Situation au Burkina : Les prémonitions de Babacar Justin N'diaye

Dans une de ses sorties sur Dakaractu (Laser du Lundi), le chroniqueur Babacar Justin Ndiaye avait vu venir la situation actuelle que traverse le Burkina Faso. Dans son texte, il indiquait notamment que « le système Blaise a été décapité, mais la queue (bourrée de venin) bouge encore ». Ajoutant par ailleurs « qu’une course contre la montre a, d’ores et déjà débuté, entre le gouvernement de transition et la Garde présidentielle toujours puissante et autonome ».

Pour rappel, depuis hier, le Président et quelques ministres sont retenus en otage par des militaires de la garde présidentielle, raison pour laquelle Dakaractu vous propose à nouveau la pertinente chronique publiée par Babacar Justin Ndiaye le 9 Février dernier...


Situation au Burkina : Les prémonitions de Babacar Justin N'diaye
A l’instar de la Révolution française de 1789 que jalonnèrent quelques ressacs –  tels le Consulat, le Directoire et le 18 Brumaire – la démocratie en gestation au Burkina Faso, vit des heures aux couleurs d’une Restauration enclenchée par le Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP). Le système Blaise a été décapité, mais la queue (bourrée de venin) bouge encore. Une course contre la montre a, d’ores et déjà débuté, entre le gouvernement de transition et la Garde présidentielle toujours puissante et autonome. A court terme, l’alternative affiche deux termes : ou bien la transition démantèle le Régiment, ou alors le Régiment régente la transition dans le sens d’un retour à l’ordre ancien. Le décor est ainsi planté, afin que le clan des Compaoré (sans Blaise) amorce son retour davantage par les turpitudes que par les urnes.  
 
Les chefs de file de l’opposition et les locomotives de la société civile burkinabés n’ont visiblement pas retenu la leçon de Pierre Mendès-France : « En politique, toute demi-mesure équivaut à une contre-mesure ». Dans la foulée du déboulement de Blaise Compaoré, le sort du Régiment de Sécurité Présidentielle (la Garde prétorienne du régime défunt) devait être scellé, non par les manifestants aux mains nues, mais par le Comité de suivi de la CEDEAO présidé par le Président Macky Sall. Les débats préparatoires de la transition l’ayant occulté ; le Comité de suivi ne s’étant pas auto-saisi, le Régiment enrégimente toute l’équipe de la transition. Le Président Michel Kafando est démuni. Il n’a ni légitimité populaire ni unité militaire pour soumettre le Régiment. De son côté, le Premier ministre et non moins  Colonel Yacouba Isaac Zida est acculé, par ses frères d’armes, au compromis le plus ruineux pour le futur démocratique du Burkina. Bref, la transition est, depuis le mercredi 4 janvier 2015, sous la tutelle de la crème de l’armée burkinabè : le RSP.   
 
Une question taraude l’esprit : pourquoi le Régiment fonce-t-il dans un rétropédalage aussi subit que vigoureux ? Les motifs avancés sont principalement militaires et accessoirement financiers. En vrac, les prétoriens exigent l’annulation des affectations qui dégarnissent les rangs du Régiment,  réclament le paiement des bonus de fin d’année, demandent le remplacement du Lieutenant-colonel Théophile Nkiéma, fraîchement nommé Chef d’Etat-major particulier du Président de la république et, in fine, s’opposent à la dissolution du RSP. Comme on le voit, ces revendications exorbitantes dans un Etat – même en transition vers l’Etat de droit – visent un seul objectif, à savoir le maintien d’une armée dans l’armée et en marge de l’Etat-major général des armées.  Quand on sait l’origine et l’odyssée du Régiment, on prie encore et encore pour l’aboutissement de la transition et la mise en œuvre de sa feuille de route.
 
Dérivé de la première compagnie de parachutistes de la jeune armée de Haute-Volta, le Régiment a pour berceau, le Centre National d’Entrainement pour Commandos (CNEC) de la petite ville de Pô, non loin de la frontière du Ghana. L’embryon du Régiment s’était héroïquement distingué, en 1973-74, sur le front, durant la première guerre des frontières entre le Mali de Moussa Traoré et la Haute-Volta de Lamizana Sangoulé. Le fait d’armes était à l’actif d’un détachement commandé par un jeune Lieutenant au destin exceptionnel : Thomas Sankara. A cette époque-là, toutes les unités de commandos-parachutistes étaient sous les ordres du Commandant Moumouni qui mourra au cours d’un saut raté. Deux officiers légendaires (Moumouni et Sankara) dont les profils hors du commun ne sont pas étrangers à l’essor des unités de choc de l’armée burkinabé. Il n’est guère donc surprenant que les soldats d’élite de Pô soient le fer de lance des coups d’Etat en cascade au Faso. Et par conséquent, l’épée et le bouclier des deux Présidents qui se sont succédé (Sankara et son bourreau Blaise) de 1982 à 2014.
 
