Retour des pluies, distribution de semences à cycle court… : L’espoir renaît dans le monde rural


Retour des pluies, distribution de semences à cycle court… : L’espoir renaît dans le monde rural

Après un démarrage très timide, qui avait presque fini de jeter le désarroi dans le monde rural, l’hivernage commence à s’installer peu à peu dans les différentes localités du pays. Même si le déficit pluviométrique est loin d’être résorbé par rapport à la même période de l’année écoulée, les dernières pluies enregistrées dans les différentes régions font souffler un léger vent d’espoir. Une régularité des pluies jusqu’au moins la deuxième décade du mois d’octobre devrait aider à combler le déficit pluviométrique. Pour l’heure, l’installation des dernières pluies de l’espoir accélère la cadence des cultures. D’ici là, si les conseils prodigués par les techniciens aux producteurs (notamment l’orientation vers les cultures à cycle court) sont respectés, la campagne sera sauvée. En tout cas, du côté de l’Etat, on a très tôt anticipé cette année sur les besoins du monde rural en mettant en place les intrants et le matériel. Mais aussi et surtout en apportant un important soutien à travers la distribution de vivres de soudure et d’aliments de bétail.
Des pluies de plus en plus régulières
à Tambacounda 
Depuis la moitié de la première décade d’août, les pluies sont devenues plus ou moins régulières. Malgré tout, 48% des postes pluviométriques sont déficitaires  par rapport à l’année dernière. Mais des mesures comme la distribution des variétés à cycle court font renaître l’espoir.
La région orientale a reçu sa première pluie le 25 mai dernier. Cela, selon le gouverneur de Tambacounda, Gabriel Ndiaye, a fouetté l’ardeur du paysannat désemparé à cause des pauses répétées. Ce qui a valu, au moins, 3 à 4 semis. Tirant les conclusions du Crd qu’il a présidé, le gouverneur de Tambacounda souligne que si le rythme actuel des pluies se poursuit jusqu’en fin octobre, l’espoir sera permis, non sans rappeler que l’Etat avait très tôt pris des dispositions pour une bonne campagne agricole comme la mise en place à temps des intrants et semences. Mais c’était sans compter avec les aléas climatiques. Aussi, l’Etat a réagi en mettant à disposition des paysans des variétés à cycle court. Le gouverneur s’est félicité du taux de vente des intrants qui a atteint les 98% pour l’arachide. 
Selon lui, 7.000 ha de semences certifiées ont été emblavés pour l’ensemble des variétés pour la reconstitution du capital semencier. Il s’y ajoute que la Cncas a mis plus d’un milliard de FCfa dans la campagne agricole avec un accent particulier sur la reconstitution du capital semencier.  Le directeur régional du développement rural (Drdr), Pierre Diouf, revenant sur les faits saillants de cette présente campagne, a indiqué que la mise en place des intrants à débuté en mai dernier, avec un taux actuel de cession de l’ordre de 95 %. La première pluie utile est tombée le 11 juin dans les départements de Tambacounda et Goudiry. Elle a permis le démarrage des premiers semis (arachide, mil et maïs). Ensuite, est intervenue une première pause pluviométrique du 18 au 29 juin. La deuxième pause (de fin juin à mi-juillet) a entraîné l’arrêt des semis et affecté les premières levées. La reprise des pluies dans la seconde moitié de la deuxième décade de juillet a favorisé une  troisième et dernière vague de semis toutes variétés confondues. Pour M Diouf, depuis la moitié de la première décade d’août, les pluies sont devenues plus ou moins régulières. « A présent, seuls  48% des postes pluviométriques sont déficitaires par rapport à l’année dernière », explique-t-il. 
Le cumul des postes de Koumpentoum oscille entre 116 mm à Payar et 259 mm à Koumpentoum tandis que les cumuls des postes de Tambacounda  oscillent entre 288 mm à Koussanar et 389 mm à Missirah, alors que les cumuls des postes de Goudiry  vont de 207 mm à Boynguel à 410 mm à Diankémakhan. Pour Bakel, ils varient de 133 mm à Bêlé à 311 mm à  Bakel. Sur le plan phytosanitaire, il n’y a rien de spécial à noter dans les départements de Tamba, Goudiry et Bakel. Mais, dans le département de Koumpentoum, des prospections faites à la date du 13 août dernier sur près de 850 ha, ont révélé la présence de sauteriaux sédentaires de très faible densité, en particulier sur les jachères en friche. Des mesures ont été prises pour maintenir ces populations sous le seuil de nuisibilité et du matériel a été remis aux comités de lutte.

