Seydou Guèye, Porte-parole de l'APR : " La victoire en 2012 est le résultat d’une mobilisation citoyenne inédite "


Seydou Guèye, Porte-parole de l'APR : " La victoire en 2012 est le résultat d’une mobilisation citoyenne inédite "

Au lendemain de la parution de l'article, le monde a présenté ses excuses, mais cela n'empêche pas la poursuite des commentaires...


Nous vivons dans un pays curieux il faut l'avouer. Toutes les personnes de bonne foi ont compris l'amalgame à l'origine de ce qui était annoncé comme un coup de tonnerre au Sénégal, qui au final est entrain de tourner en une tempête dans un verre d'eau. Le Journal le Monde a apporté les précisions et présenté ses excuses, Monsieur Lamine Diack, lui-même, ses avocats ont tous pris la parole pour rétablir la vérité et clore le débat, en indiquant clairement, que Monsieur Lamine Diack, n'a financé ni directement, ni indirectement la campagne du candidat Macky SALL. Rien dans les propos de Monsieur Lamine Diack rapportés par le quotidien français ne met en cause le Président Macky Sall. Mais rien n'y fait. Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Il faudrait peut-être rappeler à mes amis du PDS que le Président Macky SALL a fait de la lutte contre la corruption, un cheval de bataille en faisant adopter, le code transparence, la déclaration de patrimoine, la création de l'Ofnac, la réforme de la cour des comptes entre autres. Et notre pays a été très bien classé par l'indice  Ibrahim et il y a quinze jours, Transparency international et Afro baromètre nous ont également classé dans les quatre pays africains ayant fait le plus d'efforts en matière de lutte contre la corruption. Cela ne s'est passé sous le Président Abdoulaye Wade, mais bien sous le Président Macky Sall. Voilà, la réalité qu'ils ne peuvent accepter, la corruption c'est le passé peu glorieux dont nous avons hérité et d'avec lequel il faut impérativement rompre si nous voulons construire un meilleur avenir, c'est-à-dire, un Sénégal émergent fort d'une croissance durable et partagé par tous.


D'aucuns pensent qu'avec ou sans l'appui de Lamine Diack, l'opposition allait gagner face à Abdoulaye Wade...


La victoire de Macky Sall est le résultat d'un processus, politique et social historique, d’une mobilisation citoyenne inédite pour lutter contre l'imposture d'un troisième mandat inconstitutionnel, d’un coup d'arrêt à la dépréciation de nos institutions républicaines. En clair, en 2012, le peuple sénégalais dans un élan collectif, a fait le choix d'une nouvelle trajectoire politique historique en faisant le choix de la République et de la démocratie par le rejet de la tentation dynastique. C'est cela l'histoire, une belle histoire de citoyenneté active dans laquelle, la logique de l'argent, de la violence et de l'impunité, qui était celle du pouvoir sorti, n'a joué aucun rôle. Maintenant, si certains veulent jouer aux révisionnistes des temps modernes, ils sont libres de le faire, mais nous le laisserons personne pervertir le sens de ce temps fort dans notre marche vers la démocratie, que le monde entier honore et respecte, et qui vaut à notre pays son image reluisante


L'opposition d'alors avait-elle le droit de recevoir un appui venant de lui?


Dans tous les pays du monde, des bonnes volontés soutiennent régulièrement les candidats aux élections. Il convient de le faire conformément à la loi, en toute transparence en veillant à ne pas franchir la barrière morale.


Pourquoi dites-vous que l’APR  n’a reçu aucun financement de Mr Diack?


Parce que c'est la vérité, confirmée par Monsieur Lamine Diack lui-même et ses avocats à la rescousse.


Cela ne pose-t-il pas la question du financement des partis politiques au Sénégal ?


Bien sûr, c'est une perspective à ouvrir à moyen terme, mais  certainement pas comme réaction populiste et précipitée à une histoire de corruption dans une fédération sportive avec des secousses probables chez nous. Mais pour l'instant le dossier est en instruction devant la justice française. De mon point de vue il faudra au préalable travailler à la refondation des partis politiques au Sénégal en toute responsabilité. Mettre de l'ordre dans le champ des partis politiques me semble un pré-requis majeur à tout financement public rationnel et élaboré des partis politiques et de la démocratie.


Diack a-t-il raison de citer son pays dans cette affaire?


C'est son moyen de défense. Il vaut ce qu'il vaut. Je me garde de le juger. Il a déjà fort à faire avec un juge réputé et reconnu comme accrocheur et pugnace dans ce genre de dossier. En vérité, cela ne peut ternir l'image du Sénégal, même si on peut le redouter par ailleurs. A  mon avis, il aurait mieux valu que le Sénégal ne fût point cité dans cette histoire de corruption ou de blanchiment d'argent après l'affaire Alex Segura, ancien représentant du FMI ici à Dakar.