Mais le vrai bâtisseur du Régiment de Sécurité Présidentielle s’appelle Blaise Compaoré. Calqué sur le modèle togolais de la très fidèle Garde du Président Gnassingbé Eyadema, le RSP de Blaise est une force qui a agrégé et fondu plusieurs contingents formés à la dure école des troupes aéroportées. Détesté par les populations et jalousé par les autres corps d’une armée nationale nettement négligée et quasiment désarmée, le RSP a sa compagnie du train (une noria de véhicules de transport de troupes), ses blindés, sa poudrière, ses stations d’essence etc. En outre, le RSP est hors Etat-major, c’est-à-dire à l’écart de la chaine de commandement, et presque hors intendance. Ses officiers ont été triés sur le volet et méthodiquement promus par Blaise Compaoré.
 
Cerise sur le gâteau des privilèges, le RSP n’a que deux articulations que sont sa base-école de Pô et le Palais présidentiel de Ouagadougou. Conséquence : le gros de la carrière des éléments grassement payés du Régiment, se déroule sous les lambris dorés et non dans la poussière des garnisons provinciales de Kaya, de Gorom-Gorom et de Fada Ngourma. Cependant, le RSP a son programme de manœuvres et d’exercices très durs, au cours desquels les tirs sont à balles réelles, comme à la guerre. Il s’y ajoute qu’au cours des entrainements comme en opérations sur le sol burkinabé – exceptionnellement en territoire malien pour le sauvetage du chef du MNLA, Bilal Ag Chérif, grièvement blessé au combat – le Régiment travaille étroitement avec les baroudeurs du COS français stationnés à Ouagadougou.    
 
Ce Régiment, au service exclusif d’un régime trentenaire, a forcément une Histoire, avec des ramifications et des implications au sein de la camarilla politique et dans les milieux économiques.  Certains officiers – pas des moindres – ont tissé des liens étroits avec des fournisseurs véreux et experts en magouille. D’autres sont des intimes des pontes du CDP (le Parti de Blaise) dont les domiciles étaient sous la protection des hommes du RSP. Mais la collusion la plus redoutée était la proximité patente entre François Compaoré (le petit frère de Blaise) et le commandement de cette Garde plus personnelle que présidentielle. En effet, c’est le RSP – un corps dépourvu d’officiers de police judiciaire – qui avait arrêté et torturé à mort David Ouédraogo, le boy de la famille Compaoré, accusé de vol de la somme de 50 millions CFA. L’affaire dévoilée, en 1998, par le journal « L’Indépendant », a connu un tragique retentissement, avec la liquidation physique du directeur de publication, Norbert Zongo. L’enquête avait mouillé l’adjudant Hyacinthe Kafando du RSP, momentanément exfiltré vers les Philippines. De retour à Ouagadougou, le sous-officier Kafando sera jugé de façon vaudevillesque par un tribunal, puis élu député du CDP de Blaise Compaoré.       
 
Avec des états de service aussi sinistres, on comprend que la Garde (prétorienne) soit sur ses gardes. Sans jeu de mots. On comprend, aussi, pourquoi elle donne de subtils coups d’arrêt à une transition vers une bonne, démocratique et légitime gouvernance, inévitablement accoucheuse de transparence et de reddition des comptes. En résumé, l’évaporation flairée des privilèges, la fin prochaine de l’impunité et le retour (imminent) à l’orthodoxie dans l’organisation de l’appareil militaire, ont paniqué la hiérarchie du RSP. Une peur qu’exploitent les caciques du CDP, discrets mais actifs à Ouagadougou, avec l’aide et les encouragements  de leurs mentors en exil doré que sont Blaise Compaoré à Yamoussoukro, François Compaoré à Cotonou et la milliardaire et, non moins belle-mère, Madame Alizéta Ouédraogo réfugiée à Paris.    
 
Comme toutes ses devancières, d’ici et d’ailleurs, la Révolution démocratique en cours au Burkina, est confrontée à une « cinquième colonne » embusquée et rusée. La capacité de nuisance du Régiment réfractaire réside dans le déficit de vigilance de l’opposition et de la société civile, d’une part ; et renvoie au poids des servitudes géopolitiques, d’autre part. D’un côté, l’euphorie a fonctionné comme une anesthésie chez les tombeurs de Blaise. Au point que les éclipses et les va-et-vient des chefs les plus en vue du RSP n’ont guère alarmé le gouvernement de transition. De l’autre, la crainte de l’émergence d’un second Mali a poussé la communauté internationale à s’accommoder de la permanence du suréquipé Régiment de Sécurité Présidentielle, en tant que rempart contre les djihadistes de tout poil en balade dans le Sahel. En clair, une sinistre Garde prétorienne qui sécurise le pays, est préférable au scénario malien d’une armée effondrée et disloquée. Un sursis qui a des effets vertueux (sauvegarde du pays) et pervers : une transition biaisée à distance par Blaise. 
 