Pape Demba SIDIBE

Les paysans du Saloum retrouvent le sourire
L’espoir d’un bon hivernage renait dans le monde rural, particulièrement dans la région de Kaolack où, après une pause pluviométrique assez longue, les averses ont repris de plus bel, suscitant des préjugés favorables chez les paysans. 
« Si la tendance se maintient et que le monde rural est arrosé jusqu’au mois d’octobre, les récoltes seront assez bonnes ». Tel est le sentiment du directeur régional du développement rural (Drdr) de Kaolack, Falilou Faye. Il s’est félicité de la reprise de la pluviométrie et des mesures prises par l’Etat face aux caprices de l’hivernage de cette année. Cependant, reconnaît le Drdr, les postes pluviométriques de la région sont déficitaires par rapport à l’année dernière, malgré les pluies enregistrées depuis le 5 août dernier. Si dans certaines localités du département de Nioro, l’hivernage est en avance, dans le département de Kaolack et une partie de Guinguénéo, des paysans ont attendu les pluies en début du mois d’août pour s’adonner aux semis, notamment d’arachide, de mil, de maïs et de Sorgho. Beaucoup ont jeté leur dévolu sur les variétés hâtives, une nouvelle politique prônée par l’Etat, face au changement climatique qui a complètement bouleversé le processus habituel. Dans le département de Nioro, notamment dans les arrondissements de Paoscoto, Wack Ngouna, Keur Maba Diakhou et Médina Sabakh où, dès les premières pluies du mois de juillet, la plupart des paysans a semé, l’hivernage est bien parti. Il existe même des endroits où le maïs est au stade d’épiaison et l’arachide de gynéphorisation. 
Mamadou Diop du village de Thioubène, situé dans la mairie de Gainte Kaye, salue les dispositions prises, cette année, par l’Etat du Sénégal notamment dans la mise en place, à temps, des semences et autres intrants. «Cela a permis à une bonne partie des populations du département de profiter des premières averses pour semer et épandre aussi bien l’engrais que l’urée », a-t-il souligné, se félicitant également de la mise à disposition, pour la première fois depuis des décennies, du matériel agricole comme les semoirs, les houes Sine, les houes occidentales et les charrettes. 
Par ailleurs, les éleveurs de la région qui craignaient pour le cheptel durement éprouvé dans certaines zones de la région, ont aussi retrouvé le sourire. « Contrairement à ce que certaines personnes veulent faire croire par rapport à la situation dans le monde rural, il n’y a pas eu beaucoup de pertes et la famine que l’on craignait n’a pas eu lieu », a rassuré Modou Faye du village de Nianta. Il a indiqué que, de tout temps, le mois d’août a été un mois de soudure, ce que certains comparent, à tort, à la famine.  

Mamadou CISSE

ZIGUINCHOR : Le déficit pluviométrique se résorbe
La région de Ziguinchor est en train de résorber son déficit pluviométrique, par rapport à l’année dernière. Et les cultures se comportent bien, malgré le retard constaté dans le démarrage de l’hivernage.
Selon le directeur régional du développement rural (Drdr), El-Hadji Mamadou Konté, dans le département de Bignona, actuellement, tous les postes pluviométriques ont dépassé les 500 mm. A la date du 18 août dernier, plusieurs localités avaient enregistré plus de 840 mm. C’était le cas de Thionck-Essyl (841 mm). Dans le département de Ziguinchor, ce sont 700 à 800 mm de pluie qui ont été enregistrés. Mais, il existe des zones où l’on dépasse les 1.000 mm. C’est le cas à Nyassia. Dans le département d’Oussouye où plus de 700 mm avaient été enregistrés, Cabrousse a presque atteint les 967 mm. « Aujourd’hui, nous rendons grâce à Dieu, parce que la pluviométrie est revenue à la normale, en termes de quantité », s’est félicité M. Konté. 
Cela a été favorable aux producteurs qui sont tous dans leurs champs en train, soit de labourer soit de faire les premiers entretiens de leurs cultures. A l’en croire, si la fréquence des pluies se poursuit, tous les postes pluviométriques de la région seront excédentaires. Il a souhaité que la pluie continue jusqu’autour du 15 octobre pour que les cultures puissent boucler leur cycle. 
Par rapport au retard de la pluviométrie qui avait été constaté dans cette partie Sud du Sénégal, le Drdr a souligné que l’Etat a pris des dispositions, en renforçant la région en variétés de semences à cycle court (riz et niébé). Il a annoncé des variétés de semences de sorgho local à cycle court qui parviendront sous peu aux producteurs locaux. El-Hadji Mamadou Konté a exhorté ces derniers à se mettre au travail pour, dit-il, accompagner le Programme de relance et d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas) notamment le volet riz. Le Drdr a affirmé que, globalement, toutes les cultures se comportent très bien. A Bignona, l’arachide est en début de floraison, le mil au tallage, le riz de plateau en début de tallage. C’est pratiquement le même niveau de développement végétatif des spéculations dans le département de Ziguinchor, surtout le mil et le sorgho. A Oussouye, les cultures sont également au même stade.

