Sauver l'éducation pour reussir le PSE (Par Doudou Faye)


Sauver l'éducation pour reussir le PSE (Par Doudou Faye)
Dans tous les pays du monde (même dans les démocraties les plus avancées) il y a des problèmes éducatifs. Notre pays, depuis son indépendance jusqu’à nos jours, n’a pas échappé à cette  logique. Les évènements de Mai 1968 (nous vous renvoyons à l’ouvrage de notre Professeur A. Bathily) et Février 2006 (violences universitaires sans précédentes) en sont de parfaites illustrations.  Cependant, depuis une décennie on note une certaine particularité du problème que nous n’allons ni détailler ni juger car cela n’est pas l’objet de notre intervention.
Par souci d’objectivité, d’impartialité et de responsabilité, nous tenons à préciser de prime abord que nous ne cherchons pas à mettre une pression sur l’Etat. Nous ne saurions le faire pour plusieurs raisons. En réalité les autorités étatiques sont les seules à maitriser le contenu exact du dossier sur la crise du système éducatif. En effet, ce que nous oublions souvent c’est que les Etats en voie de développement sont souvent pris en tenaille entre la volonté de satisfaire les besoins de leurs populations et les directives des institutions internationales de Breton Woods qui financent en grande partie leurs politiques de développement.
Ainsi apparait la dialectique du vouloir et du pouvoir, entre volonté politique et disponibilité des ressources molles et dures.
Par ailleurs, nous ne pourrions demander aux enseignants de renoncer à leur combat, du reste légal et légitime. Car cela va dans le sens de l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail disons,   de la lutte des classes qui selon Karl  Marx est le moteur de l’évolution des sociétés. Le droit syndical étant reconnu au Sénégal depuis la nuit des temps, les « éducateurs » sont dans une logique de revendication qui engage leur dignité et leur plan de carrière.
Eu égard à cette situation complexe, dans laquelle se trouvent les principaux acteurs du système éducatif sénégalais, on se fait une idée de  la nécessité des parties concernées à trouver une solution car ayant, j’en suis convaincu, les mêmes objectifs. La seule divergence selon mon entendement, c’est qu’on n’a pas les mêmes stratégies pour atteindre les objectifs. De ce fait, quelle que soit la pertinence des outils utilisés par les uns et les autres, le problème restera entier.
Pourtant, l’Etat actuel conformément à la loi d’orientation de l’éducation nationale du Sénégal et au Plan Sénégal Emergent en son 3.2. Axe 2, ne doit ménager aucun effort pour assurer le processus de socialisation des jeunes par les adultes, pour emprunter ces expressions à Emile Durkheim.
L’éducation, si l’on croit à la théorie du capital humain de Gary Becker et à celle de la croissance endogène de Lucas,  occupe une place de choix  dans l’essor  des pays qui aspirent sérieusement à la possibilité de satisfaire les besoins de leurs populations, pour ne pas nommer le développement.
En d’autres termes, le président de la République, Son Excellence Monsieur Macky Sall qui ne mérite pas un bilan moins positif que ses prédécesseurs,  doit réussir sa politique éducative et par ricochet, ses politiques économique et sociale.
Nous serons très déçus de voir le président que nous avons choisi en 2012, répéter les erreurs pour lesquelles on a sanctionné les libéraux. Sinon, l’histoire ne serait qu’un kaléidoscope de  scories, une expérience sans utilité, une  bibliothèque à la disposition d’un peuple illettré.
Quant aux enseignants, par amour du travail bien fait, par « orgueil », ils aiment tous assister à la réussite de leurs apprenants. Pour ce faire, ils doivent respecter le quantum horaire, c’est à dire s’acquitter de leurs devoirs et  user de leur droit de grève. Cette démarche semble être difficile mais c’est le quitus de validation de leurs revendications.
En tant que Sénégalais de classe moyenne voire inférieure, nous exhortons humblement les autorités compétentes à trouver une solution dans les plus brefs délais pour sauver l’année et, mieux l’école sénégalaise.
Pour terminer, nous   restons optimiste que notre Président fera quelque chose car, il le peut  non pas parce qu’il reçoit une pression quelconque mais par conviction. ​Ce geste vivement attendu  sonnera le glas de ces troubles qui indisposent le système éducatif sénégalais.

Doudou FAYE, Responsable politique de l’UDES/R à Saly Portudal, Prof d’HG, Expert en sciences de l’éducation et Conseiller en politique sociale (en formation).
Vendredi 22 Avril 2016
Dakaractu




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