Sénégal : Macky m’a dit…


Sénégal : Macky m’a dit…
Mais nous sommes où là ?! Rêvons-nous couchés ou debout ? Mais heu…que pourrait dire le président Macky Sall à ce jeune écrivassier, perdu dans le dédale des rues de Paris, l’Hexagone. La terre d’accueil de mon mentor en politique, Abdou Diouf…oups, Abdoulaye Wade, ayant élu domicile tous les deux sur cette terre qui m’est chère. Paris, ville lumière. Je la kiffe, cette belle contrée, où des fois ma femme et moi aimons nous retrouver. Si le rêve est permis, le mien est devenu concret. Macky, notre cher président a décidé de prendre un café avec moi. Non sous les lambris dorés du palais de l’avenue Roume, Dakar, mais sur les rives de la Seine, dans le ventre bouillonnant de Paris. Mon impossible équation à résoudre et qui est de rencontrer le président Macky est devenue une réalité comme une pluie drue. Silence, on touille et on sirote le café.
Abdoulaye Wade
Lui-là, il m’a éduqué et a fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Je n’ai jamais perdu une miette de ses conversations dont je garde de doux souvenirs. Wade est vraiment un baobab doublé d’un flamboyant. Le graal. Mais bon la politique a fait de nous les terribles bêtes que nous sommes voire des ogres. L’on passe notre temps à nous déchirer à belles dents, chacun fourbissant ses armes de son côté. Œil pour œil, dent pour dent ! En effet, cela ne devait pas arriver. Poussé par quelle mouche, me suis mis à attaquer ce symbole de la politique sénégalaise. L’alpha et l’oméga. Mon impression est que Wade est devenu plus puissant. La faute à qui ? A moi, ce que me disent ma cour et certains de mes collaborateurs. Pas envie de nommer ces derniers. Ils m’insupportent plus qu’ils ne m’aident dans ma mission. Je sais qu’avec eux, on ne verra jamais le bout du tunnel. L’un m’a vendu son parti sous la forme d’une Offre publique d’achat(Opa). Cash. Et l’autre a succombé à mes sirènes. Eh ma foi, des voraces voire des sangsues ! Je ne les nommerai pas sinon les foudres s’abattront sur ma pauvre carcasse. En effet, ils se reconnaitront dans mes dires. Ils m’ont presque poussé à mettre Wade fils dans le gnouf de Rebeuss Island. Pauvre de moi ! Et oui, j’affirme que mon père Wade me manque. Chiche ! Et je ne cesse de lui envoyer des signaux de détresse. Et quand je clignote à droite, il vire à gauche. Aucune envie de me voir et même pas en peinture ! Wade, lui-là a fait plus que Senghor et Diouf réunis ! L’un fut un écorché vif de la poésie et l’autre un adepte de la dormance…Chut. Mais le temps est venu de me rapprocher de Wade. Cet éternel faiseur de rois, fourbe et ô combien intelligent ! Je souhaite qu’il pardonne mes errements. Emotion et larmes dans le trémolo de sa voix.
L’opposition
Cette opposition-là, je m’engage à la réduire à sa plus simple expression. Telle est ma tâche. A quoi sert-elle ? Dites-moi. C’est de la pacotille, cette opposition ! Que de la forme et un fond creux tel le slip troué d’un pauvre hère. En démocratie, il est bon d’avoir une opposition crédible. Regardez, ses dirigeants se crêpent le chignon en plein jour ! Lors des législatives précédentes, le pater Wade est même venu à leurs rescousses mais que nenni. Des incapables ! De pauvres leaders qui pratiquent la politique de l’autruche dès qu’ils me voient débouler. Ils savent de quelle étoffe je suis fait et de quel bois je me chauffe. Wax kessé(Ils ne font que parler) ! Je leur ai même proposé de choisir un chef de file. L’on attend jusqu’à présent. Qui d’Idrissa Seck, d’Abdoul Mbaye, de Cheikh Bamba Dièye, de Malik Gackou, d’Ousmane Sonko, de Thierno Alassane Sall ou de Khalifa Sall saura m’affronter en 2019 ? Pathétique opposition ! Juste du vent et zéro action ! Je fais tout pour rendre ce pays démocratique où doivent coexister pouvoir et opposition.
L’Aéroport International Blaise Diagne
