Une nouvelle approche au financement de l'enseignement supérieur au Sénégal


Une nouvelle approche au financement de l'enseignement supérieur au Sénégal
L'éducation supérieure au Sénégal connait depuis toujours une crise aigüe du fait de beaucoup de facteurs, comme le manque de moyens pédagogiques, la faiblesse des émoluments des professeurs, le manque d'amphithéâtres et de salles de classes pour les étudiants, le ratio anormal professeurs/étudiants, la non-orientation des nouveaux bacheliers etc... Tous ces facteurs ont un point commun: l'insuffisance du financement de l'éducation supérieure au Sénégal. Il y'a aujourd'hui quelque 111,749 étudiants dans le supérieur, 90,587 sont dans le public, contre 21,162 dans le prive (situation économique et sociale du Sénégal 2011. L’Université Cheikh Anta Diop à elle seule concentre un effectif de 72,962 étudiants.
Privatiser le mode de financement de l’éducation supérieure permettra de résoudre la problématique du financement de l'éducation supérieure au Sénégal, et en même temps, régler définitivement les problèmes liés à la qualité et l'accessibilité de l'enseignement supérieur pour tout détenteur du baccalauréat.

Cette privatisation sera conçue de manière à atteindre plusieurs objectifs, parmi lesquels:

1) rendre les étudiants plus responsable du choix de leur domaines d'études
2) permettre aux structures d'enseignement d'avoir une autonomie financière suffisante.

La réalisation de ces deux objectifs précités, déclenchera une prolifération sans précédent de vastes capitaux, d'innovation, et de technologies qui seront à la base d'un essor véritable de l'éducation supérieure de qualité au Sénégal.

Modalité de la Privatisation et Comment La Réussir

La privatisation revêt au Sénégal une connotation péjorative du fait des nombreuses expériences traumatisantes vécues par les Sénégalais dans d'autres domaines. Cependant, toute privatisation n’est pas mauvaise en soi. Actuellement, l'enseignement public supérieur au Sénégal est entièrement financé par l’État, qui y consacre 37 milliards de francs CFA par an (selon la loi des finances 2011). Ce montant, bien qu'important est aussi carrément insuffisant comme le démontre l'existence de bacheliers non orientes, de grèves multiformes des étudiants et professeurs, tous réclamant une amélioration des conditions de travail.
Einstein disait que " la définition de la démence: c'est de répéter les même actions, encore et encore, et d'une manière s'attendre à des résultats différents." Le problème de l’enseignement supérieur au Sénégal c’est de n’avoir jamais songé à essayer des solutions différentes de tout ce qu’on a eu à faire depuis les indépendances.
Il n’existe que deux solutions, soit financer entièrement les besoins de l'éducation supérieure par le budget de l’État, en faisant fi d'autres secteurs sociaux; soit trouver un financement alternatif qui résoudra pour de bon la problématique des moyens. Le second choix semble être le plus judicieux, et nous pensons qu'il devrait être axes sur les points suivants:


1. Garantir un prêt éducationnel à chaque étudiant désireux de poursuivre ses études: ce prêt sera contracté au niveau des banques de la place, et peut varier jusqu'à un maximum annuel défini par l’État. Ce prêt devra être non-discriminatoire et accessible à tout étudiant inscrit dans une structure agréée d'éducation supérieure, publique ou privée. Pour ce faire, l’État devra garantir ces prêts au niveau des banques, et de ce fait substituer sa crédibilité à celle des étudiants. Cela permettra aux étudiants de bénéficier de prêts au même taux d'intérêt que l’État du Sénégal. En outre, ces prêts seront remboursable en une durée assez longue, de manière à garantir leur remboursements par les étudiants une fois leur formation terminée. Ce point nous semble particulièrement important et nous allons illustrer par des données:
Supposons que l’État du Sénégal, par son pouvoir régalien, demande aux banques établies au Sénégal de financer jusqu'à hauteur de 2 millions 500 milles CFA par an tout détenteur de bac, ou tout étudiant inscrit dans une structure d'éducation supérieure (publique ou privée). L’État s'engage à garantir le remboursement du prêt en cas de défaut de paiement, substituant du coup sa crédibilité a celle de l’étudiant. Pour une formation Master ce sera pour 5 ans, donc un total de 12,5 millions par étudiant, à la fin de leur cursus. Ce prêt sera remboursable en 25 ans, avec une période de grâce de 1 an après la fin des études. Cette durée de remboursement assurera des paiements mensuels abordables de moins de 86,000 CFA.