Des journalistes ont été convoqués : Certains y voient une volonté de museler la presse...


Absolument pas. D’ailleurs, ils sont tous repartis libres après audition. Museler la presse n'est et ne sera jamais la logique du pouvoir actuel, qui en appelle au sens ses des responsabilités des journalistes, dans leur missions d'informer juste et vrai, de contribuer à aider le citoyen à se faire sa propre opinion en toute autonomie. Cela passe forcément par le respect du traitement équitable de l'information,  du respect de l'éthique et de la déontologie et des cahiers de charge. Notre option consiste c’est l’éthique de responsabilité et non le musellement de la presse que notre pays a largement dépassé. Il nous faut tous en tant qu’acteurs majeurs de la démocratie, agir selon nos convictions mais surtout selon nos responsabilités et les assumer. C'est dans ce sens que l'Etat, par les soins du Ministre de la Culture et de la Communication a pris la décision de saisir le tribunal des pairs incarné par le CORED.


Le coordonnateur du Pds a été mis sous mandat de dépôt suite aux propos qu'il a tenus après la parution de l'article du journal le Monde. Quel commentaire en faites-vous?


Cette affaire est aujourd'hui entre les mains de la justice de notre pays.  L’attitude républicaine, commande de ne pas abuser des commentaires. Mais il reste vrai que beaucoup de sénégalais ont été choqués et indisposés par les propos du coordonnateur du Parti démocratique sénégalais, qui sont manifestement,  irresponsables,  irrespectueux à l'égard des citoyens et inutiles pour la consolidation de notre démocratie. Nous sommes dans un Etat de droit où la justice, en toute indépendance, tranche les litiges et conflits entre citoyens, et entre citoyens et les institutions. De mon point de vue, ces propos sont indignes d'un responsable de son rang, et s'opposer ce n'est pas avoir l'insulte, l'irrévérence et la calomnie à la bouche, mais c'est plutôt critiquer en toute objectivité l'action du pouvoir et proposer aux Sénégalais, dans le cours politique actuel, une offre politique plus puissante que le Plan Sénégal Emergent.  Mais encore faudrait-il en avoir les moyens. Cela ne me semble pas être le cas pour ce qui concerne l'opposition actuelle.


Le Pds dénonce une violation de la Loi partant invoquant le statut de députe de Mr Sarr...


C'est un vieux serpent de mer des responsables du PDS, qu’ils ressortent chaque fois qu'ils constatent l'absurdité de leur démarche. Il faut le reconnaître, c'est la seule opposition au monde qui sort des absurdités et qui reste optimiste quant à ses chances de conquérir le pouvoir demain. Par ailleurs, cela prouve à suffisance l'incapacité du Parti démocratique Sénégalais de sortir de sa torpeur depuis sa défaite de 2012 et de toutes les autres qui ont suivies d'ailleurs. C'est aujourd'hui une opposition revancharde au point de perdre la tête. Autrement le PDS se serait rappelé, que l'immunité parlementaire dont jouit le député Oumar Sarr a été levée dans le cadre des enquêtes relatives à l'enrichissement illicite, le 10 janvier 2013, par une délibération de l'Assemblée nationale, adoptée par 113 voix pour, 5 contre et une abstention. Cette décision est toujours en vigueur. Par ailleurs, les responsables et militants du PDS savent mieux que tout le monde que dans le cas d'un flagrant délit, la justice n'a point besoin d'une autorisation de l'Assemblée nationale, pour arrêter, poursuivre un député, en cause dans une affaire délictueuse. Ce qui incontestable, c'est que le PDS, dans sa posture d'opposition revancharde, a fait le choix stérile de défiance, de la calomnie et de l'insulte. Cela n'impressionne personne et finit par lasser les sénégalais, qui n'ont pas oublié qu'ils ont saccagé le pays.


Que penser des manifestations annoncées par le Pds ?


Des bravades et encore de l'enfantillage. Les militants de l'APR  feront face même si nous restons préoccupés par la mise en œuvre des solutions que le Président de la République et le Gouvernement sont entrain d’apporter à nos concitoyens dans le cadre de la modernisation des cités religieuses comme Tivaouane, Touba, Médina Baye, entre autres, de la couverture maladie universelle (CMU), des bourses de sécurité familiale, la revitalisation de notre agriculture, les projets d'infrastructures de développement prévues par le PUDC, les programmes autoroutiers, routiers et de transport. Ce sont là Autant de mesures saluées par la majorité des sénégalais et destinées à sortir notre pays de l'abîme où le PDS l'avait enfoncé, à rétablir l'équité entre les citoyens entre les territoires, car ne l'oublions pas, les politiques patrimoniales du PDS avaient complètement déstructuré notre tissu social, notre vivre-ensemble et produit des injustices sociales insoutenables.

 

 

 

Mercredi 23 Décembre 2015
Dakaractu




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