Moussa SADIO  

A Fatick, des postes pluviométriques restent encore déficitaires
Le ciel continue d’ouvrir ses vannes sur l’étendue de la région de Fatick. Les pluies tombées ces derniers jours ont eu des impacts positifs sur le comportement des cultures. Ce qui a beaucoup amélioré la situation. Mais les postes pluviométriques restent encore déficitaires. C’est le constat fait par les techniciens de la Direction régionale du développement rural (Drdr) de Fatick.
L’hivernage s’est bien installé dans la région de Fatick où le ciel continue d’ouvrir ses vannes. Partout, le tapis herbacé est en train de se reconstituer et les mares se remplissent progressivement au grand bonheur des éleveurs. Pour les cultures, le constat est également rassurant. La situation a beaucoup évolué avec les dernières pluies. 
Dans son rapport de la campagne de la période du 9 au 15 août 2014, le directeur régional du développement rural de Fatick (Drdr), Jean Paul Bampoky, a indiqué que les pluies de ces dernières semaines ont eu des impacts positifs sur le comportement des cultures. Cela a fait renaître l’espoir chez les producteurs. Toutefois, M. Bampoky soutient qu’il y a toujours un déficit constaté dans tous les postes pluviométriques et une mauvaise répartition spatio-temporelle. Selon lui, durant cette semaine, le sud-ouest du département de Foundiougne a été très bien arrosé avec un pic de 202 mm à Niodior comparé à celui de Fatick où on n’est encore qu’à 8 mm dans le poste de Fimela.Aussi, fait-il remarquer, jusqu’à la date du 15 août, la situation pluviométrique reste déficitaire en quantité et en nombre de jours dans tous les postes de la région de Fatick. Mettant l’accent sur les cultures (mil, arachide, maïs, riz, sorgho, niébé), le Drdr a signalé que dans le département de Fatick, la situation des cultures a beaucoup évolué pour le mil et des stades de levée et de montaison sont constatés. Pour l’arachide, a-t-il dit, le même phénomène est observé (levée et floraison).

Situation meilleure à Foundiougne
Si le même phénomène est constaté dans le département de Gossas, la situation est meilleure dans celui de Foundioungne où, pour le mil, des stades de montaison, tallage et formation des feuilles ont été relevés. Pour l’arachide, les techniciens ont signalé des stades de floraison notamment dans les zones de Toubacouta, Nioro Alassane Tall, et Keur Saloum Diané, mais également de ramification et de plantule. Pour les autres spéculations comme le maïs, riz, sorgho, niébé et sésame, il y a un bon comportement des cultures. 
Nonobstant ce bon comportement des pluies, le Drdr recommande l’utilisation des variétés à cycle court comme le niébé. Sur la situation phytosanitaire, Jean Paul Bamboky a soutenu que durant la période du 19 au 25 juillet, la situation a été relativement bonne, ne signalant que 3 ha d’infestation d’Amsacta sur les céréales dans la zone de Nioro Alassane Tall (département de Foundiougne). Il souligne que les unités de protection de la Direction de protection des végétaux (Dpv) ont traité ces zones infestées. 
Pour la distribution des vivres en riz, l’adjoint au gouverneur chargé du développement, Mor Fall, a indiqué qu’à la date du 16 août 2014, sur un quota de 341 tonnes de riz destinées au département de Gossas, 116 tonnes ont été réceptionnées par le Commissariat à la sécurité alimentaire. Il a informé que dans ce département de Gossas, 553 familles ont été retenues à raison de 15,4 kg par tête et pour un maximum de 10 personnes par famille. Pour les autres départements (Fatick et Foundiougne), affirme Mor Fall, il est prévu des cachets qui sont des bons alimentaires gérés par le Programme alimentaire mondial (Pam). Pour le cachet, chaque personne reçoit un bon de 5.000 FCfa et pour un maximum de 9 personnes dans la même famille. De plus, Mor Fall a annoncé un planning de mise en place dans le département de Gossas.