2. Responsabiliser l'étudiant en lui permettant de choisir une structure agréée d'éducation supérieure qui va recevoir ses frais de scolarité. L'objectif ici est de permettre à l'étudiant de s'orienter vers une structure et un programme de son choix, et non d'attendre d'être orienté vers une formation, qu'il n'aurait pas choisi lui-même. Une fois son choix fait, les frais de scolarité pour cette structure et ce programme seront directement versés par la banque à la structure. Pour illustrer encore à partir de l'exemple précédent, supposons que l'étudiant choisisse de faire la médecine à l'UCAD et qu'il soit accepté et inscrit dans le programme, supposons aussi que les frais de scolarité à la faculté de médecine sont 1,5 millions. La banque va verser directement à la faculté les 1,5 millions une fois l'inscription est confirmée.

3. Le caractère social de l’enseignement supérieur sera aussi important. Le logement et la restauration des étudiants seront laissés à leur propre appréciation. Par exemple, la gestion du campus de l’UCAD ne devra plus être l’affaire du gouvernement, mais de l’UCAD. En ce sens, le COUD devra disparaitre et ne sera plus financé par l’Etat, mais plutôt par l’UCAD. De la même façon, une autre structure privée d’enseignement supérieur pourra sponsoriser un autre campus social pour ses étudiants. Les étudiants devront avec le reliquat de l’emprunt, soit avec 1 million de francs CFA, gérer leur propre logement et restauration pendant leur séjour universitaire annuel.



Un cahier de charge extrêmement rigoureux sera signé avec les diffèrent campus sociaux. Ce cahier de charge devra inclure des standards en matière de logement, de restauration etc… qui seront à même de permettre un épanouissement académique et social des étudiants inscrits dans les différentes universités.
4. La création d’une structure autonome de surveillance, d’accréditation, et de mesure pour accompagner les universités publiques ou privées dans leur mission de formation. Le rôle de cette structure sera de s’assurer que les formations offertes dans les structures agréées correspondent à certaines normes académiques (minimum nombre d’heures de cours par exemple, de sujets académiques à dispenser pour un tel diplôme etc…) de manière à ne pas favoriser l’émergence d’usine a diplômes. Un autre rôle tout aussi important pour cette structure sera d’accompagner les structures d’éducation supérieure au Sénégal dans leur processus d’accréditation de manière à faire accréditer le plus grand nombre. Il y a présentement quelques 113 structures d'éducation supérieures privées et 10 autres structures publiques y compris l'UCAD (ANDS Situation Économique et Sociale 2010). Le rôle de la structure de surveillance sera d'accompagner toutes ces structures dans la dynamique de la reforme proposée.
Cette structure sera autofinancée par des prélèvements automatiques qui seront effectués sur les droits d’inscriptions payés par les étudiants à chaque institution d’éducation supérieure. Ce prélèvement permettra à cette structure de disposer d’un financement suffisant de manière à remplir sa mission de manière satisfaisante. Nous pensons que pour une gestion transparente et efficiente de cette structure, son instance dirigeante devra être une commission composée de 9 membres répartis comme suit : 3 membres issus des institutions d’éducation supérieure, 2 membres issus du secteur privé, 1 membre de l’Etat, 2 membres représentant des étudiants and 1 membre de la société civile.

Cette commission engagera un personnel qui se chargera de faire le travail nécessaire pour bien remplir la mission de la structure. En reprenant l’exemple précèdent, un taux de prélèvement de 5% des frais de scolarité devra ramener 75,000 francs CFA par étudiant. Si l’on ramène ce chiffre au nombre d’étudiants actuellement au Sénégal dans le supérieur, l’autofinancement de cette structure serait à hauteur de 8 milliards par an, entièrement payés par les universités publiques et autres institutions d’enseignement supérieur privées.

