Un drame se joue à Saint-Louis et pourtant personne n'en parle


Un drame se joue à Saint-Louis et pourtant personne n'en parle
Le Sénégal est un pays vraiment singulier. C'est comme si nos autorités étaient anesthésiés, des accidents se produisent, des catastrophes déciment des quartiers entiers et aucune autorité ne lève le doigt. Dans d'autres pays, ces événements verraient une cohorte de ministres ou même le Président de la République se déplacer sur les lieux. Faudrait-il alors instituer au Sénégal une loi obligeant les gouvernants à être compatissants envers le peuple?
Les populations de Saint-Louis sont laissées à elles-mêmes face à la furie des vagues qui ont fini par envahir des centaines de concessions à Guet-Ndar. Les populations ont beau alerter depuis des semaines mais aucun acte n'a été posé par l'Etat. Et ce qui devait arriver, arriva. Le mur qui protégeait le quartier a cédé hier et les centaines de familles sont dans une situation intenable. Dakaractu se fait le devoir de relayer leur cri de détresse pour qu'une action urgente d'envergure soit menée afin que l’irréparable ne se produise à Saint louis. 
Pour illustrer ce qui s'est passé, nous reprenons l'article de nos confrères de Ndar Info sur les derniers évènements... 

Les vagues déferlantes de l’océan Atlantique envahissent chaque jour les concessions et occasionnent de nombreux dégâts. En dépit de la solidarité agissante des populations, la communauté des pêcheurs ne sait plus à quel saint se vouer. Le raz-de-marée a attendu que les populations soient au lit pour déferler et provoquer un immense cauchemar chez les habitants de la Langue de Barbarie. 

C’est dans l’impuissance la plus totale qu’ils ont assisté à l’effondrement du mur de protection. Qui plus est, nombreux sont ceux qui risquent de passer la nuit à la belle étoile. «Actuellement, nous n’avons pas où passer la nuit. C’est dur», geint Banda Sarr qui sollicite une réaction rapide des autorités pour leur venir en aide. 

Entre Hydrobase, Ndar Toute et Goxu Mbacc en passant par Guet Ndar, les populations ne dorment plus du sommeil du juste. Certaines ont passé plusieurs nuits à la belle étoile. Bien avant ce raz-de-marée, les choses étaient déjà compliquées pour les habitants qui réclament un mur de protection comme à Rufisque. «La mer est en furie et pour l’arrêter, il faudrait recourir à d’autres méthodes conséquentes afin de faire le travail qu’il faut à ce niveau», souligne M Sarr. 

Sa position est partagée par Mansour Diop qui juge inquiétante l’avancée de la mer. «Les sinistrés sont très fatigués. La mer avance et nous ne savons pas quand est-ce qu’elle va s’arrêter. Il faut des mesures d’urgence pour régler le problème. Nous voulons un mur de protection durable qui va amoindrir les risques de dégâts», propose M. Diop qui demande une concrétisation des promesses des autorités. 

Les dégâts étaient importants et les populations déboussolées. En 2010, déjà, un diagnostic sans complaisance a été fait et le coût des 17 kilomètres de mur de protection de la Langue de Barbarie était estimé à 17 milliards de Fcfa. Le gouvernement de Me Abdoulaye Wade s’était engagé pour la réalisation de ce projet. 

L’année dernière, Le Premier ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne a été accueilli en masse par les populations de Goxu Mbacc qui ont tenu à l’interpeller sur le démarrage de travaux de stabilisation. A l’époque, le chef du Gouvernement avait assuré qu’une enveloppe d’un milliard Fcfa sera débloquée par l’Etat du Sénégal pour sécuriser le littoral de Goxu Mbacc qui court de réels dangers à cause de l’avancée de la mer. Mahammad Boun Abdallah Dione avait même invité les populations à aussi jouer leur partition. Aujourd’hui, ces dernières ne réclament qu’une chose: le respect des engagements. 

Pour l’heure, les sinistrés, sous la hantise d’une autre catastrophe, attendent un coup de pouce de l’Etat. 
Mardi 14 Juin 2016
Dakaractu




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