Oumar Ngatty BA

Retard pluviometrique : L’inquiètude des agriculteurs de Thiès  
A la division analyse et prévisions statistiques de la Direction régionale du développement rural (Drdr) de Thiès, les discussions portent plus sur le déficit pluviométrique. 
A ce jour, aucune pluie de grande importance n’a été encore notée dans la région. Ce qui indique une situation préoccupante pour ne pas dire, catastrophique sur toute la ligne, comme l’a fait remarquer le président de l’union des groupements de producteurs de Mékhé, Serigne Falilou Diagne. « Nous sommes à la 2è décade du mois d’août et jusque-là, la zone n’a pas encore enregistrée une forte pluie », dit-il. Conséquence ? Les activités champêtres sont au ralenti. 
L’inquiétude se lit sur les visages des producteurs. Et, ce qui inquiète le plus, souligne Serigne Falilou Diagne, c’est que « toutes les réserves paysannes sont épuisées ». « Les populations sont confrontées à des problèmes de vivres de soudure, le bétail qui n’a de quoi se nourrir se contente des feuilles de Nim», s’inquiète Falilou Diagne. Pour autant, même s’il a dû constater le manque de pluie dans certaines poches de la région de Thiès, Doudou Diop, le président de la fédération nationale pour l’agriculture biologique, est moins alarmiste. Pour lui, l’espoir est encore permis. A son avis, « seul Dieu dispose du patrimoine de la pluie et en bon croyant nous ne pouvons que continuer à nourrir l’espoir de voir combler le retard accusé dans le démarrage de la pluviométrie et son déficit résorbé». Dans tous les cas, les producteurs ont été invités à s’orienter vers les semences à cycle court. Serigne Falilou Diagne propose comme spéculations de substitution,  le niébé, la pastèque ou le manioc. 
Cette situation hivernale marquée par un retard de la pluviométrie dans plusieurs postes météorologiques de la région, est vécue à Thiès au moment où une trentaine de chercheurs, enseignants, techniciens et acteurs du monde rural ont assisté à une session d’une semaine de  renforcement des capacités sur la filière semencière. Une occasion pour eux d’être mieux outillés pour l’encadrement et la formation des producteurs sur la production et la gestion des semences. 
Les résultats attendus visent essentiellement à mieux outiller les producteurs afin de leur permettre de s’imprégner des techniques de gestion du capital semencier, en vue d'accroître leur rendement, a estimé Demba Farba Mbaye, directeur adjoint du projet Usaid-Era. Plusieurs techniciens de l’Agence nationale de conseil agricole et rural (Ancar), de l’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra) et des enseignants et chercheurs des universités Gaston Berger de Saint-Louis, Cheikh Anta Diop de Dakar, de Thiès, et une équipe du projet Usaid-Era, ont pris part à cette rencontre.

Mohamadou SAGNE

A Kolda, les paysans demandent des semences hâtives
Le département de Kolda a reçu beaucoup plus de pluies que le reste de la région. Cette mauvaise répartition de la pluviométrie a eu une incidence sur le comportement des cultures. 
Malgré les quelques pluies enregistrées au cours de ces derniers jours dans la région de Kolda, la plupart des postes pluviométriques est encore déficitaire. Les quantités de pluies enregistrées depuis le début de l’hivernage sont très mal réparties dans le temps et dans l’espace. Le département de Kolda a reçu beaucoup plus de pluies que le reste de la région. La commune de Kolda affiche un déficit de -3 mm contre -20 mm pour Dioulacolon alors que les postes de Saré Bidji et de Dabo enregistrent un léger excédent de + 0,4 mm chacun. 
Par contre, dans le département de Vélingara, le déficit pluviométrique est extrêmement important par rapport à l’année dernière à la même époque. Le poste de Vélingara commune affiche -111,9 mm contre -108,9 mm pour Kounkané ; -128, 5 mm à Pakour et -85, 3 mm à Bonconto. La situation n’est guère meilleure dans le département de Médina Yoro Foulah qui montre également une grave disparité dans la répartition des pluies dans le temps et dans l’espace. Et c’est le poste de Pata qui affiche le plus grand déficit avec -118,7 mm contre -85,9 mm à Ndorna ; -18 mm à Fafacourou et -89,6 à Médina Yoro Foulah. Il faut dire que ces déficits ont eu une incidence plus ou moins grave sur le développement des cultures notamment de l’arachide et des céréales comme le mil et le sorgho. La plupart des producteurs des zones affectées par la rareté des pluies a semé une ou deux fois entre les mois de mai et août derniers avant de jeter l’éponge. Ils se tournent, à présent, vers les cultures à cycle court comme le sésame ou la pastèque, entre autres, pour sauver la campagne agricole. Mais, ils peinent à trouver des semences de sésame. « Dans la diversification des cultures, il est important de doter la région d’un quota complémentaire de semences de sésame à l’instar du niébé. Une demande très forte est exprimée par les producteurs à travers leurs organisations. 
Le Projet Usaid/Yaajeende est disposé à faciliter l’accès aux producteurs à des semences hâtives de mil bio fortifié (60 jours, riche en fer et en zinc) et sorgho Aralba qui ont été testées dans les autres zones d’intervention du projet dans les régions de Matam, Kédougou et Tambacounda », déclare Mamadou Badiane, directeur régional du développement rural (Drdr) de Kolda. Par contre, dans les  zones non affectées par le déficit pluviométrique, les cultures se portent plutôt bien. C’est le cas notamment pour le maïs de case, le maïs plein champ, le mil souna case et le sorgho local plein champ. Il en est de même pour l’arachide hâtive, l’arachide 69-101, le manioc de case et le riz pluvial.