Externalités Positives de la Privatisation
La solution proposée est radicale dans le mesure où elle change complètement la donne dans la gestion de l ‘éducation supérieure au Sénégal. Une compétition intense au niveau des programmes d’études devra s’ensuivre et assurer un plus grand choix aux étudiants. Cette compétition sera rendue saine par l’existence d’une structure autonome de surveillance et de normalisation.



En outre, le changement du financement de l’éducation supérieure permettra aux universités publiques et privées d’avoir un financement assez large de manière à leur permettre de résoudre les problèmes liés au manque de moyens:

1. Reprenons l’exemple précèdent concernant l’UCAD : Des frais de scolarité de 1.5 millions CFA rapportes au nombre d’inscrits actuellement vont générer un total de 109.4 milliards par an. Comparons ce montant au montant annuel du budget de l’Etat consacré à l’éducation supérieure au Sénégal : 37 milliards reçus en 2011 de l’Etat par le l’UCAD et le COUD. Cette manne financière pourra permettre facilement de créer assez d'amphithéâtres, de salles de classe, embaucher assez de professeurs de qualités, de manière à réduire le ratio professeurs/étudiants.
De la même manière que les plus grandes universités du monde bénéficient de l'apport de professeurs de renommée internationale, les universités publiques comme privées pourront, avec les nouveaux moyens financiers additionnels, s'octroyer les services d'éminents professeurs de Harvard, Oxford, etc...

2. Une autre externalité directe de cette privatisation sera l'émergence d'une véritable économie autour de l'éducation supérieure: le transport, le logement, l'informatique, la restauration, la consultance etc..., seront ouvert à l'investissement privé tout autour des différents campus universitaires. Aussi bien on devra s'attendre à la génération de milliers d'emplois dans tous les secteurs affilies a l'éducation supérieure. Par exemple, les banques de la place qui devront servir les prêts éducationnels aux étudiants vont créer des départements entiers qui devront servir cette nouvelle marche, le secteur immobilier ne sera pas en reste du fait de l’effet d’entrainement du fait de la création de nouveaux campus sociaux.

3. L’amélioration de la qualité de l'enseignement supérieur et des conditions de travail des étudiants / professeurs, sera autre conséquence bénéfique de la privatisation. En effet, les étudiants auront le choix sur la filière et la formation qui les intéresse, et souvent, c'est des formations en phase avec le marché du travail. La compétition entre les structures d'éducation supérieure devra permettre l'élimination des formations non valorisées sur le marché du travail, et aligner les besoins du marché aux formations offertes. Par exemple, on sait qu'au niveau de l'UCAD La majorité des étudiants sont orientes vers des formations littéraires comme "lettre moderne", "géographie", etc... En fait le nombre d'orientés dans ces filières fait 5 ou 6 fois celui des autres orientés dans d'autre formations au potentiel d'insertion plus élevé comme les sciences, l'économie ou même le droit. La reforme que nous proposons va indubitablement pousser les établissements d'enseignement supérieur y compris l'UCAD à proposer des formations que les étudiants, le secteur privé, et l'économie sénégalaise demandent, des formations au potentiel d'insertion professionnelle prouvé.

Better Governance for Africa- Columbus- Ohio

Jeudi 11 Avril 2013
Dakaractu




1.Posté par AG le 11/04/2013 03:47
Merci a l'equipe de Dakar Actu d'avoir bien voulu publier cet article. Dans le but d'enrichir le debat, Je vais m'efforcer de respondre a chaque commentaire relative a l'article.

2.Posté par maguette seye le 11/04/2013 03:56
tres bonne contribution, voila des idees qui vont aider a developper le senegal............si tous les intelectuels du pays faisaient comme ces monsieurs, le senegal serait developpe depuis.

3.Posté par maguette seye le 11/04/2013 03:59
c est la plus interessante contribution que j ai jamais lu sur les propositions d'idees de developpement. Merite l'attention du premier ministre.

4.Posté par Le Parménide le 11/04/2013 09:23
Le Parménide a appliqué un logiciel anti-plagiat à ce texte. Le taux d'emprunt à des sources non indiquées aux lecteurs atteint un pourcentage qui fait douter de l'originalité des idées soulevées dans l'article. Il n'y a vraiment pas de quoi s'en glorifier.

