Soif de Pouvoir, Soif de Sang!


Soif de Pouvoir, Soif de Sang!
Il n'y a jamais eu de nations sans chefs, de mosquées sans imams, d’églises sans prêtres. Il n’y a pas de République sans président, encore moins de parti politique sans leaders. Nos relations dans la société sont régies par une dépendance verticale où une minorité décide à la place d’une large majorité. Sur cette assertion machiavélique : « la fin, justifie les moyens », aucune forme de probité n’encadre cette volonté de dominer. L’homme est un être à part qui est animé par une folie de la grandeur. Il aurait détrôné Dieu s’il le pouvait pour asseoir de ses pouvoirs. A défaut de cela, ressembler à Jules César serait son grand fantasme. L’homo senegalensis est naturellement un adepte du Pouvoir. Le Sénégal est un pays complexe, qui se prend pour le nombril du monde. Le sénégalais se croit inconsciemment être le meilleur. Il se moque de son voisin gambien, considère son ami malien comme un aliéné et traite de « niakk » (sauvage) ses autres frères africains. Au fort intérieur de chaque sénégalais habite un sentiment de supériorité passif et une volonté de domination de son prochain. Il suffit de traverser la rue, croiser un enfant de cinq ans, et l’interroger sur son rêve de demain. Sans hésiter il te répondra : Président, avec une voix aigue bien que mimi. Cette fonction excitante semble se placer au sommet de la hiérarchie de la noblesse dans le système démocratique, symbolisant le Pouvoir dans ses quatre P : Prestige, Protocole, Privilège et Publicité.
D’après Bonald, un théoricien de la contre-révolution : « Là où tous les hommes veulent dominer, avec des volontés égales et des forces inégales, il est nécessaire qu'un seul homme soit devant ou que tous se détruisent ». De là, naissent des conflits d’intérêts et des rapports de force heurtés qui aboutissent souvent à des phénomènes de la violence politique jamais égalée.
L’homme, rappelons-le, est un animal politique, c’est Aristote qui l’affirme. Et la politique reste une activité en relation avec le pouvoir. Le domaine de la politique étant perçu comme péjoratif et pervers par bon nombre de sénégalais. Son compagnon qui est « animal » ici explique toute la bêtise de cette pratique au détriment des valeurs de l’humanisme.
La domination s'exerce sur un territoire au sein d'une unité sociale qui devient alors politique. L'unité politique, en s'institutionnalisant, prend une certaine forme juridique, qui aujourd'hui est : l'Etat. Ce dernier est selon Weber, "le groupement politique qui revendique avec succès le monopole de la contrainte physique légitime". Ce monopole de la contrainte est accepté par les dominés parce que s'impose t-il à eux, psychiquement et physiquement. Et l'autorité des dominants est renforcée par l'existence d'un esprit national. Si, nous dit Weber, la puissance est l'élément fondamental de l'Etat, elle est aussi à la base des partis politiques qui luttent pour prendre et conserver le Pouvoir. L’élection présidentielle est le moment privilégié pour l’accession par voie légitime au Pouvoir. L'objectif est la désignation d'un président de la République pour exercer un mandat électoral durant lequel, il a le devoir de représenter tout un peuple, une nation aux diverses sensibilités ; ce qui exclut tout esprit de partisan. C’est un moment de transfère de pouvoir limité dans le temps, mais aussi limité dans l’espace. Un contrat à durée déterminé (CDD), qui se fonde sur le respect des clauses du contrat qui sont pour un démocrate, les principes constitutionnels. Ce contrat ci est dénué de toute clause abusive et il n’y a pas de prolongation possible. Ce n’est alors pas un contrat à durée indéterminé (CDI), qui est l’œuvre d’un monarque. Si Abdoulaye Wade l’opposant et assoiffé de pouvoir nous avait confié ceci : « Je ne marcherai pas sur des cadavres pour accéder au Palais Présidentiel. Je préfère arriver au pouvoir dans la transparence et par la voie politique », ce qui fut le cas grâce à la jeunesse, aujourd’hui cet être versatile semble opter pour la « Marche Bleu » sur des cadavres pour sortir du Palais. « Il parle comme un démocrate, mais agit comme un monarque ». C’est son actuel ministre de l’intérieur O. Ngom qui l’a décrit ainsi avant de poursuivre, je cite : « J’ai appris de Me Abdoulaye Wade tout ce qu’un homme peut faire, mais aussi tout ce qu’un homme ne doit pas faire ». Pour vous expliquer ce que c’est la complexité de cette bête politique. Il clignote à gauche mais tourne à droite comme l’affirme son ancien compagnon Landing Savané. Il conserve jalousement ce pouvoir, prêt à en découdre avec toute personne qui mettrait du sable dans son couscous. Comprenons par couscous le Pouvoir. Il a promis à ses partisans de garder celui-ci pour un demi siècle, en donnant un coup de balai à ce conseil précieux de L.S.Senghor : « Nguur, kenn dou ko gnèddeu ». Il a choisi de bafouer toutes les règles morales, déontologiques et constitutionnelles en singularisant le pouvoir. Il n’aime pas être contredit, comme la plupart des personnes de son âge d’ailleurs parce que « Makk bûrr leu ». Mais si le vieux est un roi aussi, au Sénégal vieillesse rime avec sagesse. Cette règle qui est bien acquis à Nelson Mandela, trouve son exception avec Abdoulaye Wade. Rappelons à ce dernier ce que Maodo Malick SY avait conseillé au Président Lamine Gueye, je cite: « Méfies toi de te singulariser sur trois attributs : Savoir, Vouloir et Pouvoir, parce qu’en politique c’est un suicide ».
En cette période pré-électorale, pris dans un cercle vicieux avec un dialogue de sourds des camps adverses, tous les ingrédients semblent être réunis pour que le pays explose en plein vol dans l’univers démocratique. Entre menaces de morts récurrentes, d’intimidations quotidiennes, d’agressions physiques et verbales dans tous les sens, la violence politique fait le quotidien sénégalais. La jeunesse et le M23 décident d’en finir avec Wade et Cie. Le camp présidentiel use toute une stratégie de politique politicienne pour confisquer le pouvoir. Devant un organe judiciaire affaibli, un conseil constitutionnel politisé et une partie du pouvoir maraboutique corrompu, les armes restent très à la mode et le son des tirs remplacent les ‘wooooy’ de Youssou Ndour. Et dans cette situation de « Far West » du œil pour œil, Mahatma Ghandi n’avait-il pas raison de nous avertir en ces termes : « Œil pour œil finira par rendre le monde aveugle ». Et un sage sénégalais d’en rajouter : « Imaginez-vous un monde aveugle ! Le désastre que cela peut causer surtout aux vieillards, aux femmes et aux enfants innocents. Et pour s’en débarrasser, il ne suffit pas seulement de disposer seulement de canne blanche, mais essentiellement de blanchir les cœurs sales ». Malheureusement cette soif de pouvoir est déjà couverte de sang d’innocents. L’impunité qui règne avec la tentative d’assassinat de Talla Sylla, la mort de Balla Gaye, de Malick Ba et tant d’autres chapeautés par l’assassinat de Me Babacar Sèye a encore de beaux jours devant nous. Une impunité symbolisée par la Loi Ezzan. L’histoire de 1993 se répète et cette fois ci, nous risquons de nous basculer dans l’impasse d’une des pires violences politiques chaotiques jamais enregistré dans notre histoire. Par rappel, les élections de 1993 marquées par l’assassinat du premier vice-président du Conseil constitutionnel, Me Babacar Sèye, avaient poussé les deux camps protagonistes de s’accuser mutuellement du meurtre de ce dernier, comme c’est le cas aujourd’hui avec la mort du nervi Ndiaga Diouf dans l’affaire Barthélémy Diaz. Malick Noël Seck est devenu prisonnier d’opinion pour avoir envoyé aux juges constitutionnels une lettre de mise garde, en cas de validation de la candidature inconstitutionnelle de Wade, le tout au nom de sa formation politique. Il faut se rappeler que le motif de l’interpellation de Wade en 1993 tient à sa déclaration suivante : « Je ne donne aucun crédit aux décisions du Conseil constitutionnel qui se trouve sous l’influence des hommes d’Abdou Diouf, en particulier de son vice-président, Me Babacar Sèye, qui a été pendant longtemps un député socialiste. Ce n’est pas sérieux » dixit Abdoulaye Wade l’actuel Président de la République dans le magazine Jeune Afrique, n° 1690, 2 juin 1993.