Mamadou Aliou DIALLO

Situation pluviométrique : Déficitaire dans le Centre et le Nord-est normale pour le reste, selon l’Anacim
Les données de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim) donnent une idée de l’installation tardive de l’hivernage, cette année, dans plusieurs parties du pays. En effet, explique Aïda Diongue Niang, directrice de l’Exploitation météorologique à l’Anacim, globalement, une situation déficitaire est notée  dans  le Centre et le Nord-est,  sur l’axe qui va de Dakar à Saint-Louis. Il en est de même pour le Centre regroupant les régions de Kaolack, Fatick et Diourbel, lesquelles sont des contrées à vocation agricole. Par ailleurs, note Mme Niang, les régions de l’Est, notamment les départements de Bakel et Kédougou et une partie de la région de Matam, sont dans une situation normale par rapport à une moyenne sur 40 ans. Il faut aussi rappeler qu’un excédent a été relevé au Nord avec une extension qui va jusqu’au département de Linguère, mais également dans l’extrême Sud-ouest (Ziguinchor et Cap-Skiring). 
Pour ce qui est du reste de l’hivernage, déclare la directrice d’Exploitation météorologique, les limites de la prévision ne permettent pas de dire exactement la date à laquelle les pluies vont s’arrêter. Toutefois, avance-t-elle, les statistiques sur les probabilités d’avoir des pluies au-delà du 1er octobre montrent que la région de Casamance se trouve dans une situation favorable à 100 %. Dans le Centre, c’est plutôt la probabilité d’avoir des pluies vers fin septembre jusqu’au début octobre. Par contre, dans le Nord,  il n’y a pratiquement pas de chance d’avoir des pluies au-delà du 30 septembre.

Ibrahima BA

Achat de variétés à cycle court : L’Etat déroule un programme agricole d’adaptation de 3 milliards de FCfa
Le ministère de l’Agriculture a pris les mesures nécessaires pour faire face aux difficultés relatives au retard des pluies. Il déroule un programme d’adaptation d’un montant de 3 milliards de FCfa pour l’achat de variétés à cycle court. 
A côté du programme classique qu’il a déjà initié, le gouvernement du Sénégal, par le biais du ministère de l’Agriculture, est en train de dérouler un programme agricole d’adaptation pour faire face aux désagréments relatifs au retard des pluies. Selon le directeur de l’Agriculture, Oumar Sané, ce programme d’adaptation agricole d’un montant de 3 milliards de FCfa est constitué pour l’achat de semences à cycle court. Il s’agit de 4.000 tonnes de semence de niébé, 700 tonnes de sorgho, 45 tonnes de sésames et 10.000 ha de manioc. 
Ces différentes spéculations, souligne le directeur de l’Agriculture, sont présentement en train d’être distribuées à travers le pays. Le gouvernement prévoit aussi la distribution, plus tard, de 10 tonnes de semences de pastèques. Ce programme spécial est déroulé par le ministère de l’agriculture, suite au retard des pluies. A l’exception du manioc qui n’est pas trop exigent en eau, il concerne des variétés à cycles court qui pourront s’adapter à la présente situation.
S’agissant du programme classique, il est d’un montant de 21 milliards de FCfa, selon le directeur de l’Agriculture, Oumar Sané. Ledit programme agricole porte sur l’achat de 74.000 tonnes de semences d’arachide dont les 24 tonnes sont des semences certifiées et les 50 tonnes écrémées. Il concerne également l’achat de 300 tonnes de mil, 230 tonnes de sorgho, 850 tonnes de maïs. Concernant le maïs, les 750 tonnes sont des variétés locales et les 100 restants sont hybrides. 
Ce programme a aussi permis l’achat et la distribution de 1.673 tonnes de niébé, 25 tonnes de fonio, 20 tonnes de sésame et de 90 tonnes d’engrais d’une valeur de 13 milliards de FCfa. En plus, le programme national d’autosuffisance en riz a permis l’achat de riz pluvial et de 9 tonnes d’engrais.