D’abord le Général Gilbert Diendéré, patron inamovible du Régiment (1987-2014) disparait au plus fort de la tourmente, puis réapparait en civil, réside toujours à la caserne Naba Koom (PC du RSP) sans être démis ni inquiété. Pourtant, c’est lui qui a supervisé la fuite de Blaise, en dirigeant une opération de sécurisation de l’aéroport de Fada Ngourma autour duquel le Régiment et les Forces spéciales française ont brisé deux assauts de soldats burkinabés afin de permettre le décollage de l’avion Transall vers la Côte d’Ivoire. C’est un épisode violent et secret de la fuite de l’ex-Président du Faso. Pourquoi un tel homme vadrouille dans Ouaga, convoque puis tance le Premier ministre Isaac Zida et, enfin, participe aux conciliabules chez le Mogho Naba, chef traditionnel des Mossis ?
 
Ensuite, c’est le Colonel Célestin Coulibaly, aide de camp du Président Compaoré, qui revient tranquillement de Yamoussoukro puis réintègre le Régiment. Est-il revenu de Côte d’Ivoire avec des consignes et, surtout, des objectifs fixés par Blaise ? En tout cas, l’ébullition a commencé, dès son retour. Le Régiment très spécial a multiplié les initiatives anti-Transition les plus osées. Aujourd’hui, ce corps d’élite a gagné le premier round, puisque les affectations décidées légalement par le Premier ministre et également ministre de la Défense, ont été gelées. Mieux, le RSP s’est réorganisé en toute autonomie.
 
Le Général Diendéré est encore là, officiellement il n’est rien, mais effectivement il est tout, commande tout le monde et gouverne militairement le Palais de Kosyam. D’autant plus vrai que c’est lui (Diendéré) qui a placé, vendredi dernier, le Colonel-major Bouréma Kéré, à la tête du fameux Régiment. Dans le même mouvement, le Lieutenant-colonel Théophile Nkiéma, cité plus haut, a cédé sa place, sur injonction de Diendéré, au Colonel Célestin Coulibaly (dernier aide de camp de Blaise Compaoré) qui devient ainsi chef d’Etat-major particulier du Président de la transition.    
 
Pas besoin de loupe, pour voir que la transition est entravée. Le Président Michel Kafando est le locataire d’un Palais sous le contrôle exclusif du RSP. Même les jardiniers et les chauffeurs obéissent au Général Diendéré. Quant au Premier ministre – le soldat Zida qu’il faut vite sauver –  il est si affaibli (provisoirement) qu’il quémande la médiation du Mogho Naba, pour sauver ses fonctions et…sa peau. Bigre ! La Restauration accélère la cadence ; tandis que la transition marque le pas. Blaise Compaoré n’a pas encore dit son dernier mot. Au train où vont les choses, le futur Président sortira des urnes et du képi du Généralissime Gilbert Diendéré, patron du RSP et du Burkina. Sauf si la rue sauve (décidément, il faut beaucoup sauver) dans un ultime bain de sang, cette démocratie pourtant bourgeonnante

Babacar Justin N'diaye
Jeudi 17 Septembre 2015
Dakaractu



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24.Posté par Atypico le 19/09/2015 11:11
La situation présente à a différence d'hier quand justin écrivait n'est pas si complexe que vient de le prétendre Macky . Il y a d'un côté une population qui majoritairement ne veut plus de l'ancien président et de sa garde personnelle qui faisait régner la peur et il y a de l'autre côté ce chef du RSP accompagné de quelques personnalités de l'ancien régime honnis, qui est mouillé dan tous les crimes de son mentor et qui veut négocier son immunité et celle de ses sbires. Nous faire croire qu'il y a encire ici deux camps d'égale importance, c'est donner raison aux putschistes ! Le fait d'accepter de discuter avec eux et de se mettre à parler d'esprit de réconciliation avant d'avoir mis fin à ce déni de justice et de démocratie, c'est ouvrir la voie et donner raison par avance à tous les putschs à venir en Afrique pour finalement, tenter de décourager les peuples de se rebeller contre les dictateurs, contre leurs exploiteurs et leurs bourreaux. Merci donc à Macky pour cette nouvelle preuve de lâcheté et d'incompétence qui le met, de fait, présentement, au service du maintien au pouvoir des dictateurs des voleurs du bien public et des salauds pourtant massivement rejetés par les populations . Quel gâchis pour l'Afrique !