Ah mon Plan Sénégal Emergent(PSE) ! Mon fameux éléphant que d’aucuns moquaient, est devenu une réalité. Je continue ce qu’a tracé Wade. N’est-ce pas l’Etat la continuité ? Mes contempteurs arguent le contraire et fournissent des preuves. Ce dont je suis le plus fier est le fameux aéroport de Diass, ce joyau moderne. A tous mes visiteurs, je leur montre cela et en sus Diamniadio, la ville nouvelle. Alpha Condé de la Guinée et récemment Marc Roch Kaboré du Burkina Faso y ont fait un tour et furent tous ébahis et bouche bée comme des moutards ayant vu le père Noël. Mai bon il faut rendre à César ce qui appartient à César. Je ne me le cache pas mais cette œuvre est de Wade. Il est le seul dépositaire. Sacré homme politique doublé d’un génie politique immuable ! L’idée qui me turlupine l’esprit c’est de savoir si je ne vais pas changer le nom de Blaise Diagne et mettre in fine celui d’Abdoulaye Wade et ce sera ainsi AIAW. Une belle appellation qui ferait la fierté du Manitou et pourrait enfin nous réconcilier. Mais il se dit qu’il ne veut rien entendre de ma proposition selon mes missi dominici. En effet, Abdou Diouf, sous la pression de quelques uns de mes collaborateurs, a eu son centre de conférences. En effet, me demande ce qu’a fait Abdou Diouf pour moi sauf qu’il m’a vu naître…vu je ne sais pas mais bon…quand il fut gouverneur de région. Ô que suis-je pressé pour l’ouverture de ce bijou moderne ! Et je compte les jours. Eh oui cap sur 2019 et à moi le 1er tour et haut la main !
L’éducation
Dans  mon mandat, l’un des pires écueils est le problème de l’éducation. Cette dernière est malade mais cette année soulagé je suis quand j’entends certains enseignants, chevillés à l’éducation, prôner le concept Ubi téy Jang téy( Réouverture immédiate des classes). En fait, tout semble déglinguer au Sénégal. Le système. Les Hommes. L’élite dépourvue d’idées novatrices. Il est des moments où je me dis que rien ne peut pousser sur cette terre aride. Dilettantisme et fatalisme sont un terreau fertile. On ne pense plus mais l’on suit sans réfléchir. Et que dire du niveau d’étude. Ô mon Dieu, sacrilège ! Je suis ébaubi quand je pense à cela. En effet, c’est la triste réalité et sans compter l’apport néfaste des réseaux sociaux. Il me faudra prendre le taureau par les cornes et combattre ce fléau qui risque d’emporter à jamais la jeunesse de ce pays ! En effet, l’on sait qu’un peuple sans jeunesse, c’en est un sans âme.
Mon frère Aliou Sall
Dans tout ce tohu-bohu et ce charivari médiatique, vient en tête mon frère Aliou. Lui-là occupe le devant de l’actu chère à la presse sénégalaise férue de potins. Une presse sans avenir…heu…je savais qu’en nommant mon frère à la Caisse des Dépôts et Consignations(CDC), cela créerait des problèmes liés à l’éthique. Mais bon, que puis-je faire ? Abdou Diouf avait son Magued Diouf, Abdoulaye Wade son Karim Wade. Je fais comme eux. Ma téy(m’en fous) ! Oui il est de notoriété publique que 2019 point à l’horizon. Je sais que la CDC est un vrai butin de guerre pour conquérir les voix du peuple friand d’espèces sonnantes et trébuchantes. Nous aimons et nous nous enjaillons quand nous voyons l’argent couler à flots. Cela fait partie de notre ADN. Effectivement après le pétrole et le gaz, Aliou m’a montré une autre facette de lui : un bon manager et un bon politique doublé d’un fin tacticien. N’est-il pas plus intelligent que moi ? Oui, c’est fort possible. En faire un président bis, l’idée me brûle des fois les lèvres. Et quelques courtisans me disent de l’adouber. Mais il ne faut pas brûler les étapes parce que le peuple sénégalais, féru de politique, veille au grain comme la pintade sur ses œufs. Rire forcé. Traits tirés.
D’un coup brusque, le président Macky Sall arrêta net la conversation pour ne pas trop ébruiter la rumeur. En effet cette dernière court, court et court dans Dakar et dans l’intérieur du pays.


POUYE Ibra
Vendredi 3 Novembre 2017
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter



Dans la même rubrique :