UGB-UFR CRAC : le Centre d’étude des religions (CER) entame sa deuxième rentrée


UGB-UFR CRAC : le Centre d’étude des religions (CER) entame sa deuxième rentrée
Délocalisée à Ngallèle, sur la route de Rosso,dans ce qui est devenu, au fil des années, la vaste zone universitaire de Saint-Louis, la Section Centre d’étude des religions, de l’UFR des Civilisations, Religions, Arts et Communication (CRAC) s’apprête à entamer sa deuxième année d’exercice, avec le lancement sur son site (www.cer-ugb.net ),de son second appel à candidature pour le recrutement de sa prochaine promotion de Master.

Une année seulement après son ouverture, le dynamisme du Centre d’étude des religions (CER) a déjà dépassé les frontières du Sénégal, comme en atteste la sollicitation de ses chercheurs dans plusieurs rencontres scientifiques internationales, mais aussi la qualité des échanges que le CER a su co-animer ou abriter avec plusieurs sommités intellectuelles dont les deux derniers en date furent Achilles Mbembe et Tariq Ramadan. « D’autres grands passages sont déjà ficelés et des conventions importantes en route », confirme Dr. Abdourahmane Seck, chef de Section du Centre. Cet historien et anthropologue diplômé de l’université d’Aix-en-Provence estime que « les universités africaines peuvent et doivent offrir des plateaux de choix à leurs étudiants et cela est d’autant moins un luxe que nombre de travailleurs qui contribuent aux beaux jours des centres de recherche du Nord ne demandent qu’à apporter leurs pierres à l’édification de savoirs critiques et prospectifs depuis l’Afrique ».

Dr. Bakary Sambe insiste pour sa part sur le caractère bienvenu de cette expérience unique en son genre dans la région ouest-africaine. Ce diplômé de l’Université Lumière Lyon  2 et de l’IEP de Lyon en islamologie et en science politique, spécialiste du militantisme islamique et des réseaux transnationaux, sait de quoi il parle lorsqu’il décrit un contexte historique« particulièrement marqué par une plus forte expression des forces et mouvements religieux sur la scène politique et internationale ; un phénomène s’inscrivant dans un contexte global accentué par les récents bouleversements géopolitiques où la religion demeure un facteur de sens, notamment en Afrique et dans les sociétés du Sud de manière générale ».

L’équipe du CER composée de chercheurs de diverses provenances (Sénégal, Maroc, France) et d’horizons disciplinaires variées (Histoire, Philosophie, Sciences politiques, Sociologie, Anthropologie) n’a pas chômé avec la mise en place de quatre Observatoires centrés sur des thèmes stratégiques comme les radicalismes et conflits religieux en Afrique ; les valeurs socioreligieuses et politique en Afrique ;les diasporas et minorités religieuses mais aussi sur les mondes de la Méditerranée et du Moyen-Orient.

Le Dr. Rachid Id Yassine qui coordonne ce quatrième observatoire, se dit « heureux de contribuer à cette aventure humaine et intellectuelle qui témoigne d’une Afrique ayant pleinement conscience des défis posés par le redéploiement social du religieux, devenu un enjeu majeur de politique publique». Selon ce sociologue des religions sorti de l’École des hautes études en sciences sociales (Paris), « le CER est une plateforme scientifique de premier plan voulant répondre aux besoins de l’Afrique de l’Ouest en matière d’expertise sur toutes les religions du monde ».

La jeune équipe de chercheurs entend réaliser ces ambitions dans une ambiance studieuse et conviviale. Le projet d’une médiathèque culturelle et scientifique dédié aux religions est l’objectif majeur du CER qui déploie un dynamisme déterminé en se dotant, en plus du site Internet et des observatoires de recherche, d’une association Les Amis du CER, ouvertes aux personnalités du monde scientifique et aux bonnes volontés soutenant la recherche académique, d’un Club des étudiants à l’heure des réseaux sociaux (www.facebook.com/leclubcer ), d’une Charte déontologique qui rappelle « l’esprit de rigueur et les exigences d’intégrité et d’équité, dans la quête comme dans la transmission du savoir ». Autant d’outils à travers lesquels le CER entend développer et consolider les nombreux partenariats académiques et institutionnels.

Et comme l’explique, le philosophe et politologue Dr. Blondin Cissé, ancien de l’université Paris Diderot-Paris 7, travaillant sur les notions d’espace public politique et spécialiste de la philosophie islamique, « Ce qui est urgent, c’est la prise en charge, ici et maintenant, des défis multiples qui nous obligent à  se rendre maître de notre destin, si nous ne voulons pas continuer à être les jouets d’une mauvaise histoire ». Pour le philosophe, « enseigner l’histoire des religions du point de vue des sciences sociales, ce n’est pas remettre en cause la foi des gens comme une opinion pressée pourrait s’en offusquer, mais c’est rendre un peu plus ardues les possibilités, les peurs et ignorances des unes contre celles des autres, c’est contribuer à compliquer la tâche aux apprentis sorciers de tous les bords ».

Ces ponts nécessaires sont ceux que Dr. Frédérique Louveau, diplômée de l’EHESS, s’efforce de jeter entre l’Afrique et l’Asie, deux continents en pleine mutation, à travers ses enseignements sur l’histoire et les religions asiatiques. Et d’ailleurs, précise-t-elle, « ces liens ne sont pas seulement à envisager d’un continent à l’autre, mais aussi à l’intérieur de chaque société et c’est tout le sens de l’Observatoire sur les diasporas et minorités religieuses, dont j’ai le plaisir de la charge au CER ».

A la question pourquoi a-t-on l’impression que l’université reste toujours une affaire d’universitaires en  dépit de ce qui se dégage de tous ces propos, Dr. Cissé répond : « C’est vrai, c’est une impression tenace mais pas toujours vérifiée. A l’université Gaston Berger par exemple, et singulièrement à l’UFR des Civilisations, Religions, Arts et Communication(CRAC) le maître-mot est « service communautaire ». Ce que semble confirmait son collègue Dr. Sambe qui insiste :« Cette année à travers le démarrage des fonctions de service du CRAC, nos différentes sections vont davantage être en mesure de soutenir des offres de formation et d’accompagnement des professionnels, des décideurs et des personnels d’organismes internationaux. L’ouverture sur l’extérieur est un important volet de nos missions de recherche ».

Une telle ambition est portée par l’équipe du CER qui a veillé à varier les possibilités en termes de  débouchées du Master en sciences sociales des religions (SSR) en en diversifiant les enseignements et en les ouvrant sur le monde professionnel. « Notre effectif limité est issu d’une sélection rigoureuse. Il est constitué d’étudiants d’horizons disciplinaires divers allant de la science politique à l’économie en passant par le droit et la sociologie bénéficie d’un encadrement et d’un suivi personnalisé », précise le chef de Section, Dr. Seck. Sa collègue, Frédérique Louveau conclut :« la transversalité que requiert leur formation et les nombreuses ouvertures optionnelles (rapports entre religions et processus socio-économiques, géopolitique, éducation, santé, environnement etc.) les prédisposent aux métiers du Conseil, d’aide à la décision institutionnelle comme dans les organisations internationales, mais aussi à la recherche pour ceux qui en ont la vocation ».
Vendredi 11 Octobre 2013
Dakaractu




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