«Si cette Jeunesse africaine pouvait, si les Vieux savaient».


«Si cette Jeunesse africaine pouvait, si les Vieux savaient».
J’ai une fois eu l’immense plaisir d’écouter Monsieur Ndongo Ndiaye, spécialiste en communication (et activiste au niveau de la jeunesse africaine) lors d’une cérémonie organisée par Téranga Web Talk à la place du Souvenir Africain de Dakar. Il était bien à sa place, malgré ses 2,14m qui ont ravi la vedette à tout le monde, au bon moment pour parler avec uncharmant public composé majoritairement de JEUNES, avec un message essentiel: «L’alternance générationnelle en Afrique» ! Voilà l’idée.
«On peut toujours écrire à la surface d’une roche, mais jamais à la surface de l’eau».
L'âge médian en Afrique est de 20ans. En 2013, l'Afrique représente un peu plus de 15 % de la population mondiale. Avec un pareil pourcentage d’africains qui détiennent la grande portion de 85% de la richesse du continent, l’Afrique renfermenéanmoins en elle plus de cinq cent millions de jeunes de moins de 15 ans (41 % de sa population). D’où nous avons la parfaite illustration de l'Ouganda et du Niger qui sont les pays les plus jeunes du monde: 49 % des habitants ont moins de 15 ans. Le moment est venu de réorienter l’agenda des pays africains vers une stratégie de croissance inclusive, dont l’objectif premier est de répondre aux besoins spécifiques des jeunes(http://bit.ly/173PMTn ) et, de les associer à ce processus de développement. A bon chat bon rat !
«Le jeune d’aujourd’hui voit plus loin assis, ce que le vieux africain ne pourrait voir debout sur un arbre».
Le proverbe «si jeunesse savait, si vieillesse pouvait» devrait de plus en plus être relativisé car la forme du nouveau savoir, l’impact et sa rapidité de propagation repose essentiellement de nos jours sur la technologie numérique résultant des sciences de l’information et de la communication et qui a pris son timide envol en Afrique dans la fin des années 90. Est-ce une fatalité?Un danger; ou juste le temps de tirer la sonnette d’alarme en ce qui concerne ce gap générationnel qui existe entre ces deux «étrangers»: les jeunes (la génération de l’écran) et les vieux dirigeants. Je sous-entends ici, leur sens de créativité, de flexibilité et de proactivité car la réalité en face d’eux est trop cruelle. L’exemple le plus flagrant aux yeux du monde et vous m’en êtes témoins est le printemps arabe. Une révolution historique sans précédent d’un peuple qui a commencé avec les nouveaux médias, sur les «réseaux sociaux », notamment Facebook. Encore pis, très récemment nous avions tous été témoins de la douloureuse attaque terroriste au Kenya où la communication de masse s’est faite sur twitter. Les répercutions des nouvelles technologies et nouveaux médias sur cette jeunesse d’aujourd’hui peuvent apporter du sang neuf et un nouveau schéma de vision économique et de développement en Afrique. Mais aussi, elles peuvent phagocyter n’importe quel pouvoir, dénoncer n’importe quelle injustice, alerter et sanctionner n’importe quelle négligence. Vous devinerez alors très aisément pourquoi nos dirigeants, les présidents et ceux qui entourent la sphère de décisions politiques, sont jugés avoir un pète au casque. En langage technologique, cela pourrait se traduiretout simplement par le fait que les dirigeants d’Afrique doivent être mis à jour!La moyenne d’âge des leaders et Présidents africains est de 64 ans alors que la tendance mondiale en est de 54. Pour verser dans l’ironie, je dirais que la combinaison de l’âge actuel au pouvoir du Président Robert Mughabé, son homologue du pays de Thomas Sankaraet Paul Biya du Cameroun à eux seuls pourrait concurrencer la tendance mondiale.
«Enfin un peu d’objectivité en Afrique».
Un gap générationnel entre les dirigeants et le peuple constitue une grave menace et une entrave à la démocratie. Je ne partage pas tout à fait la même opinionde certains penseurs et acteurs politiques africains que la démocratie doit être le résidu du développement. L’homme a des devoirs qui lui incombent certes, mais chaque être humain a un droit d’exprimer librement ne pas être d’accord, de syndiquer, d’avoir des opinions différentes, d’apporter des savoirs nouveaux, de décrire la réalité objective, mais néanmoins aspire de la manière la plus profonde au développement et à l’amélioration de son existence.La patrie avant le parti accompagné de son cortège de mensonges et de promesses électorales sont des slogans qu’il ne faut plus tenir à la jeunesse africaine car celle-ci détient une arme redoutable lui permettant de démasquern’importe quel leader devant la scène mondiale et dévoiler ses connaissances limitées et incertaines de gestion des besoins réels d’un pays. Chose qui est aujourd’hui devenue magnifiquement possible tout en épargnant d’innombrables ressources, à travers Internet, l’inter connectivité de la toile et le phénomène global du weblogin.
Au delà de ce fait, la rationalité et une lecture cartésienne devraient de plus en plus habiter nos dirigeants africains sur les degrés de responsabilité que constituent leurs manquementsdans le management stratégiquede l’Etat (dont ils peinent sans technologies nouvelles)et leurs conséquences néfastes sur la population. Surtout chez les jeunes car l’explication mystique sur les guerres, le sous-développement, les catastrophes, la famine, la dictature, la pauvreté mentale, n’a jamais été à l’origine de la création des sept (7) merveilles du monde, ni de l’imprimerie et encore moins de la médecine à distance. Ces pouvoirs réels coexisteront paisiblement en complémentarité et en harmonie dès lors qu’ils comprendront que le développement de l’Afrique s’inscrit aujourd’hui dans la logique d’une nouvelle renaissance. En d’autres mots, aidez les jeunes africains à ne plus faire appel aux sorciers, génies, et charlatansà la place des systèmes de production économique, ni à la place de la logique.
«Ventre plein nègre content: nourrissons les esprits».
Pour récolter les récompenses d’un développement futur, il faudrait semer très tôt. C’est ce que l’on appelle en Wolof «Dji-ko».Faudrait-il encore que ces jeunes africains et africaines issus (es) de ce peuple parlent d’abord leurs languesmaternelles, soient bien formés (ées)intellectuellement dès leurs plus bas âges, soient façonnés (ées) dans le panafricanismevers les Etats-Unis d’Afrique, sachent discerner le vrai de l’ivraie et la culture du travail, se méfient des coqs gaulois et de la manipulation des média, combattent farouchement le socialisme, s’adaptent au monde dulibéralisme centre-droit, et nous projeter sur l’économie du savoir.Car demain j’ai bien peur que ce ne soient les têtes bien faites qui triompheront au détriment des têtes bien pleines.

Cheikh Ndao
«Penser c’est gratuit».

Mardi 8 Octobre 2013
Dakaractu




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