TERRORISME : OMAR DIABY OPÈRE-T-IL TOUJOURS DEPUIS N'GOR?


La révélation fait froid dans le dos. Omar Diaby, le dangereux djihadiste aurait exfiltré huit membres de sa famille franco-sénégalaise de Nice pour les amener au front en Syrie en passant par le Sénégal. C'est la révélation pathétique faite par sa tante Astou Guèye dans l'excellent documentaire de nos confrères dans l'émission "Complément d’enquête" diffusée hier sur France 2. Dans les images tournées par l'équipe de Nicolas Poincaré, nous ne voyons pas ces "huit sénégalais", dès lors , il devient légitime de se poser la question de savoir ou sont passés les autres membres de la famille d'Omar Diaby? Sont-ils restés en Syrie où  sont ils retournés à Dakar dans leur fief de N'gor?
En février 2014 déjà, la dame Astou Guèye confiait que deux de ses filles, et son garçon, tous « majeurs », auraient été convoyés vers la Syrie par son neveu. A en croire la dame qui vit en France, ses enfants seraient alors à la frontière turco-syrienne, après avoir été attirés au Sénégal et convoyés par voie terrestre pour le « djihad ». Se disant « inquiète », Mme Guèye a ajouté leur avoir parlé au téléphone et que ses enfants lui ont dit être en train d’effectuer « le grand voyage », avec notamment un enfant de « 4 ans et demi » d’un de ses garçons qui l’aurait arraché à sa maman. Mme Guèye a informé avoir porté plainte aussi bien en France qu’au Sénégal, et demande l’aide des autorités. La tante d'Omasen reste toujours inquiète pour ses enfants et neveux dont elle n'a plus de nouvelles.
« Je suis un adulte, je travaillais, j’ai une femme, un enfant (…) Ma sœur, en compagnie de ses trois enfants, et moi avions décidé librement de partir apprendre le Coran en Turquie », avait  réagi son fils Mame Baré Guèye, dans un entretien avec Le Nouvel observateur, en 2014, estimant que sa maman « raconte des histoires ». « Nous sommes venus en Turquie pour apprendre le Coran et l’Arabe, parce que le Prophète Mouhamed (PSL) a dit ‘’Cham est la terre qu’Allah aime le plus’’, car beaucoup de Prophètes ont séjourné à Cham », avait expliqué l’intéressé.
Dans tous les cas, Dakar doit surveiller ses arrières avec cette fratrie de Diaby. En effet, le mis en cause sous le coup d’une interdiction de séjour en France, opérait depuis Dakar où il était replié dans le zone de N'gor, en  juillet 2013. Arrêté par la Division des investigations criminelles (Dic), Oumar Diaby est présentement au cœur du chaos d’Alep où il dirige sa Katiba des Fous d’Allah. Comment la DIC -a-t-elle pu le laisser partir ? Allez savoir ! Mais, une seule certitude flotte sur l’air : à la suite de son arrestation et son audition, la Dic avait abandonné les charges qui pèsent sur lui. Confisqué, son passeport lui a été restitué par la police qui a levé en même temps l’interdiction de sortie du territoire national qui le frappait jusqu’ici. L’enquête policière s’arrêtait là. En effet, comme l'ont révélé nos confrères de Nice Matin, c’est depuis le Sénégal que Diaby est parti sur le sentier de la guerre sainte. Après un détour par la Mauritanie, il embarque à Tunis avec une dizaine de frères pour rallier en bateau la Turquie puis entrer en Syrie, dans la région d’Alep, la capitale de la rébellion syrienne. Deux groupes salafistes armés y règnent : d’un côté le front al-Nosra, officiellement affilié à Al-Qaida, et de l’autre l’Etat islamique en Irak et au Levant (Eiil).
Cité comme le cerveau de la cellule de recrutement de djihadistes sénégalais convoyés en Syrie, Oumar Diaby devient ainsi une menace pour la France et le Sénégal. Pourtant son arrestation à Dakar  avait pris bien sûr les accents de réconfort pour la famille Guèye qui l’accusait d’avoir endoctriné ses enfants.  Malheureusement, Omar Diaby a repris le cours de sa vie… comme si de rien n’était. Dans le document de France 2, l'ancien voyou niçois devenu chef des djihadistes français en Syrie, dirige maintenant une brigade de près de 100 combattants.
Né à Dakar, Omar Diaby a quitté le Sénégal pour la France à l’âge de 5 ans et a grandi dans la région de Nice. Selon l’hebdomadaire français Le Nouvel Observateur, il effectue plusieurs peines de prison sur la Côte d’Azur pour des règlements de comptes entre bandes rivales ou des braquages. Omar découvre alors l’islam radical en détention. À sa sortie, après des années de prédication dans les quartiers sensibles de Nice, il se rapproche du groupuscule salafiste Forsane Alizza ("Les Cavaliers de la Fierté") et se fait repérer par les services anti-terroristes qui le suspectent de vouloir, fin 2011, rejoindre l’Afghanistan. La suite on la connait...
Pour le Sénégal, Omasen (nom de guerre de Diaby) vient rajouter du stress à nos forces de sécurité déjà préoccupées par la bande des djihadistes sénégalais de la Libye dirigée par Abdourahmane Mendy qui a décidé de revenir faire le djihad avec "ses amis". En tous cas, traquer tous ses fils perdus devient salutaire pour notre pays!


Vendredi 3 Juin 2016
Dakaractu




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