Rétrospective Economie 2015/Suneor et Aidb : Deux dossiers, des milliards, mille questions


L’année 2015 aura été marquée par un début de dénouement à la crise qui a secoué la Suneor. Ainsi, c’est le 27 octobre dernier que l’actionnaire majoritaire de la boite, Abbas Jaber, a quitté la société après la rencontre entre le Premier ministre Mohamed Dionne, et le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Ba, qui a lui-même donné l’info. 
Pour l’argentier de du pays, la décision de l’Etat va jeter les bases d’une nouvelle politique de restructuration de la culture arachidière alors que le désormais ex Président du conseil d’administration (Pca) du groupe Suneor dit rester dans son pays pour explorer d’autres pistes industrielles notamment agroalimentaires. 
En tout état de cause, c’est la fin d’un compagnonnage entre l’État du Sénégal et Abass Jaber qui se sont séparées à «l’amiable». L’actionnaire majoritaire (85 % des actions contre 15 % pour l’État) accepte de jeter l’éponge après un bras de fer de plusieurs mois avec les travailleurs de la Suneor. Une situation qui avait fini de plonger la société dans un climat délétère. 
Jaber se désengage totalement de la gestion de l’entreprise. Des hommes d’affaires sénégalais à l’image de Cheikh Amar, Pdg de Holding Amar, ont manifesté leur intérêt. 
Mais, jusque-là, aucune décision n’est encore prise, notamment par le Chef de l’Etat, même si, de «nouvelles discussions» se- raient enclenchées «avec l’ensemble des acteurs intéressés pour une nouvelle privatisation.» Au même moment, le prix du kilogramme de l’arachide est fixé à 200 FCfa. S’agissant de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd), les travaux ont repris. Car, la société Saudi Bin Ladin group (Sbg) a finalement signé le cinquième avenant «sans conditions», le 14 décembre. Un accord obtenu, grâce certes à la fermeté de la direction générale qui a opposé un refus catégorique à la signature de cet avenant de 64 milliards, mais aussi et surtout à la diplomatie sénégalaise, et des échanges entre Dakar et Ryad. 
En tout cas, ce rêve d’Abdoulaye Wade, alors ministre d’Etat, dans le gouvernement socialiste dit de «majorité élargie» en 1991, concrétisé après la première alternance sénégalaise en 2000, s’est transformé en un véritable gouffre à sous. 
En effet, si dans le montage financier initial, la réalisation de l’ouvrage s’élevait à 229 milliards de FCfa, les différents avenants ont fini par rendre la facture assez salée. Pis, d’aucuns avaient même commencé à parler d’une Arlésienne, à cause des volte-faces et autres chantages du Groupe Bin Laden.
Jeudi 31 Décembre 2015
Dakaractu




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