Tensions politiques en Guinée-Bissau autour de l'éventuelle succession du président Bacaï


Tensions politiques en Guinée-Bissau autour de l'éventuelle succession du président Bacaï
Officiellement, le président bissau-guinéen, Malam Bacaï Sanha, va mieux. Selon les services de la présidence, il serait même sorti de l'unité de soins intensifs de l'hôpital du Val de Grâce à Paris où il est actuellement soigné. Le président avait été évacué de Bissau via Dakar fin novembre. Mais à Bissau, les ennuis de santé du président provoquent une certaine agitation politique.
A Bissau, la stabilité politique ne tient plus qu'à un fil : l'état de santé du président Sanha. Si officiellement la classe politique se tait, en réalité, chacun se prépare à une succession difficile. En ligne de mire, le Premier ministre Carlos Gomes et son proche allié, le président de l'Assemblée nationale, Raimundo Pereira.
Les deux hommes appartiennent à la même aile du Paigc (Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert), le parti au pouvoir, et en cas de décès du président Sanha, c'est Raimundo Pereira qui devrait assurer l'intérim. Une perspective inacceptable pour l'opposition.
Pour tenter d'écarter les deux hommes, elle a fait pression sur la justice, afin qu'elle entende Carlos Gomes et Raimundo Pereira dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de deux responsables politiques en 2008.
Dans la ligne de mire de l'armée
Après avoir entendu le Premier ministre, le procureur vient de convoquer le président de l'Assemblée nationale. Les deux hommes crient au complot. Mais s'ils n'avaient que l'opposition contre eux, Gomes et Pereira pourraient dormir tranquille. Or, ils sont dans la ligne de mire de l'armée, et notamment de son chef d'état-major, Antonio Injai. Celui-ci a déjà obtenu que le gouvernement renonce à l'envoi d'une force de stabilisation de la Cédéao à Bissau. Les militaires y voyaient une façon pour le Premier ministre de se protéger face à sa propre armée.
A Bissau, beaucoup sont convaincus d'une chose : si jamais le président devait abandonner ses fonctions, son Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale n'auraient guère de chance de survivre politiquement.
 RFI
Vendredi 9 Décembre 2011




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