Aly DIOUF

Sauvegarde du cheptel : 9.153 tonnes d’aliment de bétail acheminées
Le ministre de l’Elevage, Aminata Mbengue Ndiaye, a affirmé qu’à travers une enveloppe de 1,5 milliard de FCfa, 9.153 tonnes d'aliment ont été payées puis immédiatement acheminées dans les régions. « Les opérations se poursuivent, car nous avions ciblé les régions les plus touchées », a expliqué le ministre, qui constate également le retard noté dans le démarrage de l’hivernage de cette année. « En 2012, nous avions fait une opération de sauvegarde du bétail qui avait permis aux éleveurs d'acheter l'aliment mis en place par l'Etat à 50% de son prix », a-t-elle rappelé.

A. DIAW

Vivres de soudure : 41.000 tonnes en cours de distribution pour sauver 675.000 personnes
L’Etat a mis les gros moyens pour venir en aide au monde rural. Un montant de 5 milliards de FCfa est débloqué pour l’achat de 41.000 tonnes de vivre de soudure. Pas moins de 675.000 personnes, réparties sur l’ensemble du territoire national, vont en bénéficier.
Depuis le 15 août dernier, les autorités, à travers le Commissariat à la sécurité alimentaire (Csa), distribuent des vivres de soudure aux citoyens les plus nécessiteux du monde rural. Cette opération consécutive à la rareté des pluies vise à permettre aux ruraux d’anticiper les périodes difficiles à venir. L’opération est lancée dans la première quinzaine du mois d’août à Ross Béthio, au nord du pays. Elle permet de secourir 675.000 personnes nécessiteuses du monde rural. 
Selon le directeur du Csa, l’Intendant-colonel Aly Mar, l’Etat du Sénégal a débloqué une enveloppe de 5 milliards de FCfa, en vertu du plan de riposte qui a été ordonné à l’issue du conseil des ministres du 10 juin dernier. Au total, 41.000 tonnes de vivre de soudure seront achetées chez les producteurs locaux et distribuées au monde rural. A la date du 14 août dernier, 2.137 tonnes de riz paddy ont été achetées dans la vallée, sur les 20.000 tonnes prévues pour la première phase de l’opération. Elles seront ensuite acheminées vers les nécessiteux à l’intérieur du pays.
Une fois les vivres convoyés dans les différentes localités, les autorités administratives vont procéder à la distribution en ciblant les familles qui en ont le plus besoin. Dans cette mission d’assistance au monde rural, le gouvernement est épaulé par des partenaires techniques et financiers, à savoir le Programme alimentaire mondial (Pam), l’Unicef et plusieurs organisations caritatives. Certains partenaires tels que le Pam utilise du cash transfert pour participer à l’opération, notamment dans les zones difficiles d’accès. L’ensemble de l’opération est effectué sous l’égide du Conseil national à la sécurité alimentaire logé à la Primature. 

