Sénégal Principes et valeurs d’une université dans la société L'éducation, hier, aujourd’hui et demain…



Je pense que l'éducation est au cœur des valeurs fondamentales que notre Etat doit défendre, au sein du service public d’enseignement supérieur. Elle ne doit pas s’arrêter aux frontières de l'université Cheikh Anta Diop et elle est tout à fait essentielle dans le débat citoyen, aussi bien au niveau de la cité qu’au niveau national où l’on observe la montée d’irresponsabilité de l'Etat du Sénégal, le recul d’une pensée rationnelle du ministère de l'enseignement supérieur, le recul de l’esprit critique.
 
Par manque de pugnacité, de vigilance, ou par manque de réflexion sur la manière de transmettre à la jeunesse l’idéal qui est le nôtre, nous nous voyons perdre le terrain et le dialogue politique que nos « prédécesseurs » avaient conquis. Comment défendre et promouvoir cette valeur dans nos Universités ?
 
Il s’agit d’abord d’entretenir la flamme pour ceux qui l’ont. Mais faut-il encore la faire partager et je pense en particulier à nos étudiants. Nous devons avoir le souci de réfléchir à la manière de leur passer le flambeau. Nous aurons bien besoin d’eux pour continuer le combat.
 
Monsieur le ministre de l’Enseignement supérieur Mary Teuw Niane il est donc tout à fait important de promouvoir cet idéal en lui donnant toute sa pertinence contemporaine et en trouvant les mots, les concepts, les réflexions, les sujets concrets qui soient de nature à élargir le camp qui les défend. En ce moment-là que les multiples débrayages et grevés ont fait beaucoup de dégâts dans leur vie estudiantine 
 
Aujourd’hui la défense de la l'éducation et la défense de la démocratie vont de pair.
Le Sénégal comme pays politique qui est encore au stade de projet part des acquis de la démocratie : liberté des individus, égalité en droits, état de droit et la religion, même si elle n’apparaît pas nommément, s’inscrit à plein titre dans ce projet. Mieux vaut. Mais vouloir s'entêter à appliquer des directives d'institutions financières qui ne veulent rien de bon pour le Sénégal c'est mauvais. De toutes les réformes proposées, on a entendu parler et vu appliquer que celles à incidences financières. Toutes les autres sont oubliées. C'est dire celles d'ordre pédagogiques étaient des faire valoir. Et on veut nous faire croire que si les étudiants paient plus et reçoivent moins de bourses cela aura des retombées sur la bonne qualité de l'enseignement ?
 
Monsieur le président de la république Macky Sall, Monsieur le ministère de l'enseignement Supérieur Mary Teuw Niane C’est par la conception et l’organisation de l’enseignement qu’une société progresse vers la démocratie ou régresse. L’enseignement est l’élément précurseur de l’évolution dans un sens ou dans l’autre.
 
Ouvrons le débat et partageons ensemble… Je vous propose une méthodologie:
- « donner un coup d’œil dans le rétroviseur » pour se raconter un peu d’histoire, partir de nos racines, pour savoir quelles erreurs ont été commises et surtout pour éviter de les recommencer; le professeur Cheikh Anta Diop a donne tant d'énergie et de force pour la réussite de notre Université.
 
- « regarder ce qui est à nos pieds », c’est à dire les actions que l’on mène quotidiennement et faire un point de situation pour notre établissement;
- et puis « regarder loin » en fixant la perspective. S’il n’y a pas de perspective, comment faire rêver à un monde meilleur ?
 
Comme le disait Cheikh Ahmadou Bamba (R) « il vaut mieux une tête bien faite que bien pleine, celui qui vous interdit de rechercher du savoir, son interdiction relève de l’égarement car celui qui empêche, en ce temps présent, aux gens de s’instruire, celui-là appelle à l’innovation exécrable car la pratique qui n’est pas inspirée par la science est entachée d’imperfections .La science et la pratique sont deux joyaux précieux qui engendrent le bonheur des Deux Mondes. Le plus noble de ses deux principes est la science, qui est une priorité, comme cela apparaît dans la Sentence de l’Elu. Car celui qui agit en marge de la science, son action se présente comme une poussière en dispersion. Et celui qui a acquis la science et ne l’applique pas, celui-là est un âne chargé".(Maghaliqun-niraan ) ». C’est bien classique!! L’éducation est, avec la santé, la notion la plus importante à octroyer à tout individu. L’université est l’un des derniers endroits où l’on doit former les citoyens à l’esprit critique, qui fait si peur aux politiques.
 
 
Seydina Ousmane Sylla Mbakoll
Membre du Parti Rewmi


 
 
Dimanche 12 Janvier 2014
Dakaractu




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