SESSION PLENIERE DE L’ASSEMBLEE NATIONALE POUR L’ADOPTION D’UNE RESOLUTION SUR LA CRISE POSTELECTORALE EN GAMBIE : Discours du ministre Augustin Tine


SESSION PLENIERE DE L’ASSEMBLEE NATIONALE POUR L’ADOPTION D’UNE RESOLUTION SUR LA CRISE POSTELECTORALE EN GAMBIE : Discours du ministre Augustin Tine
Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Je voudrais vous remercier, au nom de tout le Gouvernement,  de votre initiative visant à adopter une résolution pour appuyer et féliciter le Président de la République, S.E.M Macky SALL , la CEDEAO, l’Union Africaine et les Nations Unies pour toutes les mesures prises en vue d’un règlement pacifique de la crise post-électorale en République Islamique sœur de Gambie.
En effet, comme il est rappelé très souvent, le Sénégal et la Gambie sont unis par des liens séculaires très particuliers qui, par-delà, l’existence de deux Etats, en font un seul peuple.
Aussi, notre pays ne pouvait-il rester indifférent à la crise qui secouait la Gambie et dont les conséquences ne pouvaient assurément  pas l’épargner.
C’est pourquoi, très tôt, Monsieur le Président de la République, s’est employé, avec ses pairs de la CEDEAO à trouver une issue pacifique tout en insistant sur le respect de la volonté librement exprimée par les gambiens lors des élections du 1er décembre 2016.
Il faut rappeler que le Président de la République, S.E.M Macky SALL, a été le premier à prendre note des résultats tels que proclamés par la CENI et  félicité M. Adama Barrow pour son élection comme nouveau président de la Gambie et S.E.M. le Président Yahya Jammeh pour avoir reconnu sa défaite.
Cependant, dans une déclaration retransmise à la télévision nationale le 9 décembre 2016, ce dernier a fait volte-face en rejetant le verdict des urnes et appelé à de nouvelles élections.
Devant ce revirement injustifié,  la Commission de la CEDEAO, la Commission de l’UA et le Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) ont exprimé leur profonde préoccupation au sujet des développements politiques en Gambie. Ils ont exhorté le gouvernement gambien à respecter ses obligations constitutionnelles. Ils ont également appelé les parties à respecter le verdict des urnes, et à veiller à la sécurité du Président élu Adama Barrow, ainsi qu’à celle des citoyens gambiens. 
A l’initiative de notre pays, le conseil de sécurité des Nations Unies a, d’ailleurs dans une déclaration à la presse, publiée dès le 10 décembre 2016, « fermement condamné la déclaration faite par le Président sortant de la République islamique de Gambie, M. Yahya Jammeh, le 9 décembre, dans laquelle il a contesté les résultats officiels des élections annoncés par la Commission électorale indépendante et réclamé la tenue de nouvelles élections ».
Les membres du Conseil l’ont engagé à respecter le choix du peuple souverain de Gambie, comme il l’avait fait le 2 décembre 2016, et à transférer le pouvoir au Président élu, M. Adama Barrow, sans conditions ni retard excessif ».
La CEDEAO qui avait déjà  envoyé à Banjul le mardi 13 décembre 2016, une mission de haut niveau, sans succès, conduite par la Présidente du Liberia, Madame Ellen Johnson SIRLEAF, Présidente en exercice de l’organisation communautaire, a lors de son 30eme Sommet tenu  le 17 décembre 2016 à Abuja, pris, entre autres, les mesures suivantes :
- Maintenir le résultat de l’élection du 1er décembre 2016 en Gambie ;
- Garantir la sécurité et la protection du Président-élu, Monsieur Adama Barrow ;
- Faire respecter la volonté exprimée par le peuple gambien, le 1er décembre 2016 ;
- Designer Son Excellence Monsieur Muhammadu Buhari, Président du Nigeria comme Médiateur en Gambie, et Son Excellence John Dramani Mahama, Président de la République du Ghana,  co-président ; 
- Demander à l’Union Africaine et aux Nations Unies d’avaliser les décisions prises sur la situation en Gambie et demander leur appui aux efforts de médiation de la CEDEAO, ainsi que toute forme d’assistance technique nécessaire ;
- Prendre toutes les actions nécessaires pour faire appliquer les résultats des élections du 1er décembre 2016.
Malgré ce qui été qualifié de médiation de la dernière chance menée par la délégation de haut niveau de la CEDEAO conduite par la Présidente libérienne Ellen Johnson SIRLEAF aux côtés du Président nigérian Muhammadu  BUHARI et de l’ancien Chef de l’Etat ghanéen John Dramani MAHAMA qui ont, de nouveau, le 14 janvier 2017, tenté de  convaincre le Président JAMMEH de céder pacifiquement le pouvoir, ce dernier a campé sur ses positions.

