VIDÉO : DAARA 2, UNE SOLUTION SALUTAIRE A LA MENDICITÉ INITIÉE PAR KAJOOR JANXEEN ET CHILD FUND A MÉKHÉ VILLAGE

En présence des services techniques, du maire de Mékhé, de toutes les personnes ressources de la Daara2, Mr Alioune SArr, Manager de la Fédération Cadior Jankhène a fait une évaluation exhaustive des trois années d'activités, en collaboration avec le partenaire extérieur Child Fund. Dans son introduction, il définira les enjeux autour desquels se pose aujourd'hui la problématique de l'articulation des daaras dans le système éducatif national: il s'agit tout d'abord de faire preuve d'audace dans la recherche de nouvelles méthodes d'accompagnement des taalibés-daaras, ensuite mettre un dispositif performant de pérennisation pour relayer le partenaire extérieur qui ne sera pas là jusqu'à l'arrivée, enfin définir un contenu clair et cohérent dans la formation des taalibés pour en faire des citoyens "Calos Kagatos"(bien formé intellectuellement et moralement).


Ce dont il s'agit aujourd'hui pour la Fédération et son partenaire child fund, c'est la révolution ou du moins la réforme profonde de l'école.Dans cette nouvelle vision de la modernité dédiée à notre système éducatif, l'école doit être un espace de formation du citoyen accompli: éduqué,enraciné dans ses valeurs nationales,compétent et respectueux de l'environnement et de la communauté dans laquelle il vit. CHANGER  L' ECOLE  est le noyau du programme de Cadior Jankhène à l'égard des 720 Associations qui composent la Fédération avec 16850 daaras.

De l'avis de Mr Cheikhou Touré, expert en qualité de l'éducation et Consultant de Cadior Jankhène, la daara, introduite au Sénégal dès le 11ème siècle par War Diaby Ndiaye, a connu une expansion rapide en dépit des restrictions administratives trés contraignantes. Pour répondre à la question: "quel type de daara au Sénégal?", l'Etat du Sénégal en partenariat avec l'UNICEF a opéré une étude expérimentale avec 80 daaras. Cette étude a tracé une nouvelle approche programmatrice qui combine l'introduction de trois langues( Anglais, Français et nationale) avec la formation professionnelle et  la maîtrise positive de l'outil informatique. Cette méthode alternative trés ambitieuse a été traduite sur le terrain par Kajoor Janxen. La fédération à travers  l'expérience de la Daara 2 de Mékhé, a installé la réponse idoine à la question récurrente du projet de vie pour un talibé sorti d'une daara.Dans cette nouvelle expérience, un  paquet d'activités a été réalisé par la fédération managée par Alioune Sarr: l'éducation, la santé des talibés et la formation dans trois langues. Un programme sanitaire bien articulé pour circonscrire les effets de la malnutrition des talibés, à coté d'un collectif de Ndeyous Daaras pour constituer un relais national qui met un terme à l'accompagnement extérieur. Toujours dans le volet formation, une ferme agricole et un cheptel sont constitués pour assurer la sécurité alimentaire de la structure et dégager un surplus commercialisable avec l'assistance permanente des Ndeyous Daaras et des Comités de gestion bien outillés.

Aujourd'hui cette daara est en voie d'être sélectionnée par la Banque mondiale pour servir de paradigme à la mise en cohérence entre l'école et la vie tout court. Il faut aussi noter que l'installation de panneaux solaires répond à ce besoin d'autonomie énergétique et de cohérence entre l' éducation et l'environnement

Mr Sarr ne terminera pas son exposé sans dénoncer "l'irresponsabilité" de certains parents qui se défaussent sur des Serignous daaras sans moyens, pour doter leurs enfants de savoir utile. Avant de taper sur les pots et la main tendue des talibés, sur l'archaïsme des daaras, il faudrait mieux regarder du côté de ces espaces qui sont dans le dénuement total et qui n'en constituent pas moins le socle sur lequel se reconstruira l'école sénégalaise.

THIESINFO
Dimanche 13 Mars 2016
Dakaractu




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