Reportage - Construction de l’Arène nationale à Pikine Nord : Des riverains approuvent, d’autres décident de déménager

Les habitants de Pikine Nord sont divisés sur la construction de l’Arène nationale dans leur localité. Si certains riverains approuvent, d’autres envisagent de déménager car redoutant l’insécurité.


Reportage - Construction de l’Arène nationale à Pikine Nord : Des riverains approuvent, d’autres décident de déménager
L’Arène nationale, qui va être construite au niveau de la banlieue plus précisément à Pikine Nord et dont le coût se chiffre à 32 milliards de francs Cfa pour 22 mille places, été magnifiée par bon nombre de personnes venues à la cérémonie de pose de la première pierre par le président de la République.  
Par contre d’autres riverains habitant aux abords de ce site n’ont pas du tout aimé la construction de ce joyau au niveau de cette commune. Ces derniers d’arguer une insécurité qui risque de perturber leur localité à jamais. 
A notre passage sur les lieux, ce vendredi 8 avril 2016, un vent glacial s’impose sur le site de 7 ha, occupé par les techniciens et les gros engins. Les travaux ont démarré et l’entrepreneur chinois n’a que 28 mois pour livrer l’infrastructure, ceinturée par des maisons vers l’extrême gauche.
Pour ces habitants logés à proximité, c’est l’inquiétude depuis l’annonce de cette Arène nationale. «Nous l’avons décriée et avions envisagé même de tenir des manifestations à travers une marche. Malheureusement on nous a refusé l’autorisation. Une Arène nationale construite juste devant chez toi. Est-ce qu’ils se rendent compte de l’insécurité qu’il y aura ici ? Tout le monde sait que la plupart de ces structures sportives constituent des lieux où nichent les bandits», soutient la dame Fatou­mata Guèye, une habitante des environs du site. 
Pourtant cette inquiétude que la dame dénonce a été soulevée par le maire, Amadou Diarra, lors de la cérémonie de pose de la première pierre. Ce dernier, après avoir magnifié la construction de cette Arène nationale, a demandé au chef de l’Etat la construction d’un Poste de police près de ce joyau pour assurer la sécurité des populations environnantes. Un tour dans le quartier, la plupart des personnes rencontrées posent en effet la question de l’insécurité. 

«Cette arène risque de perturber l’éducation de mes enfants, donc je suis obligé de quitter»

Certains même menacent de déménager vers d’autres localités. C’est l’avis de M. Niang debout au bout de la ruelle principale de son quartier portant sa petite fille sur ses bras. L’air pensif et contemplant le site, il donne son avis sur l’Arène nationale qui va être construite en plein dans son quartier : «Je ne pourrai pas vivre ici. J’en ai parlé avec ma femme. J’ai des enfants, si j’ai cherché à venir habiter ici, c’est parce que non seulement c’est calme, mais on peut éduquer ses enfants. Mais avec cette Arène nationale, cela risque de perturber  l’éducation de mes enfants, donc je suis obligé de quitter», peste-t-il. 
Et Pape Niang, père de famille de 5 enfants, de s’interroger. «D’ailleurs je ne comprends pas pourquoi cette arène n’a pas été délocalisée à Diamniadio.» Même sentiment pour le sieur Konaté qui est un voisin de Pape Niang. «Rien qu’avec les Navé­tanes, nous ne sommes pas en sécurité, à plus forte raison avec cette Arène nationale.»

Des activités commerciales intéressantes

Par contre d’autres habitants de cette localité ne partagent pas l’avis de M. Niang. Ils se réjouissent plutôt de la construction de cette Arène nationale. Nous sommes devant la villa de Mme Ndiaye. Une maison à la façade carrelée. Assise devant sa porte, elle observe la route principale du Technopole. Teint noir, mère de famille de plusieurs rejetons, elle pense qu’une fois cette Arène nationale construite, «cela va nous permettre de s’exercer dans le commerce. D’avoir de petits étals pour vendre beaucoup de choses».
Quid de la sécurité ? «Sur la question de la sécurité, je pense que pour une  infrastructure d’une si grande envergure qui risque de regrouper un monde fou, il faut des garanties sécuritaires pour les personnes et leurs biens. Parce que souvent c’est l’occasion pour les malfaiteurs de profiter des manifestations pour voler et agresser les honnêtes citoyens. Et je crois que les autorités vont prendre au sérieux la question de la sécurité. Sinon cette arène c’est quelque chose que je magnifie», soutient Mme Ndiaye.

Le Quotidien
Mercredi 13 Avril 2016
Dakaractu




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