Un homme averti en vaut deux. A bon entendeur…

Lamine GAYE siki

laminegaye313@yahoo.fr
Samedi 31 Décembre 2011
Lamine GAYE siki




1.Posté par Nicolas le 31/12/2011 10:12
Observez bien cette photo (haut à droite).
C'est ce vieillard nécrosé qui se veut avenir du Sénégal?
Si Wade fils n'est pas capable de sauver son père d'une pareille déchéance, comment ose t-il avoir, même en rêve, quelque prétention de diriger un pays?

2.Posté par JOOB GEY le 31/12/2011 10:45
WADE A BRÛLÉ SES VAISSEAUX LORSQU'IL A DÉGOMMÉ SES HÉRITIERS LÉGITIMES AU PROFIT DE SON FILS QUI NE FAIT NULLEMENT LE POIDS. CECI DÉMONTRE SA NULLITÉ EN POLITIQUE OU TOUT EST PERSPECTIVE ET PROJECTION.

QUAND ON ME DIT QUE C'EST UNE BÊTE POLITIQUE JE ME DIS QUE C'EST PLUTÔT UN MANŒUVRIER POLITIQUE. LA CONSÉQUENCE IL N'A PERSONNE DANS SON ENTOURAGE POUR LE REMPLACER, RIEN QUE DES MÉDIOCRES, CE QUI LE POUSSE A ETRE OBLIGE DE SE PRÉSENTER BIEN QU'IL N'EN A PAS LE DROIT PARCE QUE C'EST LE DÉSERT DERRIÈRE LUI , LE PAUVRE.
L'AMOUR DES LOUANGES ET SON AVERSION DES CRITIQUES L'AURONT PERDU, MAIS TANT PIS POUR LUI.

QUE PENSEZ VOUS DE QUELQU'UN DONT TOUS SES ANCIENS COMPAGNONS SONT MAINTENANT SES ADVERSAIRES OU PIRE SES ENNEMIS, ET QUI N'EST ENTOURE AUJOURD’HUI QUE PAR SES ANCIENS ADVERSAIRES LES PLUS IRRÉDUCTIBLES? OSONS LE DIRE, IL VA A SA PERTE, ET IL L'AURA CHERCHE.



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