5.Posté par Le Parménide le 11/04/2013 09:25
Le Parménide a appliqué un logiciel anti-plagiat à ce texte. Le taux d'emprunt à des sources non indiquées aux lecteurs atteint un pourcentage qui fait douter de l'originalité des idées soulevées dans l'article. Il faut quand même du sérieux pour faire avancer le débat sur la place publique.

6.Posté par Pape le 11/04/2013 13:16
Merci Messieurs!
Votre contribution est superbe! Tout ce dont ce pays a besoin, c'est que les choses bougent dans le bon sens. Et ça ne saurait se faire sans que le système éducatif soit revu comme vous le suggérez. Les politiques, le gouvernement y gagnerait de la stabilité et des économies. Les banques doivent être réceptives et accepter de jouer le jeu car, une telle réforme ne peut se faire qu'avec leur concours.
Par ailleurs, pour qu'une telle réforme puisse avoir tout son sens, il faudrait que les entreprises acceptent de recruter véritablement. De l'ordre doit être mis dans le secteur notamment par les inspecteurs du travail. Il y a en effet beaucoup de chefs d'entreprises véreux au niveau des PME-PMI qui exploitent les chercheurs d'emploi. Ils ne leur offrent que des stages et Cdd renouvelés de façon à éviter les CDI.
L'Etat devra également promouvoir la politique de création d'emplois. Il pourra toujours demander aux banques de participer aux financements de ces projets en se constituant garant. Un service de professionnels (de tous les domaines) pourra accompagner et superviser les projets que lanceront les sortant de ce système réformé.

7.Posté par AG le 11/04/2013 15:41
Mr. le Parmenide ce logiciel anti-plagiat n'aurait il pas vu que ce texte a deja ete publie dans notre blog? Est ce la raison pour laquelle vous nous traitez de plagieurs? Cette contribution a ete l'oeuvre unique de Senegalais vivant aux USA. Nous ne nous glorifions pas, mais nous pensons apporter notre expertise au development du pays. Vous pouvez visiter notre blog ou ce texte a ete publie depuis belle lurette: http://bettergovernanceforafrica.blogspot.com/

8.Posté par Diine le 11/04/2013 20:44
Je crois que Parmenide fait parti des gens qui pensent a contre courant du progres.

9.Posté par DC le 12/04/2013 05:10
tres pertinent et bien ecrit. Vous etes alles direct au but et avez propose des solutions qui meritent reflexion. Voila le senegal qui avance avec des idees nouvelles. Chapeau!

10.Posté par Saafandou le 12/04/2013 23:59
Il y 'a trop de questions qu'on pourrait se poser sur ces propositions" 1) Comment l'etudiant va-t-il payer a la fin de sa formation s'il n'obtient de boulot? On a dit dans l'article "une annee de grace" 2) Quelle solution apporter pour les etudiants qui partiront travailler a l'exterieur a la fin de leur formation? L'etat aura-t-il les possibilites de les suivre partout ou ils seront pour qu'ils payent leurs dettes? 3) Qu'est ce qu'on fera des enseignants, filieres, facultes qui n'auraient pas un nombre suffisant d'etudiants pouvant rentabiliser le fonctionnement? Y'aura t-il un redeploiement des enseignants dont les filieres seront "abandonnes" par les etudiants qui choisissent desormais ce qu'ils voudront faire? 4) Quel sera le role de l'entreprise? A mon avis elle est absente des "propisitions" de l'article or c'est elle qui cree l'emploi!!! 5) Et les etrangers qui viendront etudier au Senegal, pourront ils beneficier des pretes des banques senegalaise ou seront ils pris en charge par leurs pays respectifs? 6) est ce que le dispositif sera etendu aux etudiants des ecoles de formation (ESP, EPT, IST, Veto, Ex ENSA ...) ou sera t-il reserve uniquement aux etudiants des facultes classiques et UFR? 7) Ne serait-il pas mieux que chaque universite ait son propre equivalent de COUD pour une autonomie totale? 8) Quelle sera la participation financiere et l'implication du secteur prive dans la "structure" qui devrait assurer le dispositif? 9) Ce secteur prive, aura-t-il son mot a dire sur les filieres enseignees, leur contenu, les evaluations des etudiants?