23.Posté par Bulba le 18/09/2015 14:59
Simplement du grand art. Pour être franc, Justin est un journaliste hors pair. C'est cela que nous attendons d'un journaliste d'investigation et non de s’aliéner avec les politiciens véreux et finalement perdre tout le prestige acquis après tant d'années de pratique.
Merci encore Justin pour votre éclairage. Je suis d'accord avec ceux qui pensent que cet article doit servir de modèle d'écriture à nos jeunes journalistes.

22.Posté par Ama le 18/09/2015 13:51
Il n'y a rien d'extraordinaire sur cette prophétie de Justin, qui disons le quand même est un grand analyste. Tous ceux qui connaissent le Burkina savent que rien ne peux se faire sans le RSP.

Et puis, le Général Diendiéré qui a orchestré l'assassinat de TS ne va pas laisser la transition déboucher sur un procès où il sera avec le président BC le principal accusé.

C'était aussi banal que çà.

21.Posté par charles casimiro le 18/09/2015 13:46
Merci Mr justin Ndiaye pour la pertinence de vos propos et les rappels historique de certains faits

20.Posté par wawaw le 18/09/2015 13:01
Et quelle est votre vision du Sénégal avec cette belle inertie dans le développement de notre pays...pendant ce temps le gouvernement augmente son taux de millionnaires et milliardaires véreux.
Lorsqu on occulte les volontés du peuple ne vous étonnez pas qu il prenne le pouvoir un jour!

19.Posté par fall le 18/09/2015 11:49
Chapeau à Justin

18.Posté par deugeunetaan le 18/09/2015 11:48
bravo

17.Posté par cmou le 17/09/2015 23:47
Visionnaire vs savez lire entre les vs etes le mjor justin

16.Posté par lamine le 17/09/2015 23:29
Il a longtemps séjourné au pays des hommes intègres. Et qui connait bien l'histoire de ce pays doit savoir c'est pas demain que les militaires vont se mettre derrière les civiles.
Les autorités de la transition ont été naifs en laissant Diendéré libre

15.Posté par Fg le 17/09/2015 22:33
mes respects Mr Ndiaye

14.Posté par Papis le 17/09/2015 22:28
Qu'attends Macky Sall pour le nommer conseiller? Quelle genie! macha allah

13.Posté par paul le 17/09/2015 20:41
Je suis ahuri par la justesse de l'analyse: que diable le RSP a pu tromper tout le monde et qu'aucun acteur de la transition n'aie senti la menace arriver! Quelle responsabilité des puissances étrangères et autres garants de la transition?
Cela dit je ne pense pas que M Ndiaye aie des dons de voyance ou soit un prédicateur! Il est surtout bien informé et perspicace. Dommage que ses avertissements ne soient pas entendus (apparemment)
Tous (ir-)responsables?

12.Posté par diouf le 17/09/2015 16:11
Ça c'est du travail chirurgical, du vrai journalisme d'investigation. Ce monsieur est non seulement un génie mais aussi un passionné de ce qu'il fait. On le sent dans chaque mot, c'est un stratège, un militaire sans képi. Les gouvernants de quelque obédience qu'ils puissent être, doivent le consulter pour son expertise et sa compétence. Même en parlant du Sénégal, on sent qu'il est totalement apolitique. C'est un grand analyste, un journaliste hors-pair dont l'objectivité et l'impartialité ne souffrent d'aucun doute.
Un exemple à suivre par les journalistes et par toute personne qui veut exceller dans ce qu'elle fait.

MACHALLAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH.

11.Posté par Titiw Tiw le 17/09/2015 17:24
Analyse juste ! c'est pas pour rien qu'il s'appelle Justin

10.Posté par Trabulsi le 17/09/2015 14:47
"Au train où vont les choses, le futur Président sortira des urnes et du képi du Généralissime Gilbert Diendéré, patron du RSP et du Burkina."

le mot clé dans cette phrase est ET. Au royaume des aveugles, les myopes sont rois

9.Posté par Ibou le 17/09/2015 14:31
Il l'avait dit depuis le 9 fevrier quel journaliste

8.Posté par Matam nadio le 17/09/2015 13:59
Les politiciens sont juste jaloux mais Justin par example pourrait etre un conseiller strategique du president et du ministre des forces armees

7.Posté par DAN le 17/09/2015 11:54
Justin fait des "propheties" extraordinaire ! Quelle Genie? Quelle Vision? Bravo Monsieur!

6.Posté par Gueye le 17/09/2015 11:48
Les autorités gagneraient à lire vos commentaires si pertinentes et très objectives.
En fait votre place n'est pas dans les organes mais auprès des gouvernants.
Je ne sais si conseiller militaire ou géostratégique existe dans notre jeune République mais je sais vous remplissez ce rôle à merveille.
Croyez-moi, ils vous écoutent et vous lisent mais attentent votre mort pour le témoigner malheureusement...

5.Posté par sjd le 17/09/2015 11:24
Merci Monsieur NDIAYE!

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