Serigne Mboup à Jeune Afrique Magazine « Le secteur privé national doit être protégé, soutenu et promu sans complexe par l’État ».


Serigne Mboup à Jeune Afrique Magazine « Le secteur privé national doit être protégé, soutenu et promu sans complexe par l’État ».
Afrique Magazine. Parlez-nous un peu de vous et de CCBM.  
Serigne Mboup. Je suis un Sénégalais âgé de 47 ans. Ma formation professionnelle en matière de pratique entrepreneuriale et de gestion d’entreprise s’est exclusivement déroulée auprès de mon père, Bara Mboup, qui fut un grand opérateur économique et au sein de l’entreprise familiale qu’il a fondée depuis les années 1960 et dirigée avec rigueur et intelligence jusqu’à sa mort en 1992. C’est lui qui m’a préparé à la sagesse des affaires et a guidé et fortifié mes premiers pas et c’est sur la base de son héritage que j’ai développé le Groupe CCBM qui est aujourd’hui l’un des acteurs économiques privés à capitaux sénégalais les plus dynamiques et les plus innovants. Si CCBM a pu réaliser un chiffre d’affaire de 40 milliards et emploie un peu moins d’un millier de salariés, c’est grâce à la voie de la sagesse qu’il nous a tracé. En partenariat avec des multinationales comme Samsung ou Volkswagen ou avec l’État sénégalais, la stratégie du Groupe a toujours été de mettre à la disposition de ses clients des produits de consommation de qualité aux prix les plus compétitifs.
AM. Quel est votre avis sur la Loi Partenariat Public-Privé que vient de voter le gouvernement sénégalais ? 
S. MB. C’est un excellent acquis législatif et règlementaire qui vient bonifier l’environnement des affaires. C’est à l’exemple cette de Loi qu’il convient de réglementer la participation des privés internationaux étrangers aux appels d’offre public. À mon avis, le secteur privé national d’un pays sous développé comme le Sénégal doit être protégé, soutenu et promu sans complexe par l’État. C’est ce que font tous les pays développés à plus forte raison un pays sous-développé comme le Sénégal. Sans être défenseur de la préférence nationale, je pense qu’il est indispensable d’aménager des mécanismes législatifs de partenariat entre le privé national et le privé étranger. D’ailleurs en matière de PPP, les sénégalais et les africains ont un bel exemple dans le cas du partenariat entre l’État coloniale et la communauté Mouride du Sénégal sous le règne de Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké (premier Khalif de Serigne Touba, fondateur du Mouridisme) qui a négocié en main de maître et assuré le suivi du gigantesque projet de la construction du tronçon de chemin de fer Diourbel-Touba qui a duré de 1929 à 1931. Comme pour dire que, quel que soit le contexte et l’environnement, les initiatives et entreprises privées sont plus audacieuses et plus offensives quand elles sont soutenues et valorisées par les États.
A. M. Quelle est votre appréciation des contrats PPP que le Groupe CCBM a signé avec l’État sénégalais? 
S. MB. Que ce soit sous forme de contrat PPP ou sous forme d’appui-conseil, nous avons toujours travaillé avec l’État. C’était le cas de la levée du financement du projet de construction de terminaux portuaires à Ndakhonga et à Foundiougne, du projet de la nouvelle Cité de Lac Rose et de la Plateforme urbaine de Diamniadio. À propos des PPP, le Groupe CCBM en a signé deux avec l’État du Sénégal. C’est le projet de Cœur de ville à Kaolack qui est un Contrat de Construction-Exploitation-Transfert signé entre l’État du Sénégal et sa filiale Saloum Investissement et Développement (SID) et le Consortium Sénégalais d’Activités Maritimes (COSAMA) qui est un autre exemple de PPP encadré par deux ententes : une convention de cession des droits de gestion et un contrat d’exploitation de la ligne maritime Dakar-Ziguinchor. Ces deux expériences de PPP constituent des cas de réussites exemplaires.
AM. En parlant de Kaolack, votre mandat en tant que  Président de la Chambre de Commerce tire à sa fin, quel est votre bilan ? 
S. MB. Notre bilan est tout à fait positif et ouvre de belles perspectives. Au chapitre des actions prioritaires, des études ont été réalisées pour la réhabilitation du port de commerce, la création d’un Port-Sec à Mbadakhoune et la modernisation de l’Aérodrome de Kahone. En plus de ces actions prioritaires, nous avons structuré un ensemble de services d’appui-conseil tel que le Centre d’Informations Techniques, Économiques et Commerciales, le Centre de formation en Gestion de projet et le Centre d’Assistance pour la création et le développement des entreprises.  
AM. Nous avons été informés que l’Union des Chambres de commerce du Sénégal vous a désigné pour conduire la délégation à la Chambre de communautaire de l’UEMOA, qu’en pensez-vous ?
S MB. C’est avec un immense plaisir que j’ai reçu et accepté cette proposition car je fais partie de ceux qui croient que nos espaces nationaux sont trop exigus et ne sont pas viables pour le développement des affaires. Les entreprises privées gagneront à changer de perspective et considérer l’UEMOA comme un horizon pertinent d’expansion économique et commerciale d’autant plus que c’est une zone d’intégration disposant d’un cadre institutionnel et de dispositions règlementaires favorisant les échanges intracommunautaires. C’est cette conviction partagée par l’essentiel des chefs d’entreprise ouest-africains que les Chambres de commerce sont en train de s’organiser pour réaliser leur potentiel de développement à l’échelle communautaire conformément à la politique d’intégration économique des gouvernements. 


Jeune Afrique
Mardi 8 Juillet 2014




1.Posté par anitakhadafi le 09/07/2014 12:34
il parle de quoi celui là en 931 ce mr m backé n a rien négocié du tout ce fut l épok colonale, maintenant on est en 2014, il faut savoir se privilègier soi-même.



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