J'aimerais avoir quelques eclaircissements sur ces questions!

11.Posté par AG le 13/04/2013 20:22
Saafandou,

Merci pour de votre participation. Les questions que vous posez sont assez pertinentes et je me réjouis de votre le niveau du débat élevé que vous apportez. Je vais m'efforcer de répondre a quelque de vos questions.
Tout d'abord, bien que nous pensons que la contribution est bien détaillée, elle n'avait pas pour objectif de répondre a toutes les specificites qui seront requises après l’éventuelle adoption de la reforme. L'objectif était de jeter les bases d'une discussion basée sur l'autofinancement des institutions d’éducation supérieure au Senegal et a la résolution de la problématique de moyens financiers dont font face nos structures publiques et privees.

1) La première question relève d'un problème de débouché après les études. Je conviens avec vous que l’étudiant après son cycle de formation peut se retrouver avec une difficulté de trouver un boulot. Cependant, cette reforme ne sera pas ex-nihilo, i.e nous sommes entrain de travailler sur les réflexions visant a régler ce problème de l'emploi des senegalais en général. Je pense que Pape (plus haut dans les commentaires) a souligne un élément important qui consiste a utiliser le même procédé de "leverage" par le gouvernement pour imposer une plus grande participation des banques au Senegal pour le financement des projets de des entreprises du secteur prive. Par exemple, en utilisant le même procédé, l'Etat peut demander au banques de financer tout porteur de projet, en contrepartie de la garantie de l'Etat. Tout comme dans cette contribution, cela garantira la constitution d'un capital et d'un fonds de roulement adéquat pour tout détenteur de projet bancable et dont la faisabilité est avérée. Nous allons revenir plus en détail sur les modalités de réussite d'une telle approche dans une contribution.

2) Cette deuxième question je pense mérite un réflexion plus poussée. Cependant, je pense que l'Etat dispose de moyens de coercition lui permettant de recouvrer le montant qui lui est du. Il faudrait peut être passer une loi dans ce sens, mais une des premières reflexions serait de passer des conventions bilatérales fiscales avec la majorité des pays d'immigration de senegalais (France, Etats Unis, etc...) de manière a exiger une retenue par les autorités fiscales de ces pays d'un montant annuel correspondant au paiement de cette dette. Une autre solution serait aussi de par l'informatisation identifier le étudiants délinquants qui voudraient acheter des biens au Senegal (maison, terrains, etc...) de sorte a retenir a la source les montant non-payes

3) La compétition entre structures réglera le problème de l'efficience dans le secteur de l’éducation supérieure. Qu'en sera-t-il des enseignants et autre structures qui ne seront plus a la hauteur? Je pense qu'il faudra laisser la nature jouer son rôle. Un enseignant dont la spécialite n'est plus demandée devra se recycler ou démissionner. Je pense qu'un des plus grands objectifs de cette reforme est d’éliminer du système éducatif supérieur toutes les inéfficiences qui ont longtemps grevé le système. Les enseignants dont leur specialite ne sont plus demandes sur le marche du travail devront soit se recycler, ou aller enseigner dans les structures d'enseignement moyens secondaire ou primaires.

4) L’intégration du rôle de l'entreprise sera la clé de réussite de toute structure d'enseignement privée ou publique qui réussira avec le nouveau système. Déjà on a vu ces intégrations avec des écoles comme le SESAG, lSM, l'UGB qui ont avec des degrés de réussite divers intégré le rôle de l'entreprise dans leur formation. La nouvelle commission de surveillance et d’accréditation pourra même accompagner les structures d'enseignement supérieur dans cet effort d’intégration.

5) Les étrangers au Senegal, évidemment ne pourront pas bénéficier de la garantie de l'Etat, et cela en phase avec tous les pays. Cependant, ces étrangers peuvent beneficier de l'apport de leurs pays respectifs (bourses) ou même de garantie émanant de leur pays, ou si les banques de la place ont assez de confiance en eux, un prêt bancaire d’étude. La garantie de l'Etat du Senegal ne doit concerner que les Senegalais.

