Vidéo : un policier guinéen filmé en flagrant délit de pots-de-vin

Début septembre, un motard transportant deux passagères a été interpellé par un policier à Labé, une ville située dans le centre de la Guinée. Son tort : il était accusé d'être en "surcharge". Cela aurait dû lui valoir une amende au regard de la loi. Sauf que l'agent de police a fermé les yeux sur l'infraction contre... un petit billet. La scène a été filmée, diffusée sur les réseaux sociaux et elle indigne notre Observateur.


Cette scène s’est déroulée dans le centre-ville de Labé, une ville d'un peu plus de 100 000 habitants, chef-lieu de la préfecture du même nom.

Le 1er septembre, les autorités locales ont décidé de durcir l’application de la loi concernant la sécurité routière, en ciblant notamment les véhicules surchargés. Un véhicule est désormais considéré comme surchargé "lorsqu’un motard transporte plus d’un passager ou lorsqu’un chauffeur de taxi transporte plus d’une personne à l’avant de sa voiture par exemple", précise Abdoul Tidiane Sanoh, le commissaire spécial pour la sécurité routière à Labé, contacté par France 24. "Ceux qui commettent une infraction reçoivent alors une contravention et leur véhicule est envoyé à la fourrière. Puis ils doivent se présenter au Trésor public pour payer une amende de 80 000 francs guinéens [soit 9,75 euros, NDLR]", ajoute-t-il.

La décision de durcir l’application de la loi avait été prise à la suite d’un grave accident sur la route Labé-Koudara, le 13 août 2016, qui avait fait dix morts et plusieurs blessés graves. Selon les premiers résultats de l’enquête, cet accident avait été causé par la surcharge d’un camion.

Mais la police de Labé n'applique visiblement pas les nouvelles mesures avec la plus stricte fermeté.

"En cas d’infraction, l’amende ne doit pas être payée sur place mais au Trésor public"

 
Le policier a appréhendé un motard qui roulait avec deux passagères. Il leur a alors réclamé 100 000 francs [12 euros], pour les laisser repartir. Ce n’est pas normal, puisqu’en cas d’infraction, l’amende ne doit pas être payée sur place mais au Trésor public.

Visiblement, les passagères ne savaient pas qu’elles étaient en infraction. L’une d’elles a donc tenté de négocier avec le policier, en lui proposant de lui verser 50 000 francs [6 euros] seulement. Puis un homme, qui faisait partie du syndicat des taxi-motos et qui se trouvait à côté, a lui aussi commencé à négocier, en disant au policier d’accepter 30 000 francs [3,70 euros].

C’est à ce moment-là que la vidéo, prise par l’un de nos Observateurs, démarre 
Mardi 20 Septembre 2016
Dakaractu



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