi seul qui l'ait écrite", les propos de certains de ses proches sont totalement irresponsables.



Comme ceux de son porte-parole, Serigne Mbacké Ndiaye, qui n'hésite pas à qualifier l'opposition de "mauvais perdants" incitant ceux qui ont la nausée à vomir, tout en menaçant sans détour l'opposition d'annulations de candidatures pour irrégularités avec le fisc.



"Ce ne sont pas 300 manifestants voire mille, deux mille qui nous effraient : le peuple sénégalais est satisfait de cette décision"



P28/01/2012 - Dakar centre. Un homme nettoie les traces des manifestations de la veille (photo Dom B.)



Si les choses sont revenues au calme, les forces de l'ordre sont toujours présentes dans les rues de la capitale, et les différends sont donc bien loin d'être réglés.



La situation est toujours aussi explosive, l'opposition préparant d'autres réactions à venir dans les prochains jours en appelant à la résistance du peuple souverain contre qu'ils nomment "une forfaiture", tout en dénonçant la corruption des membres du Conseil Constitutionnel, en millions, et en voitures par le pouvoir en place.



Silence dans les rangs !


De même, l'opposition dénonce le silence coupable des pays occidentaux, les USA ont déjà demandé à ce que le peuple sénégalais respecte la décision constitutionnelle, tandis que l'UE se contente d'un conseil prudent: ceux qui ne sont pas contents n'ont qu'à déposer des recours.



La France, quant à elle, demande de la retenue au gouvernement sénégalais et de l'impartialité au Conseil constitutionnel dans l'étude de ces mêmes recours.



Et personne de s'étonner qu'un Président puisse tripatouiller une Constitution à son seul avantage, arguant au besoin d'arguments surréalistes. On aurait espéré, il est vrai, un peu plus de critiques de la part de ceux qui se prétendent modèles de la démocratie et du respect des droits de l'homme.



Aujourd'hui, certains membres de l'opposition semblent s'orienter vers un boycott, tandis que d'autres rappellent que la carte d'électeur est une arme bien plus efficace, et qu'au pire, ce sera par les urnes que le peuple sénégalais fera sortir l'auteur d'un SOPI qui n'est jamais venu.



Youssou Ndour en star, et les autres. Quels autres ?


Or, les médias français ont une couverture de ces évènements qui peut paraître, vu du Sénégal, quelque peu surprenante au mieux, erronée au pire.



Beaucoup d'entre eux donnent la part belle au célèbre chanteur sénégalais, Youssou Ndour, dont la candidature à la présidentielle, après avoir été médiatiquement mise en avant dans la presse occidentale, s'est vue rejetée par le Conseil constitutionnel vendredi et fait l'objet actuellement d'un recours, tout comme des recours ont été déposés contre la candidature de Wade.



Le rejet de la candidature de Youssou Ndour, comme celui de quelques autres, l'a été en raison d'un manque de signatures validées, alors même que 10 000 étaient exigées, qu'il en a produit plus de 12 936 et que le Conseil n'aurait pu en contrôler que 8911. Oui, plus c'est gros, moins ça passe.



A contrario, peu d'informations dans ces mêmes médias sur les vraies raisons des manifestations sénégalaises, d'un côté "des leaders" du M23, sans donner plus de détails de l'autre, le célèbre et populaire Youssou Ndour.



Aujourd'hui, tout juste sait-on en France, qu'un "leader" du M23 a été arrêté. Qui ? Quoi ? C'est une autre histoire. Tout juste apprend-on son nom sans qu'il soit fait mention, par exemple, du fait qu'il s'agit du patron de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho), un détail. Alioune Tine est notamment le coordonnateur du M23.



La visibilité offerte à Youssou Ndour pourrait donner à penser qu'il est le plus important des leaders de ce mouvement M23, voire le seul, alors qu'il n'en est rien.



Youssou Ndour, homme d'affaire avisé, souvent décrié, célèbre griot, n'est pas le leader de l'opposition dans l'opinion publique. Certes, très populaire, mais il n'est pas le favori du peuple sénégalais, et à ce titre, peu susceptible d'être élu, même si les médias occidentaux voient en lui un bon client, médiatique, télégénique, et donc facile à vendre...



C'est surtout sur ce point que les médias occidentaux semblent faire fausse route. Beaucoup, en mettant ainsi en avant le chanteur, laissent croire que c'est l'invalidation de sa candidature à la présidentielle qui a provoqué toutes ces manifestations toutes ces émeutes.



Et n multipliant leurs Unes sur le seul sujet de Youssou Ndour, et en faisant la star unique de ces élections, ils lui donnent une importance qu'il n'a pas en réalité.



Le Sénégal possède une longue histoire démocratique, dans le respect de sa loi



Les Sénégalais ne sont pas dans la rue pour Youssou Ndour, mais contre Abdoulaye Wade, la validation éventuelle de la candidature du chanteur n'y aurait rien changé, ils auraient manifesté pareillement.



C'est pour le respect de leur Constitution qu'ils sont dans la rue, pour garantir le respect d'une démocratie qui fait partie depuis 1848 de l'histoire du Sénégal, date des premières élections législatives, qu'ils manifestent.



Le Sénégal est un des rares pays qui a toujours connu l'alternance démocratique et une liberté d'opinion et de presse à nul autre en Afrique, égale.


De même que la comparaison avec la Côte d'Ivoire n'a pas lieu d'être, au Sénégal, pas de tensions religieuses, pas de tensions ethniques, mais au contraire une vraie culture de la démocratie qui ne s'est toujours exprimée que par la voie des urnes.



Aujourd'hui, le M23 et ses sympathisants appellent à l'occupation des rues, à la résistance, et réclament l'invalidation de la candidature du Président sortant, et non pas la validation de celle de l'auteur de "Birima" et de tant d'autres belles chansons



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