TRAGIQUE DESTIN D’UN COUPLE FRANCO-SÉNÉGALAIS : Ndèye Mour Thiaw violée le jour de son anniversaire, son mari tué

Un anniversaire dramatique. C’est ce qu’a vécu la dame Ndèye Mour Thiaw le 27 août 2009. Cette dernière a été violée le jour de son anniversaire. Son mari, Yves Gérard Gallais, un Français souffrant d’un handicap physique, a été atrocement tué. Leurs présumés bourreaux, qui seront fixés sur leur sort le 20 juin prochain par la Chambre criminelle de Dakar, encourent 20 ans de travaux forcés.


Plage de Hann Marinas. Nous sommes le 27 août 2009. C’est l’anniversaire de Ndèye Mour Thiaw. Yves Gérard Gallais, propriétaire du voilier « Fleur de sel » ne lésine pas sur les moyens pour faire plaisir à sa dulcinée. Il a, pour la circonstance, offert un diner très copieux à son épouse. Cerise sur le gâteau, il lui a promis, en guise de cadeau, un terrain à usage d’habitation à Saly (Mbour).
L’ambiance était bon enfant dans le voilier. Les deux tourtereaux profitaient de leur moment d’intimité. Pour terminer en beauté, ils ont décidé d’aller se coucher. Mais, leur quiétude sera perturbée.
Ils ont été brutalement réveillés par trois individus. Qui, vers 3 heures du matin, ont fait irruption dans la cabine en prétendant qu’ils cherchaient de l’argent. Les malfaiteurs ont isolé Gérard Yves Gallais qui souffrait d’un handicap physique sur le lit avant d’emmener la dame au salon. Après avoir tué Gérard Yves Gallais, ils ont, à tour de rôle, violé Ndèye Mour Thiaw.
Avant de battre en retraite en emportant avec eux un ordinateur portable, un écran plat, deux téléphones portables de marque Nokia et Samsung, les papiers du véhicule, la somme de 900 000 francs Cfa et un moteur hors-bord de 15 chevaux.
Ligotée et bâillonnée par les malfaiteurs, elle a, à force de se débattre toute seule, fini par se détacher. Sans perdre de temps, elle alerte ses voisins qui sont venus à son secours.
Le certificat médical établi le 31 aout 2009 a établi que les prélèvements ont révélé la présence de sperme et un germe infectieux sur ses parties intimes.
Informés des faits, les éléments de la Gendarmerie de Hann ont effectué un transport sur la scène du crime. Ils ont ainsi constaté le corps sans vie de Gérard Yves Gallais, allongé sur le lit, les mains ligotées derrière le dos avec un drap de couleur jaune. Un corps en début de refroidissement. En sus, ils ont constaté que ce dernier, nu comme un ver, avait la bouche bâillonnée, un visage couvert d’hématomes visibles au niveau des arcades sourcilières et un sillon visible autour du cou.
A la suite des constations médicales légales effectuées, il ressort du rapport d’expertise que la mort de Gérard est due à un poly-traumatisme avec fracture et hémorragie interne externe provoquée par les coups et blessures avec des objets durs et contondants.
Au cours de l’information, Thierno Ba dit Thier et Malang Camara ont été interpellés à la suite d’une délégation judiciaire.
Selon Thierno Ba, l’idée de cambrioler le voilier « Fleur de sel » provenait de Philippe qui les a informé que le défunt détenait beaucoup d’argent. Philippe, dit-il, a préféré faire le
guet en restant sur la plage. Il a fait savoir qu’ils se sont concertés avant de passer à l’acte.
Pour Malang Camara, c’est Ablaye Ndiaye en fuite, qui a menacé, couteau à la main, Ndèye Mour Thiaw pour la contraindre à avoir des rapports sexuels avec lui.

« Ils ont tué mon mari avant de se relayer sur moi »

8 ans après les faits, Ndèye Mour Thiaw se rappelle toujours des circonstances atroces dans lesquelles son époux a été tué. Elle porte toujours son deuil. La voix étreinte d’émotion, elle a, à côté des bourreaux de son défunt mari, narré la nuit cauchemardesque du 29 aout 2009 qui reste à jamais gravée dans sa mémoire.
« Ils ont tué mon mari avant de se relayer sur moi », confie tristement la dame. Les accusés, devant le prétoire, ont tenté de nier les faits en s’accusant mutuellement. Malang Camara a même osé déclarer qu’il n’était pas sur les lieux au moment des faits. Il dit avoir été cité malencontreusement dans cette affaire par les autres accusés.
Avocat de la partie civile, Me Etienne Ndione a qualifié les faits de « crime » crapuleux. Dans le même sillage, il a dénoncé la stratégie de défense des accusés qui, à son avis, font dans le mensonge pour se tirer d’affaire, alors qu’ils devraient faire leur mea-culpa et regretter leur acte « odieux et méprisable ».
Très remonté contre eux, Me Ndione estime qu’ils n’ont aucun état d’âme car, ils devraient regarder sur l’état physique du défunt avant de lui ôter la vie. « Ils ont commis un acte diabolique, dégueulasse », a-t-il déclaré avant de demander 30 millions de francs Cfa pour la réparation du préjudice subi par sa cliente.

Le parquet requiert des travaux forcés à perpétuité

Le maitre des poursuites, Ramatoulaye Ly, n’est pas allée par quatre chemins pour décrier « le comportement lâche » des deux accusés. Selon elle, les faits de l’espèce ne souffrent d’aucune contestation malgré leurs « arguments fallacieux et dénués de sens ».
La parquetière, après avoir démontré la culpabilité de ces derniers dans un réquisitoire très chargé, a requis 20 ans de travaux forcés pour association de malfaiteurs, 10 ans pour viol collectif, et des travaux forcés à perpétuité pour vol avec effraction avec usage d’armes. Elle a demandé l’application de la peine la plus élevée.
Les avocats de la défense ont jugé le réquisitoire du maitre des poursuites très sévère, sollicitant l’acquittement pour les faits de viol et l’application bienveillante de la loi pénale pour les délits de vol avec effraction. L’affaire est mise en délibéré au 20 juin prochain.
Mercredi 17 Mai 2017
Dakaractu




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