"Une dévaluation du franc CFA serait désastreuse", selon Amady Aly Dieng


"Une dévaluation du franc CFA serait désastreuse", selon Amady Aly Dieng

L’économiste sénégalais Amady Aly Dieng redoute un "désastre" résultant d’une dévaluation du franc CFA, pouvant prolonger la dépendance des pays africains vis-à-vis de l’Europe, similaire à la domination politique, culturelle et sociale en cours depuis la colonisation.

‘’Les conséquences d’une dévaluation seraient désastreuses. Une dévaluation serait une dépendance, la même qui a existé depuis la colonisation et qui continue à l’heure actuelle. C’est la raison pour la quelle les gens se plaignent’’, a-t-il déclaré, mardi à Dakar.

M. Dieng s’exprimait lors d’un séminaire sur la problématique de l’arrimage du franc CFA à l’euro avec les risques de dévaluation à l’Institut africain de développement économique et de planification (IDEP), basé dans la capitale sénégalaise.

‘’Le monde déplore le fait que le franc CFA est le symbole de la domination de la France sur nos propres pays à la fois sur le plan politique, culturel et social’’, a fait remarquer l’économiste.

Auteur de plusieurs ouvrages, M. Dieng est un enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il est aussi un retraité de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

‘’Nous n’avons pas de banque centrale, nous avons des correspondances du Trésor français et des chèques postaux qui servent à financer la trésorerie du trésorier de France. C’est pourquoi le compte d’opération se trouve en France et non pas à la BCEAO’’, a-t-il expliqué.

Selon lui, les Africains doivent se développer, au lieu de se cantonner à vouloir lutter contre la pauvreté. ‘’C’est un manque d’ambition’’, selon M. Dieng. ‘’Ce sont ceux-là mêmes qui ont créé la pauvreté qui jouent les sapeurs pompiers (…), des pyromanes devenus sapeurs pompiers.’’

Le séminaire a été animé par le professeur Albert Ondo Ossa, agrégé de sciences économiques et de gestion et enseignant à la Faculté de droit et des sciences économiques de Libreville (Gabon).

M. Ossa est aussi directeur du Laboratoire d’économie appliquée de l’Université Omar Bongo. Il a été ministre de la Recherche scientifique et du Développement du Gabon.

Sur la problématique de l’arrimage du franc CFA à l’euro, plusieurs économistes et des responsables d’institutions bancaires, financières ou gouvernementales ont toutefois écarté la possibilité d’une dévaluation de la monnaie pour le cas des huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
APS

Mardi 10 Avril 2012




1.Posté par Smoothuk le 10/04/2012 22:44
A defaut de notre propre monaie, il faut devaluer le FCFA d'une bonne devaluation. Parce qu'en faite la devaluation de 1994 a ete mal faite.

2.Posté par Diop le 11/04/2012 00:18
La constance du doyen Dieng est a souligner,
Un des plus grands professeurs economistes d'afrique,
Il forma bcp d generations,
Un panafricaniste, hors pair ,

3.Posté par Diop le 11/04/2012 00:18
La constance du doyen Dieng est a souligner,
Un des plus grands professeurs economistes d'afrique,
Il forma bcp d generations,
Un panafricaniste, hors pair ,

4.Posté par lamanmbor le 11/04/2012 06:18
il faut que les économistes africains élaborent des théories complètes et cohérentes pouvant permettre à l'Afrique de se développer au lieu de passer leur temps à se lamenter sur la domination de la France. Tout pays a le droit de défendre ses intérêts par des actes concrets et c'est ce font les pays dits développés. L'Afrique porte en elle les causes de son "sous développement" ou de sa pauvreté qui sont entre autres:
- instabilité politique,
- manque d'organisation,
- des leaders au service de leurs intérêts ou de ceux de leur clan,
- manque d'ambition,
- manque d'originalité (des intellectuels qui ne connaissent que les modèles élaborés par ceux- là dont ils sont censés dénoncer la domination et dont paradoxalement ils épousent entièrement le mode de pensée).
Non! l'occident ne peut éternellement être tenu pour responsable de nos malheurs. Il est un bouc émissaire choisi pour justifier l'incompétence et l'échec des leaders qui nous gouvernent depuis un demi-siècle. La nouvelle génération doit refuser ce discours d'arrière - garde (propre à la génération d'avant l'indépendance), pour construire une nouvelle approche en vue de se prendre en charge et considérer les occidentaux comme des "NAWLES" et non plus comme les dominateurs coupables de nous avoir appauvris mais qui doivent malgré tout rester nos "amis" et nos modèles culturels. La maîtrise de notre destin est à ce prix.


5.Posté par copa le 11/04/2012 10:04
IL FAUT DEVALUER OU ESSAYER DE TROUVER UNE AUTRE MONNAIE ADEQUATE AU NIVEAU ECONOMIQUE OU DE DEVELOPPEMENT DE VIE DE NOS PAUVRES PAYS. LE SENEGAL NE DOIT PAS AVOIR UNE MONNAIE SUPERIEURE A CELLE DU MAROCAIN ET AUJOURD'HUI LA SUPERIORITE DE L'ECONOMIE DU MAROC EST INCONTESTABLE....... QUE DIEU GUIDE NOTRE SENEGAL ET NOUS ELOIGNE DES PESSIMISTES.



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