Sénégalais en Italie : Nous voulons justice, pas de vengeance


Sénégalais en Italie : Nous voulons justice, pas de vengeance
Colère et stupéfaction régnaient ce mardi au sein de la communauté sénégalaise de Florence, dans le centre de l’Italie, après la mort de deux vendeurs ambulants sénégalais tués lors d’une expédition meurtrière par un Italien d’extrême droite. L’auteur de la fusillade a blessé trois autres Sénégalais avant de se suicider.

Après la tragédie, quelque 200 Sénégalais ont formé spontanément un cortège pour exprimer leur colère. Aux cris de "Honte ! Honte !" et "On ne peut mourir de cette façon" et jetant à terre des scooters, des panneaux de signalisation et des poubelles, ils se sont rendus dans le centre de la ville, où la police les a calmés en leur montrant le corps du tueur, Gianluca Casseri. Agé de 50 ans, il avait été retrouvé mort dans un parking souterrain où il s’était suicidé.

Mardi matin, Gianluca Casseri avait ouvert le feu sur des vendeurs ambulants sénégalais sur un marché situé Piazza Dalmazia, dans la banlieue nord, tuant deux d’entre eux et en blessant deux autres. "J'ai entendu des coups de feu, mais je croyais qu'il s'agissait de pétards. Quand je me suis retourné, j'ai vu trois hommes à terre ensanglantés", a raconté un commerçant cité par le quotidien La Repubblica.

Dans la panique qui a suivi, le tireur a réussi à s’échapper pour se rendre ensuite au marché de San Lorenzo, dans le centre historique, où il a de nouveau ouvert le feu, faisant deux blessés.

Selon les médias italiens, Gianluca Casseri était membre de l'organisation d'extrême droite Casa Pound, ayant des sièges à travers toute l’Italie. Dans un communiqué, cette organisation a pris ses distances avec le tireur, déclarant qu’elle le connaissait peu.

Selon le quotidien Corriere della Sera, les trois blessés sénégalais seraient dans un état grave. L’un d’eux, un homme de 42 ans, a entre-temps subi une intervention chirurgicale. Le tireur avait utilisé un 357 Magnum Smith & Wesson.

Le maire de Florence Matteo Renzi (gauche) a reçu une délégation sénégalaise. Il a décrit la tragédie de mardi comme le "geste solitaire d’un forcené". De son côté, un membre important de la communauté sénégalaise à Florence, Papa Diawe, a déclaré : "Nous voulons justice, pas de vengeance. Mais nous voulons savoir comment un homme comme lui pouvait se promener librement."

Par respect envers les victimes, les marchés où ont lieu les fusillades restent fermés ce mercredi.
Mercredi 14 Décembre 2011
Angelo van Schaik




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