6) Bien évidemment, le dispositif de financement doit être disponible a tout étudiant ayant le bac et qui s'inscrit dans une structure d’éducation supérieure au Senegal. Par structure d’éducation supérieure au Senegal, nous entendons toutes les universités publiques comme privées, toutes ces écoles de formation a caractère publiques comme celles que vous avez nommées et celles a caractère privée comme Dakar-Bouguiba, ISM, etc...
L'exemple du COUD est unique a l'UCAD. De ce fait nous avons dit dans le texte que d'autres structures publiques comme privées peuvent sponsoriser leur propre campus universitaire, toujours dans la limites des conditions qui seront fixées par la commission autonome de surveillance et d’accréditation.

8) Le secteur prive pourra être mis a contribution dans le financement et l'implication. Je pense que dans le texte nous avons parle de l'inclusion d'au moins 2 membres issus de ce secteur prive dans la dite commission. Je pense que la participation financière du Secteur prive peut être l'objet de sollicitation seulement (fundraising), cependant je pense que les prélèvements payes par les structures d’éducation supérieures serviront a assurer le financement adéquat de la commission.

9) Dans la mesure au le secteur prive est dote de 2 membres sur les 9, il aura certainement un apport très significatif sur les formations, les filières ainsi que leur contenu. En outre, la compétition entre structures d'enseignement supérieur permettra au secteur prive d’être le moteur de la reforme en ce sens que toute structure d'enseignement supérieur qui voudra être rentable devra nécessairement intégrer les besoins du secteur prive dans la formation qu'elle va offrir. Les étudiants en devenant des consommateurs averti, auront la possibilité de sanctionner toute structure qui n'offre pas les formations et les contenus en demande sur le marche du travail.

J’espère que ces quelques lignes répondront a certaines de vos questions. Cependant comme nous l'avons évoqué tout au début, cette contribution est juste un "basis" pour commencer le débat sur une véritable reforme pérenne et fructueuse pour un problème qui nous tient tous a cœur. Nous seront disponible a travers notre email pour répondre a d'autres questions et aussi recueillir vous suggestion pour qu'au finish nos dirigeants puisse s'inspirer de ces réflexions pour entamer un véritable changement au Sénégal.

12.Posté par AG le 13/04/2013 20:47
Merci pour de votre participation. Les questions que vous posez sont assez pertinentes et je me réjouis de votre le niveau du débat élevé que vous apportez. Je vais m'efforcer de répondre a quelque de vos questions.
Tout d'abord, bien que nous pensons que la contribution est bien détaillée, elle n'avait pas pour objectif de répondre à toutes les spécificités qui seront requises après l’éventuelle adoption de la réforme. L'objectif était de jeter les bases d'une discussion basée sur l'autofinancement des institutions d’éducation supérieure au Sénégal et à la résolution de la problématique de moyens financiers dont font face nos structures publiques et privées.

1) La première question relève d'un problème de débouché après les études. Je conviens avec vous que l’étudiant après son cycle de formation peut se retrouver avec une difficulté de trouver un boulot. Cependant, cette réforme ne sera pas ex-nihilo, i.e. nous sommes en train de travailler sur les réflexions visant à régler ce problème de l'emploi des sénégalais en général. Je pense que Pape (plus haut dans les commentaires) a souligné un élément important qui consiste a utiliser le même procédé de "leverage" par le gouvernement pour imposer une plus grande participation des banques au Senegal pour le financement des projets de des entreprises du secteur privé. Par exemple, en utilisant le même procédé, l'Etat peut demander aux banques de financer tout porteur de projet, en contrepartie de la garantie de l'Etat. Tout comme dans cette contribution, cela garantira la constitution d'un capital et d'un fonds de roulement adéquat pour tout détenteur de projet bancable et dont la faisabilité est avérée. Nous allons revenir plus en détail sur les modalités de réussite d'une telle approche dans une contribution.

