Saignée rédactionnelle à «l'Obs»

La direction de l'hebdomadaire, détenu par le trio Bergé-Niel-Pigasse, annonce un plan de 42 départs volontaires de la rédaction. Soit 22% des effectifs.


A l’Obs, c’est une demi-surprise : la direction avait expliqué fin juin vouloir lancer un plan d’économies de 5 millions d’euros. Mais sa traduction concrète, annoncée ce jeudi, fait néanmoins l’effet d’un coup de massue à l’intérieur du journal détenu par le trio Bergé-Niel-Pigasse. La «réorganisation» vise à ramener le «périmètre rédactionnel» du groupe (y compris le site Rue89) de 185 à 143 postes, selon un communiqué interne que Libération s’est procuré. Soit la suppression de 22% des effectifs : 42 postes, dont 33 journalistes. Le plan s’accompagne d’une réduction de neuf jours de RTT pour les salariés.

Cette saignée, dans un journal peu habitué à ce genre de décisions radicales, doit permettre de faire une économie de 3,6 millions d’euros sur la masse salariale, à laquelle il faut ajouter 1,1 million d’euros grâce à de «nouvelles mesures de gestion». «Comme vous le savez, entre 2011 et 2013, les pertes d’exploitation du groupe l’Obs ont atteint en moyenne 6,7 millions d’euros par an. Depuis le rachat [début 2014], et grâce à vos efforts, elles ont été réduites de moitié pour atteindre 3,6 millions», rappelle la direction dans le communiqué.

«Pour autant, force est de constater que la situation économique de notre journal, comme malheureusement celle de nombreux autres newsmagazines en France et à l’international, n’est plus viable sans une large remise à plat de toute notre organisation, au service de choix éditoriaux plus affirmés», poursuit-elle, expliquant vouloir «réaffirmer le rôle de référence politique et intellectuelle du magazine et la traduire à travers une nouvelle dynamique sur le numérique». «Nous sommes donc contraints d’envisager de nouvelles mesures au niveau du groupe l’Obs», conclut-elle.

La procédure légale liée à ce plan s’ouvrira officiellement le 19 septembre, pour une durée de deux mois. Si tout se passe selon le vœu de la direction, les départs volontaires se feront au mois de décembre. La décision vient clôturer une année houleuse à l’Obs, au cours de laquelle le directeur de la rédaction, Matthieu Croissandeau, a fait l’objet d’une motion de défiance. Elle faisait suite au licenciement brutal de son adjointe, Aude Lancelin, qui avait provoqué une mini-tempête politique à l’intérieur de l’hebdomadaire.

Contacté par Libération, Matthieu Croissandeau n’était pas joignable dans l’immédiat.


liberation.fr
Vendredi 9 Septembre 2016
Dakaractu



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