Souvenir du 11 Mai / Les grands oubliés du jour : Blaise Diagne et Omar Blondin Diop

Blaise Diagne est un homme politique français, né le 13 octobre 1872 à Gorée (Quatre communes) au Sénégal et mort le 11 mai 1934 à Combo-les-Bains (Aquitaine) en France. Il est le premier député africain élu à la Chambre des députés française. En effet, jusqu'à cette date, les précédents députés noirs au parlement de la France étaient originaires des colonies françaises des Amériques. Il est également le premier Africain sous-secrétaire d'État aux Colonies. Fervent assimilationniste, il doit sa renommée à sa volonté de faire participer pleinement les Africains à la politique française aussi bien durant la mise en place des structures coloniales qu'une fois ces dernières installées. Il a également joué un rôle important en faveur des droits des Africains engagés dans les troupes coloniales.

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Le héros anti-colonialiste Omar Blondin Diop oublié ce 11 Mai
Sa famille continue, après 43 ans de deuil et de frustration, à réclamer l’ouverture d’une enquête sur les conditions toujours non élucidées de sa mort dans les géôles de Léopold Sédar Senghor à Gorée. Le 11 mai ce n’est pas seulement l’anniversaire de la mort de Bob Marley, mais aussi un jour noir pour le Sénégal en souvenir d’un fils courageux qui a sacrifié sa vie pour la liberté et la démocratie : Omar Blondin Diop.
Dakaractu lui rend, à sa manière, hommage ce 11 mai en reproduisant le communiqué de sa famille...


Souvenir du 11 Mai / Les grands oubliés du jour : Blaise Diagne et Omar Blondin Diop
A l’occasion du quarante-deuxième anniversaire de la mort en détention d’Omar Blondin Diop et à la suite des hommages publics rendus à sa mémoire, tant à Dakar et Gorée qu’à Paris et Bamako, sa famille et ses amis ont le regret d’informer l’opinion nationale, africaine et internationale que la demande de réouverture d’une information judiciaire est demeurée sans suite.

Malgré divers échanges de correspondance avec les Gardes des Sceaux successifs à partir du 15 mai 2013, ainsi qu’un entretien  avec le Ministre de la Justice en exercice le 10/11/2014, aucune mesure administrative concrète n’a encore été prise pour déclencher une quelconque procédure, alors que les acteurs et témoins directs de ce drame disparaissent l’un après l’autre.

Etant donné, d’une part, que des décennies se sont écoulées depuis la plainte déposée dès le mois de mai 1973, par le défunt père d’Omar, le Docteur Ibrahima Blondin Diop, auprès du Doyen des Juges d’Instruction, M. Moustapha Touré, qui se verra relevé de ses fonctions, et donc, dessaisi du dossier aussitôt après avoir inculpé trois des quatre agents pénitentiaires, de service à la prison de l’île de Gorée en cette funeste nuit du 10 au 11 mai 1973.

Etant donné, d’autre part, que cette plainte initiale contre X, pour « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », s’est soldée en fin de compte par une ordonnance d’incompétence rendue par le juge Elias Dosseh, au mois de juin 1975, tandis que le plaignant sera ultérieurement condamné à payer le franc symbolique de dommages-intérêts pour « propagation de fausses nouvelles ».

En conséquence, la famille et les amis d’Omar Blondin Diop se voient dans l’obligation de renouveler, publiquement et solennellement, leur requête de révision et de réexamen de la procédure entamée voici plus de quarante ans par le père d’Omar, afin de faire la lumière sur les circonstances exactes et les causes précises de sa mort.

Toute survenue de mort violente en détention devant être considérée comme un crime jusqu’à preuve du contraire, a fortiori  quand il s’agit d’un détenu politique, nous demandons à nouveau, courtoisement mais fermement, que justice soit rendue, l’impunité étant, partout et toujours, une incitation à la récidive.

Signé : La famille et les amis de Omar Blondin Diop
Mercredi 11 Mai 2016
Dakaractu




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