Submergé par les revendications effrénées des différentes couches de la société, l’Etat du Sénégal, par la voie du ministre de la Fonction publique, a affiché une ferme volonté de procéder à un audit physique et numérique de ses employés dans l’intervalle novembre-avril. Ce, pour permettre de voir la correspondance entre la masse salariale et le nombre de fonctionnaires. Cependant, selon un fonctionnaire qui a préféré garder l’anonymat, l’audit annoncé ne serait-ce que dans le secteur de l’éducation, risque de révéler des informations sensibles. A l’en croire, depuis l’avènement du quota sécuritaire, il y a des enseignants fictifs payés mais qui se trouvent à l’étranger. Des enseignants sont recrutés dans un département pour servir ailleurs. Des personnes sont recrutées pour servir dans l’éducation et s’activent dans d’autres professions (menuisiers, maçons). C’est pourquoi, prévient-il, « l’audit posera beaucoup de problèmes ». Toutefois, tempere-t-il, « l’Etat est la seule entité dotée de réelles capacités pour mener convenablement son travail de contrôle ». Le probleme, dira-t-il, « c’est que beaucoup d’enseignants sont recrutés et mis à la disposition des marabouts ». Toujours selon notre interlocuteur, il y a une hypocrisie dans le recrutement. « Nous avons des talibés qui après avoir terminé leurs études auprès d’un marabout du coin, sont pris en qualité d’enseignants dans l’école francophone. Ils continuent à enseigner dans les écoles coraniques mais ne mettent jamais les pieds dans leur lieu d’affectation », souligne-t-il. Se voulant plus précis, il ajoute : « comment peut-on bénéficier d’un recrutement dans l’enseignement élémentaire francophone et aller pratiquer dans une école coranique ». L’autre phénomène, regrette-t-il, c’est l’existence d’enseignants recrutés dans le quota maraboutique pour être mis à la disposition des marabouts. Une telle catégorie concerne les talibés qui n’ont que le mérite de l’allégeance à leur guide. Pour récompenser la fidélité due à leur rang, des postes de sinécures sont octroyés à ces “loyaux serviteurs” toujours au service de leur marabout. Le tout pour dire que l’audit de la fonction publique est parti pour remuer le bateau sénégalais.
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