La mission infructueuse de la CEDEAO a quitté Banjul, avec le Président élu Adama BARROW, pour se rendre à Bamako, où s’est tenu un sommet sur la crise gambienne, en marge du sommet Afrique-France.
Au sortir de ce sommet, la CEDEAO a demandé au Sénégal d’accueillir provisoirement jusqu’à son investiture, Adama BARROW pour des raisons de sécurité. 
C’est ainsi que dans la journée du jeudi 19 janvier 2017 le Président élu, Adama BARROW qui a prêté serment dans les locaux de l’Ambassade de son pays à Dakar devant Monsieur Chérif TAMBEDOU, Bâtonnier du Barreau de la Gambie a été investi devant le Président de la Commission de la CEDEAO, la Commissaire aux Affaires politiques de l’Union Africaine, ainsi que les représentants du Corps diplomatique et des organisations internationales accrédités à Dakar et à Banjul.
Tout juste après la cérémonie de prestation de serment, le Conseil de sécurité,  toujours à l’initiative de notre pays, a adopté la Résolution 2337 par laquelle l’organe onusien exprime « son soutien sans réserve à la CEDEAO dans l’engagement qu’elle a pris de garantir le respect de la volonté du peuple gambien, telle qu’elle ressort des résultats de l’élection pacifique et transparente du 1er décembre 2016 ». L’adoption de ladite Résolution a ouvert la voie à une intervention militaire des forces de la CEDEAO préposées, la veille, à la frontière sénégalo-gambienne. Ainsi, les troupes de l’organisation communautaire ouest africaine sont entrées dans le territoire gambien le jeudi 19 janvier dans l’après-midi. 
Le même jour vers 23 h, la CEDEAO a décidé de suspendre l’avancée de ses troupes, le temps d’amorcer une dernière tentative de médiation, entamée par le Président guinéen, le Pr Alpha Condé, à Banjul, en compagnie de son homologue mauritanien Mohamed Ould Abdel AZIZ, assortie d’un ultimatum, pour aménager une porte de sortie pacifique au Président JAMMEH.
Ce dernier a finalement accepté la perche tendue par la CEDEAO et a finalement décidé de s’exiler, le samedi 21 janvier 2017, en Guinée Equatoriale, après une escale à Conakry.


Monsieur le Président,
Honorables Députés,
L’action de Monsieur le Président de la République tout au long de la crise gambienne a été guidée par la recherche d’une solution pacifique mais fondée sur le respect de la volonté des gambiens qui se sont démocratiquement décidés. Cette action s’est aussi toujours fondée sur la légalité internationale à travers les décisions concertées prises au sein de la CEDEAO, de l’Union Africaine et du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
Cet engagement du Chef de l’Etat et sa ferme détermination ainsi que l’intransigeance de la CEDEAO ont donc permis le dénouement final de la crise auquel nous avons assisté en Gambie.
C’est donc dire que le Gouvernement se réjouit de l’initiative du Parlement d’adopter une Résolution se félicitant de la gestion, par Monsieur le Président de la République, de la crise post-électorale en Gambie.
L’ensemble des parties prenantes au processus de médiation se sent, en effet, félicité de sa sagesse et de l’esprit de consensus dont a fait montre le Président Macky SALL. Que ce soit la CEDEAO, l’Union Africaine, les Nations Unies, l’Union Européenne, tous ces partenaires ont salué la contribution positive du Chef de l’Etat.
Votre présente résolution vient donc s’ajouter à ce concert d’approbation et je voudrais, au nom de mon collègue Mankeur NDIAYE et au nom de l’ensemble du Gouvernement, vous en remercier bien vivement.
Je vous remercie
Samedi 28 Janvier 2017
Dakaractu




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