2) Cette deuxième question je pense mérite un réflexion plus poussée. Cependant, je pense que l'Etat dispose de moyens de coercition lui permettant de recouvrer le montant qui lui est du. Il faudrait peut-être passer une loi dans ce sens, mais une des premières réflexions serait de passer des conventions bilatérales fiscales avec la majorité des pays d'immigration de sénégalais (France, Etats Unis, etc...) de manière a exiger une retenue par les autorités fiscales de ces pays d'un montant annuel correspondant au paiement de cette dette. Une autre solution serait aussi de par l'informatisation identifier le étudiants délinquants qui voudraient acheter des biens au Sénégal (maison, terrains, etc...) de sorte a retenir à la source les montant non-payes

3) La compétition entre structures réglera le problème de l'efficience dans le secteur de l’éducation supérieure. Qu'en sera-t-il des enseignantes et autres structures qui ne seront plus à la hauteur? Je pense qu'il faudra laisser la nature jouer son rôle. Un enseignant dont la spécialité n'est plus demandée devra se recycler ou démissionner. Je pense qu'un des plus grands objectifs de cette réforme est d’éliminer du système éducatif supérieur toutes les inefficiences qui ont longtemps grevé le système. Les enseignants dont leur spécialité n’est plus demandes sur le marché du travail devront soit se recycler, ou aller enseigner dans les structures d’enseignement moyen secondaire ou primaire.

4) L’intégration du rôle de l'entreprise sera la clé de réussite de toute structure d'enseignement privée ou publique qui réussira avec le nouveau système. Déjà on a vu ces intégrations avec des écoles comme le SESAG, lSM, l'UGB qui ont avec des degrés de réussite divers intégré le rôle de l'entreprise dans leur formation. La nouvelle commission de surveillance et d’accréditation pourra même accompagner les structures d'enseignement supérieur dans cet effort d’intégration.

5) Les étrangers au Sénégal, évidemment ne pourront pas bénéficier de la garantie de l'Etat, et cela en phase avec tous les pays. Cependant, ces étrangers peuvent bénéficier de l'apport de leurs pays respectifs (bourses) ou même de garantie émanant de leur pays, ou si les banques de la place ont assez de confiance en eux, un prêt bancaire d’étude. La garantie de l'Etat du Sénégal ne doit concerner que les Sénégalais.

6) Bien évidemment, le dispositif de financement doit être disponible a tout étudiant ayant le bac et qui s'inscrit dans une structure d’éducation supérieure au Sénégal. Par structure d’éducation supérieure au Sénégal, nous entendons toutes les universités publiques comme privées, toutes ces écoles de formation a caractère publiques comme celles que vous avez nommées et celles a caractère privée comme Dakar-Bouguiba, ISM, etc...
L'exemple du COUD est unique a l'UCAD. De ce fait nous avons dit dans le texte que d'autres structures publiques comme privées peuvent sponsoriser leur propre campus universitaire, toujours dans les limites des conditions qui seront fixées par la commission autonome de surveillance et d’accréditation.

8) Le secteur prive pourra être mis à contribution dans le financement et l'implication. Je pense que dans le texte nous avons parlé de l'inclusion d'au moins 2 membres issus de ce secteur prive dans ladite commission. Je pense que la participation financière du Secteur privé peut être l'objet de sollicitation seulement (fundraising), cependant je pense que les prélèvements payes par les structures d’éducation supérieures serviront à assurer le financement adéquat de la commission.

9) Dans la mesure au le secteur privé est doté de 2 membres sur les 9, il aura certainement un apport très significatif sur les formations, les filières ainsi que leur contenu. En outre, la compétition entre structures d'enseignement supérieur permettra au secteur prive d’être le moteur de la réforme en ce sens que toute structure d'enseignement supérieur qui voudra être rentable devra nécessairement intégrer les besoins du secteur privé dans la formation qu'elle va offrir. Les étudiants en devenant des consommateurs averti, auront la possibilité de sanctionner toute structure qui n'offre pas les formations et les contenus en demande sur le marché du travail.

J’espère que ces quelques lignes répondront à certaines de vos questions. Cependant comme nous l'avons évoqué tout au début, cette contribution est juste un "basis" pour commencer le débat sur une véritable réforme pérenne et fructueuse pour un problème qui nous tient tous à cœur. Nous serons disponibles à travers notre email pour répondre à d'autres questions et aussi recueillir vous suggestion pour qu'au finish nos dirigeants puissent s'inspirer de ces réflexions pour entamer un véritable changement au Sénégal.



Dans la même rubrique :

AIDA CHERIE - 22/05/2015