A. DIOUF

Région de Louga : Un hivernage à géométrie variable
La situation pluviométrique « assez normale » du département de Linguère contraste avec celle qui prévaut dans les départements de Louga et de Kébémer où les paysans attendent toujours l’installation de l’hivernage pour entrer en activité.
Une région, deux réalités. C’est l’image qu’offre Louga en cette période hivernage. A Linguère, on note, avec satisfaction, une bonne installation de l’hivernage  dès le début du mois de juillet. Plus précisément depuis le 6 juillet. Dans ce département, la situation pluviométrique est « assez normale ». Les postes de Linguère, de Barkédji et même Labgar qui est toujours déficitaire, affichent respectivement 182 mm, 127 mm et 80 mm. « Dans le Djolof, d’une façon générale, on a enregistré de très bons cumuls. Presque tous les postes du département affichent une bonne situation », commente le directeur régional du développement rural (Drdr), Oumar Mbengue qui a accordé, samedi, un entretien à l’Aps et au Soleil. Il fait remarquer qu’à Linguère, la première vague des semis remonte au 7 juillet. La seconde au 16 juillet et la troisième vague au 7 août. « L’espoir est permis dans le département où la cadence des cultures se porte bien. Il y a de réelles raisons d’être optimiste à Linguère», souligne M. Mbengue. 
Contraste saisissant avec ce qui se passe à Louga et à Kébémer où l’on note un déficit pluviométrique devenu préoccupant. Les paysans attendent toujours l’installation de l’hivernage. La première pluie utile se fait désirer dans ces deux départements. Les quelques gouttes enregistrées, début juillet, avaient, pourtant, suscité un immense espoir chez les paysans. Malheureusement, la pause pluviométrique qui se prolonge toujours est venue pour tout remettre en cause. Des semis perdus.

Des paysans désemparés 
Le Drdr, préoccupé, explique la situation. « Incontestablement, cela est dû aux changements climatiques qui affectent la région depuis 2010 », dit Oumar Mbengue qui parle d’un déficit en termes de hauteur et de nombre de jours de pluie. « C’est presque la situation de l’année dernière qui est revenue », rappelle le Drdr. Début août, une fine pluie avait été enregistrée, obligeant certains paysans à ressemer. Aujourd’hui, Louga et Kébémer prient  pour que ce retour annoncé des pluies ne se transforme en une grosse désillusion. Les cultures en ont grandement besoin pour reprendre forme. « Si la cadence des pluies revient durablement,  les cultures de niébé pourront boucler leur cycle. L’année dernière, beaucoup de paysans avaient semé vers le 7 août et avaient fait de bonnes récoltes », se souvient le technicien Mbengue qui espère aussi qu’il y aura un glissement de l’hivernage et que ça pleuvra jusqu’en octobre.

Abdoulaye DIALLO

L’arachide déconseillée
La culture de l’arachide qui a un cycle long, de 90 à 110 jours, n’est plus recommandée dans les départements de Louga et de Kébémer où les producteurs attendent toujours l’humidité du sol pour entrer en activité. « Semer des graines d’arachide au-delà du 15 août représente un réel risque. Celui qui le fait a de faibles chances de récolter en fin de campagne », prévient le technicien Oumar Mbengue. Il recommande que l’accent soit mis non seulement sur le niébé mais aussi sur la pastèque et le manioc. « Les paysans peuvent conserver leurs semences d’arachide et mettre le paquet sur le niébé, la pastèque et le manioc », conseille le Drdr de Louga. 
Il rappelle que l’Etat avait pourtant pris les devants en mettant à la disposition des paysans tout le nécessaire pour leur permettre de réaliser une bonne campagne. S’agissant des semences, leur mise en place qui a démarré dès le mois de mai dans les 3 départements. Pour l’arachide, les ventes ont même été bouclées. Les 3.951 tonnes de semences reçues sur les 4.037 prévues ont été vendues à 98 %. Le niébé a connu le même bon taux de vente, car 721 tonnes des 870 reçues ont trouvé preneurs. 
Le même effort de l’Etat a été enregistré sur le matériel agricole. Presque tous les 882 semoirs et 1.125 houes alloués à la région de Louga ont été vendus. « Nous avions livré les équipements à temps et les commissions se sont bien occupées de la vente. C’est dire que l’Etat n’a pas lésiné sur les moyens pour aider les paysans à avoir de bons rendements », fait remarquer Oumar Mbengue qui s’empresse d’ajouter : « seulement avec ce retard dans l’installation de l’hivernage, ces efforts risquent d’être vains à Louga et à Kébémer. Prions pour que les pluies reviennent rapidement et durablement ».

A. DIALLO

Les forages agricoles comme alternative
Vu la configuration climatique de la région de Louga, avec un hivernage qui devient de plus en plus difficile, un retard dans l’installation des pluies et un déficit pluviométrique,  le directeur régional du développement rural (Drdr) pense que l’heure est venue d’accélérer la mise en place des forages agricoles. « On n’a pas le choix. Il faut absolument mettre l’accent sur ces forages spécialement dédiés à l’agriculture si l’on veut assurer la sécurité alimentaire de cette région », laisse entendre Oumar Mbengue. Il propose aussi  l’introduction de nouvelles variétés à cycle court notamment pour remplacer l’arachide, l’irrigation avec la mise en place de périmètres spécifiquement destinés à l’agriculture. Il se félicite de l’aménagement dans la région de 8 périmètres réalisés dans le Programme d’appui à la sécurité alimentaire. « Nous devons non seulement accélérer la mise en place des forages agricoles mais aussi et surtout encourager les petits périmètres maraîchers principalement dans la zone des Niayes », précise le Drdr de Louga. Oumar Mbengue pense que c’est la seule alternative si le Sénégal veut avoir une agriculture performante (indépendante des aléas climatiques) et assurer sa sécurité alimentaire.

