Sommation en expulsion : Sursis pour Joe Ouakam

L’affaire a été au centre des discussions, ce week-end. Et ceux qui se faisaient une bile pour Issa Samb Ramagelisa plus connu sous le nom de Joe Ouakam peuvent pousser un ‘’demi’’ ouf de soulagement. L’artiste ne sera pour le moment pas expulsé, selon l’avocat de la société immobilière propriétaire des lieux, Me Djiby Diallo.


Sommation en expulsion : Sursis pour Joe Ouakam
« Il y a eu tellement d’interventions dans ce dossier venant des artistes et même de la présidence ! Les principaux concernés ont été sensibles à cela. Ils m’ont demandé de suspendre l’affaire ». La bonne nouvelle vient de Me Djiby Diallo, le conseil de la société immobilière ayant acheté la maison où loge Joe Ouakam. Dans un entretien avec EnQuête, ce dernier avoue ne pas savoir combien de temps cette suspension va prendre. Mais pour l’instant, renseigne-t-il, il n’est pas question d’expulser Joe Ouakam du 17, rue Jules Ferry. Une adresse mythique pour bien d’artistes, d’amoureux des arts et d’acteurs culturels. En outre, si tous ceux qui sont intervenus dans ce dossier cherchent avec les principaux concernés des solutions viables, Joe Ouakam pourrait rester à jamais dans « sa » demeure.
En effet, il y a un an, une société immobilière dans laquelle l’un des fils de Jean Dagher Hayeck, cité par EnQuête dans sa livraison du week-end, est l’actionnaire majoritaire, a acquis la maison où vit l’artiste. Car, le local a été prêté à Joe Ouakam, il y a plus de 40 ans, par un certain M. Faye. Les héritiers de ce dernier l’ont vendu à la société immobilière de Dagher fils qui a consenti un prêt bancaire de plus de 400 millions pour acheter le terrain. A ce jour, elle n’arrive pas à rentabiliser son investissement et rembourse malgré tout le prêt, selon Me Diallo. « Il faut que ceux qui défendent Joe Ouakam, dont des artistes et des milliardaires, essaient aussi de trouver une solution qui arrange autant M. Joe Ouakam que mes clients », souligne Me Diallo. Même s’il ne sait pas si les acquéreurs sont aujourd’hui prêts à revendre, il est d’avis que verser une allocation locative permettrait aux propriétaires de mieux faire face à certaines charges.
 
Amalgame
En fait, ceux-ci ne savaient pas que les choses allaient se passer ainsi, puisqu’à l’achat, les héritiers de la famille Faye avaient promis d’expulser eux-mêmes leur « locataire ». Seulement, ils n’ont pu le faire, malgré quelques tentatives. Ils auraient loué un appartement à Ramagelisa qui a refusé d’y aller. Me Diallo dit détenir des papiers le prouvant. Après une longue attente, l’avocat avait entrepris d’expulser les héritiers Faye, en les assignant devant le tribunal. « Dans un premier temps, l’expulsion s’adressait aux héritiers Faye. A deux reprises, je suis allé devant le juge qui a désigné mon assignation nulle, parce que je ne pouvais pas atteindre tous les héritiers », a-t-il indiqué.
C’est par la suite qu’il a décidé d’expulser Joe Ouakam. Lequel ne s’est jamais présenté à la barre du tribunal ni envoyé son avocat, d’où l’amalgame qui entoure cette affaire. « L’avocat de la famille Faye est Me Wellé. Les assignations remises à cette famille lui ont été certainement remises. M. Joe Ouakam n’a jamais voulu venir se présenter à la barre du tribunal. Lorsque l’affaire a été appelée à la barre, Me Wellé qui s’est fait substituer, pensant que c’était la famille Faye, a demandé à ce qu’un avocat le constitue pour mon adversaire. Il a demandé à ce qu’il me laisse prendre les avantages », a déclaré Me Diallo. Ainsi, se seraient passées les choses.
Pour rappel, vendredi dernier, Joe Ouakam a reçu la visite inopinée de l’huissier Joséphine Kambé Senghor, lui signifiant qu’il n’avait plus que 24 heures pour quitter la maison qu’il a toujours occupée depuis 40 ans.
EnQuête
Lundi 28 Novembre 2016
Dakar actu



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