UN PRISONNIER DE LA MAC DE DIOURBEL AU BOUT DU FIL : « On nous interdit de prier ensemble, de parler à haute voix et nos repas sont devenus piètres »

Il est 22 heures et au bout du fil, un homme à la voix claire. C’est un prisonnier qui séjourne à la maison d’arrêt et de correction de Diourbel depuis, dit-il, plus de deux ans. Il joue le rôle de « délégué syndical » ou de « porte-parole des détenus » puisque, nous renseigne-t-on, ce n’est pas la première fois qu’il porte à la connaissance de la presse, par appels téléphoniques, les difficultés que ses camarades et lui endurent. Comment se procure-t-il l’appareil ? Là n’est pas le plus important, suivons-le!


UN PRISONNIER DE LA MAC DE DIOURBEL AU BOUT DU FIL : « On nous interdit de prier ensemble, de parler à haute voix et nos repas sont devenus piètres »
« Tout est parti de la prière de ce vendredi. Nous sommes sortis pour prier ensemble comme nous le faisions depuis toujours et principalement depuis le passage de Serigne Assane Mbacké dans cette prison. C’est à notre grande surprise quand il nous a été sommé de retourner dans les cellules, alors que nous avions presque fini de nous installer », dit-il avant d’ajouter que «  c’est sur ordre du nouveau régisseur que son adjoint a agi ». Notre homme de poursuivre : « jamais le juge, pour ceux qui ont été devant lui, ne nous dit que les privations touchaient aussi nos fois respectives. Pire, le nouveau régisseur, depuis que Boy Djinné a pris la poudre d’escampette, a durci le ton. Nous ne bénéficions plus du même temps de récréation, nous ne mangeons plus comme avant. Nos repas sont réduits en quantité et piètres en qualité. Nous sommes en train de payer cher l’évasion de Boy Djinné alors que c’est par leur faute que ce dernier s’est taillé. » 
Visiblement en colère, notre interlocuteur qui semble avoir préparé son discours, explique aussi qu’ils vivent dans des conditions exécrables. « Nous sommes un peu moins de 400 prisonniers dans la Mac, alors que nous devrions juste être entre 150 et 200 personnes. Vous voyez que les normes onusiennes ne sont pas respectées et même étant prisonniers, nous avons doit à la vie et nos droits doivent être respectés. Pour me résumer, on nous interdit de prier ensemble, de parler à haute voix, nos repas sont devenus piètres et on vit très mal » déplore-t-il pour terminer. Nos efforts d'entrer en contact avec le nouveau régisseur sur qui pèsent toutes ces accusations sont restés vains. 
Samedi 23 Janvier 2016
Dakaractu




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