A. DIALLO

Le focus mis sur le niébé
Face au  retard des pluies et au déficit pluviométrique, la Direction régionale du développement rural (Drdr) de Louga mise désormais sur le niébé qui a un cycle court, de 50 à 60 jours. Une volonté facilitée par les récentes mesures prises par l’Etat qui vient de lancer un important Programme d’urgence niébé subventionné à 100 FCfa le kilogramme. Beaucoup de régions dont Louga bénéficient de ce programme. Le Drdr Oumar Mbengue informe que 303 des 407 tonnes de semences de niébé prévues pour la région ont été réceptionnées. Si l’on y ajoute les 870 tonnes qui représentent le quota habituellement mis à la disposition de la région, Louga se retrouve avec 1.200 tonnes de semences de niébé. Une première ! M. Mbengue parle même d’un record. « Ce qui veut dire que l’Etat a mis les bouchées doubles pour assister les paysans », se réjouit M. Mbengue. En réalité, ce Programme d’urgence arrive dans une région où le niébé s’adapte très bien. Louga est premier au Sénégal en superficies et en production de niébé. Près de 50 % de la production nationale viennent de la région. Un avantage comparatif que la Drdr compte exploiter. 

A. DIALLO

Un important programme de distribution de vivres en vue
Du riz, du mil, du niébé, des transferts d’argent et des bons d’achat alimentaires. Voilà ce que vont recevoir, très bientôt, les ménages  vulnérables de la région de Louga. Ce filet de sécurité entre dans le Programme d’appui en vivres concocté par l’Etat qui est appuyé par des partenaires comme le Programme alimentaire mondial (Pam) et l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao). Des agents du Conseil national de sécurité alimentaire sont déjà sur place à Louga. Dans chaque département, il y a 2 agents, le tout coordonné par un régional. « On a reçu 300 des 2.000 tonnes prévues pour la région de Louga », a souligné, samedi, Omar Mbengue, le Directeur régional du développement rural (Drdr). Le ciblage a été fait avec l’appui des autorités administratives. L’enquête de terrain est terminée. Communautés rurales, villages et ménages qui doivent bénéficier de cette aide sont connus. L’heure est actuellement aux mises en place avant la distribution. « L’Etat n’ayant pas les moyens d’aider tout le monde, on a ciblé, dans chaque département, les ménages les plus vulnérables », a précisé Omar Mbengue, rappelant que Louga et Kébémer seront avantagés par le programme car étant plus dans le besoin, comparés au département de Linguère. Le Drdr a toutefois souligné que l’aide de l’Etat ne suffira pas pour soutenir tous les ménages en difficulté. Ce serait intéressant, a-t-il dit, que les projets et les Ong puissent accompagner l’Etat dans ce programme. «En tout cas, leur aide sera la bienvenue », a confié le Drdr de Louga qui a aussi informé qu’une importante quantité de vivres a été réceptionnée et placée dans les magasins du Commissariat à la sécurité alimentaire.

A. DIALLO

Distribution d’aliments de bétail en cours
S’agissant du bétail, de fortes mesures sont prises par la tutelle. L’inspecteur régional de l’élevage, Dr Aly Bâ Sow descend régulièrement sur le terrain pour superviser la distribution d’aliments de bétail qui est en cours dans les 3 départements de Louga, kébémer et de Linguère. Il y a 4 jours, le ministre de l’Elevage et son collègue de l’Agriculture étaient dans la région pour constater de visu cette distribution. A cette occasion, ils avaient insisté sur la nécessité de miser sur les cultures fourragères. « Le programme est piloté pare le ministère de l’Elevage, mais nous allons aider dans la multiplication des semences », s’engage le Drdr. Il note, pour s’en réjouir, que l’opération sauvegarde du bétail menée par le ministère de l’Elevage et des productions animales a commencé à porter ses fruits dans la région. 

A. DIALLO

Mercredi 27 Août 2014




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